Croissance : scénario pessimiste pour 2020

image defaut author user

Temps de lecture :

Lahlimi

A
A
A
A
A

Tout porte à croire que le Maroc assistera en 2020 à sa pire croissance économique de ces 20 dernières années. Le royaume vit une période de sécheresse hors du commun sans oublier l’impact économique conséquent dû au Coronavirus, notamment sur le tourisme. Ahmed Lahlimi, patron du Haut-Commissariat au plan, a indiqué cette semaine que le Maroc est plus proche d’un taux de croissance de 2% que des 3,5% annoncés en janvier.

Les nouvelles ne sont pas bonnes du côté du Haut-Commissariat au plan (HCP). Ahmed Lahlimi, patron de l’institution chargée de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc, prévoit un taux de croissance de 2% en 2020. Lors d’un entretien accordé à l’agence Bloomberg, Lahlimi estime que le Maroc se dirige vers «sa plus faible croissance réalisée durant ces deux dernières décennies».

Pourtant, il y a tout juste deux mois, le HCP avait prévu une croissance de 3,5% du produit intérieur brut (PIB) pour cette année 2020. Le Fonds monétaire international (FMI) l’avait fixé à 3,7 % et le centre marocain de conjoncture (CMC) à 4,5%. Les deux principales raisons de ce ralentissement sont la sécheresse et le Coronavirus. Le patron du HCP ne souhaite tout de même pas dramatiser la situation. Il estime que «la baisse des prix du pétrole et les mesures introduites pour encourager les petites entreprises aideront à atténuer certains des effets de la sécheresse et la baisse de la demande étrangère». À côté, un comité de veille économique a été mis en place pour amortir le choc et accompagner les secteurs impactés.

«Le Climat n’a pas été clément avec nous cette année»

C’est un fait. Il y a eu très peu de pluie durant ses deux dernières années au Maroc. Une donnée qui a naturellement réduit la production agricole du pays. Selon l’Économiste du 12 mars 2020, le royaume enregistre une nouvelle fois un déficit en pluviométrie. La production céréalière n’a pas dépassé les 52 millions de quintaux en 2019, ce qui représente une baisse de 50% par rapport à 2018 et de 34% par rapport à la moyenne réalisée entre 2008 et 2017.

De son côté, Challenge rapporte que le Maroc a basé son budget 2020 et ses prévisions de croissance initiale sur une campagne agricole moyenne de 7 millions de tonnes de céréales. Cependant, l’absence de pluie durant cette période printanière signifie que la production céréalière du pays chuterait à 3 ou 4 millions de tonnes et aura indirectement un impact sur la main d’œuvre. En 2019, le secteur agricole a perdu 85.000 emplois en raison de l’absence de pluviométrie durant cette période.

Le Coronavirus a plombé le tourisme

Autre raison de la baisse des prévisions du HCP, le Coronavirus et son impact sur le tourisme. Agadir, Marrakech et Tanger accusent le coup. Pour sa part, la Royale Air Maroc (RAM) a annoncé hier mercredi avoir cloué au sol 20 des 58 avions de sa flotte. Abdelhamid Addou, président directeur général de la RAM, a affirmé que sa compagnie enregistre une baisse de 30% de son trafic aériendurant la période entre le 1er mars et le 31 mai. La raison principale de cette baisse est l’annulation des voyages à destination de l’Italie et de l’Arabie Saoudite ainsi que la suspension de la ligne directe Casablanca-Pékin.

À côté du tourisme, le secteur industriel a également pris un sérieux coup. Partenaire économique majeur du Maroc, la Chine, qui accumule près de 3200 morts à ce jour liés au Coronavirus, a fermé une grande partie de ses usines. Cela impactera évidemment l’approvisionnement en matières premières des entreprises marocaines qui dépendent du fournisseur chinois. Pour le moment, les entreprises marocaines s’en sortent bien grâce à un stock de matières premières bien défini, mais le cauchemar d’une rupture de stock n’est jamais loin. Les firmes marocainesréussiront-elles à tenir longtemps à ce rythme?? Tout dépendra de la longévité de cette pandémie.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
OCP maintient sa rentabilité malgré le choc du soufre

OCP affiche 48,4 milliards de DH de chiffre d’affaires au premier semestre 2026 et maintient une marge EBITDA de 28% malgré le choc du soufre.

Ilyasse Rhamir - 29 septembre 2026
Ammoniac chinois : le Maroc devient le premier client mondial de Pékin

Le Maroc a importé 51.050 tonnes d’ammoniac chinois en mai 2026, devenant la première destination de ces exportations, dans un marché mondial des engrais sous tension.

El Mehdi El Azhary - 29 septembre 2026
Le Maroc, premier fournisseur de roche phosphatée de l’UE

Le Maroc fournit 27% de la roche phosphatée importée par l’UE, confirmant son poids stratégique dans l’approvisionnement européen en phosphore.

Ilyasse Rhamir - 29 septembre 2026
Grand Casablanca : les chantiers ferroviaires avancent un an après leur lancement

Un an après leur lancement, les principaux chantiers ferroviaires du Grand Casablanca avancent avec 20 milliards de dirhams d’investissement.

Ilyasse Rhamir - 28 septembre 2026
iCAUR prépare son arrivée au Maroc avec Auto Hall

iCAUR prépare son lancement au Maroc avec Auto Hall, en misant sur un design intemporel, des technologies intelligentes et une nouvelle approche de la mobilité premium.

Ilyasse Rhamir - 28 septembre 2026
Aéroports : 22,3 millions de passagers à fin juillet

Les aéroports marocains ont enregistré 22,3 millions de voyageurs à fin juillet 2026, tandis que le trafic portuaire a atteint 134,9 millions de tonnes.

Ilyasse Rhamir - 28 septembre 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire