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Coronavirus : les secteurs les plus impactés

Bien que l’impact de l’épidémie du coronavirus sur l’économie reste difficile à quantifier, ses premières conséquences commencent déjà à se faire sentir. Les secteurs du tourisme, des transports, de l’hôtellerie et des loisirs affichent déjà une importante perte due à l’annulation des réservations de vols, des événements, des manifestations et des rassemblements de masse dans le pays. Au-delà de ça, la suspension des échanges avec la Chine, troisième partenaire commercial étranger du Maroc, menace de saigner d’autres secteurs, notamment celui de l’industrie, de la santé et du commerce.

Par Nora Jaafar, Publié le 06/03/2020 à 12:57, mis à jour le 06/03/2020 à 16:36
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Coronavirus : les secteurs les plus impactés

Le coronavirus menace l’économie du Maroc. À ce jour, le royaume compte deux cas de contamination au virus chinois. Les deux porteurs du virus, un homme de 39 ans et une femme octogénaire, ont été infectés en Italie avant de rentrer dans le pays, précise le ministère de la Santé. Le ministre de tutelle, Khalid Aït Taleb, qui s’est adressé aux Marocains plusieurs fois cette semaine, a réitéré la nécessité de l’adoption de mesure de base d’hygiène afin d’éviter tout risque de propagation du COVID-19.

Toutefois, ces appels à la vigilance, qui ont également été lancés dans d’autres pays, n’empêchent pas l’expansion de la psychose générale. Cette panique se traduit notamment par l’annulation et le report de voyages, d’événemennts, de rassemblements... etc., conformément aux recommandations du gouvernement. Cette vague d’annulation s’ajoute à la suspension des échanges commerciaux avec la Chine, qui est le troisième partenaire commercial du Maroc, après la France et l’Espagne. Ces bouleversements majeurs risquent de coûter très cher à l’économie nationale. Quels sont donc les secteurs les plus touchés par cette épidémie meurtrière ? Et quelle est l’ampleur de leur perte ?

Tourisme, hôtellerie et transport souffrent

Le coronavirus a affecté en premier lieu les secteurs du tourisme, des transports, de l’hôtellerie et des loisirs. En effet, la propagation du COVID-19 a entrainé une panique générale aux niveaux national et international. En plus de l’annulation de manifestations et d’événement majeurs, les réservations d’hôtel et de voyages se font de plus en plus rares. Selon Médias24, la compagnie aérienne Royal Air Maroc annonce une perte de 100.000 arrivées au mois de mars, dont 10.000 annulations de réservations, à ce jour, pour Marrakech. Dans son édition du 6 mars, La Vie Éco déplore que ce mois-ci la ville ocre enregistre une moyenne de 2000 nuitées annulées par hôtel. Le directeur d’une chaine hôtelière, présente à Marrakech, Agadir et Tanger, a confié à l’hebdomadaire que ses établissements ont vu 6090 réservations annulées en mars et 1450 pour avril. D’après Telquel, cette crise est le résultat direct de la suspension des voyages en provenance et vers la Chine et l’Italie, mais aussi l’annulation des visites et de la Omra en Arabie Saoudite. Résultat de cette dernière restriction, plusieurs agences de voyages marocaines ont du rembourser «les frais de visa, de logement, de transport et des autres services dès la fin des procédures administratives aux Marocains ayant réservés leur Omra pour les prochains jours», explique la Fédération nationale des agences de voyages (FNAVM) à La Vie Éco.

L’industrie n’est pas en reste

Le blocage des échanges commerciaux avec la Chine, foyer de 20% de l’industrie mondiale, risque d’impacter l’approvisionnement des secteurs marocains du textile, des matières premières et des produits et pièces électriques. Interrogée par La Vie Éco, Fatima Zahra Alaoui, directrice générale de l’Association marocaine de l’industrie de textile et d’habillement (Amith), a précisé que : «les industriels craignent en effet une rupture d’approvisionnement en intrants : tissus et accessoires. Mais pour le moment, leurs stocks suffisent». Khalid Oustad, directeur général de Morrocan Textile, une agence de négoce, conseil et expertise, déplore quant à lui que les pénuries de matières premières peuvent survenir en mars/avril à cause de commandes en souffrance de janvier et février, et ce malgré la reprise graduelle entamée ce 2 mars de la production en Chine. Telquel explique que les exportateurs chinois sont confrontés à des problèmes logistiques, car au niveau du fret et du transport aérien et maritime tout est bloqué.

Légère baisse de l’activité commerciale

L’impact de l’épidémie du coronavirus sur le commerce émane, selon La Vie Éco, des fournisseurs chinois qui ne livrent plus, ou d’importations qui attendent au niveau des points portuaires pour s’acheminer vers les distributeurs. Bien que les chiffres exacts relatifs à l’effet du COVID-19 ne soient pas disponibles, Bouchra Outaghani, présidente de la Fédération du commerce et des services (FCS) de la Confédération générale des entreprises marocaines (CGEM), précise que la perturbation de l’activité est bien là. Outaghani indique qu’une baisse d’activité a été rapportée par certains opérateurs de son instance, dont la majorité importe des pays touchés pas le coronavirus. Selon, la présidente du FCS d’autres négociants ont également signalé des retards sur le traitement portuaire des importations en provenance de Chine, chose qui affecte grandement leur business. «Les commerçants qui importent de Chine ont dû s’adresser à d’autres fournisseurs pour continuer leur activité de négoce sans trop être pénalisés par la perturbation», confie-t-elle à l’hebdomadaire.

Les professionnels de la Santé dénoncent une pénurie

La crise du coronavirus a mis en lumière les limites de la mondialisation et la dépendance de certains produits pourtant parfois primordiaux comme les médicaments dont les composants sont en grande partie fabriqués par la Chine et l'Inde.

Le ministre de la Santé a reçu cette semaine une lettre de la part des professionnels de son département qui dénoncent une grave pénurie des masques médicaux. Ces derniers, dont seulement 20% du marché est produit au Maroc, sont en rupture de stock. Pour cause, la Chine, épicentre du COVID-19, a raflé la production mondiale de ces masques, dont celle du royaume. En réponse à cette situation, le ministère de tutelle a démenti cette pénurie. Le conseiller auprès du département de Aït Taleb, Hafid Ezzahri, précise : «Aucune raison de s’affoler. Concernant les masques médicaux précisément, nous n’aurons jamais une pénurie». Et d’ajouter : «Cela est simple, nous ne sommes pas arrivés au stade où l’utilisation des masques est nécessaire. Seuls les cas soupçonnés d’être infectés doivent porter un masque, sans compter les médecins».  

Bien que l’efficacité des masques médicaux contre le virus soit largement contestée, les Marocains en détresse désirent tout de même les acheter par mesure de prévention. Et même si le ministère de la Santé affirme qu’il dispose d’une quantité suffisante pour alimenter les hôpitaux du pays, qu’en est-il alors des citoyens paniqués ? Une chose est sûre, avec la suspension des échanges et des transactions avec la Chine, il est fort probable que les masques ne soient plus les seuls produits médicaux en rupture de stock dans le pays... 

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