Communication et politique, un duo gagnant

Nous assistons depuis des années à la saga des élections européennes, un spectacle pas dénué de passion et de rebondissements. Pendant que certains s’efforcent de rester impassibles devant l’échiquier géopolitique, d’autres y assistent avec effroi, soulevant des questions capitales sur l’immigration, les relations internationales et les échanges commerciaux nord-sud.

Dans ce contexte très médiatisé, les médias jouent justement un rôle déterminant pour influencer l’opinion publique. Quelles best practices pouvons-nous en tirer ?

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Tribune

Mohamed Adnane Abdelghani

Consultant en communication et Relations Publiques

Temps de lecture : Publié le 05/09/2024 à 10:35
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L’importance du coup de jeune :

Au-delà d’une image dynamique et moderne, cette initiative a permis également d’engager une population jeune, qui souhaite avoir des représentants à son image, qui parlent le même langage.

Nous l’avons observé en France par exemple avec un parti de droite qui a raflé plus de 30 % des voix, un résultat qui prend plus d’ampleur une fois ramené aux choix des 18-34 ans chez lesquels le candidat du parti est arrivé également en tête.

Cette progression montre que le messager est aussi important que le message.

Un discours patriote déterminant :

De l’autre côté de la Méditerranée, en 2019 le parti VOX est passé de 0 à 24 sièges grâce à un discours nationaliste. Même si malheureusement la rhétorique de la tenue vire souvent vers la xénophobie, le parti a néanmoins réussi à embarquer les jeunes électeurs. Nous en concluons qu’un positionnement « Patrie d’abord » finit toujours par payer.

Un usage intelligent des réseaux sociaux :

Le parti controversé Afd utilise avec habileté ce levier média qui lui permet à la fois d’élargir sa portée et d’interagir au passage avec une cible de plus en plus jeune, avec un contenu vidéo qui devient souvent viral.

Sans tomber dans les clichés de l’extrême droite, quelles leçons peuvent tirer nos partis politiques de ces succès qui divisent ?

Une démarche progressive :

Dans le contexte local, il faut surtout y aller de manière graduelle : la plupart des partis ne communiquent pas ou alors très peu.

La population jeune ignore l’héritage historique de ces institutions, et dans le flou, il est difficile, voire impossible d’établir un lien idéologique. Il est judicieux donc, dans un premier temps, de dresser les bases de la communication, en mettant en avant leurs histoires respectives, leurs croyances et leurs lignes directives.

Une communication « simple » ne peut que démystifier le sujet et favoriser l’adhésion.

Une relation humaine :

Ce n’est pas un luxe non plus d’humaniser davantage cette relation avec les électeurs potentiels en communiquant sur les adhérents au-delà des têtes de listes pour créer un effet de similarités et une notion de communauté.

Outre leur appartenance politique, la cause européenne nous montre surtout que l’humain était déterminant dans la perception que les électeurs se font d’un parti politique.

Le pouvoir des médias :

Explorer le terrain du social listening, car si les réseaux sociaux offrent la possibilité de diffuser un message à large échelle, ils donnent également l’opportunité de récolter des feedbacks objectifs en mesure de faciliter la prise de décision pour les partis.

Ce canal peut jouer le rôle de facilitateur pour détecter les sujets prioritaires pour les électeurs potentiels avant de diffuser un message impactant.

Une relation sur la durée :

En politique comme en communication classique, il ne faut surtout pas disparaître des radars. Un message cohérent et en fil rouge est garant d’impact.

Comme dans tout processus de conduite de changement ou de persuasion, il est également important de reprendre les principes marketing de retargeting en adaptant le message au degré d’engagement et de peaufiner un tunnel de lead nurturing.

Nous identifions les personas suivantes :

  1. Les neutres avec un intérêt politique ne sont affiliés à aucun parti, mais auraient souhaité participer plus activement, ils ne font pas le pas par manque d’informations sur le parti ou sur la démarche à suivre.
  2. Les neutres, sans intérêt particulier pour le vote.
  3. Les partisans actifs ont une appartenance politique claire et assumée et participent vivement aux élections.
  4. Les partisans passifs ont une appartenance politique, souvent héritée de génération en génération, mais participent rarement aux urnes.

Une bonne communication politique devrait convertir les premiers, initier un contact avec les seconds, le développement d’une « advocacy » chez les troisièmes et engager davantage les derniers.

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