Aïd Al-Adha : histoire et tradition marocaine

Mbaye Gueye

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Reconstitution du cheptel : 12,8 MMDH pour soutenir les éleveursDes moutons © DR

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L’Aïd Al Adha est une fête religieuse célébrée par tous les musulmans du monde. Elle symbolise un acte de foi et de dévotion envers Dieu. C’est aussi un moment de partage et de convivialité qui permet de raffermir les liens entre les membres de la communauté. Cependant, chaque pays a sa manière de fêter cette journée. Celle du Maroc rime une tradition ancestrale qui est respectée par tous.

L’Aïd Al Adha ou L’Aïd el-Kébir plus connu sous le nom de la fête du sacrifice ou la fête du mouton, est une fête célébrée par tous les musulmans du monde entier et le Maroc n’est pas en reste. Cette fête commémore la soumission légendaire du prophète Ibrahim à Allah. L’Aïd el-Kébir trouve son origine dans un épisode célèbre du Coran.

Selon le texte sacré, Allah apparut en songe au prophète Ibrahim et lui ordonna de sacrifier son fils bien-aimé Ismaël. Malgré la douleur, Ibrahim résolut d’obéir à son Dieu, plaçant sa foi au-dessus de son amour paternel. Alors qu’il s’apprêtait à immoler Ismaël, Allah, satisfait de sa soumission totale, envoya l’ange Jibril (Gabriel) arrêter son geste. Un mouton fut sacrifié à la place du jeune homme.

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Cet acte de dévotion ultime est vu comme la preuve suprême de la foi d’Ibrahim. En récompense de son obéissance aveugle, Allah épargna son fils. L’Aïd el-Kébir commémore ainsi chaque année la grandeur du sacrifice consenti par le prophète et la miséricorde infinie de Dieu envers les croyants.

Au-delà de cet acte de soumission total du prophète Ibrahim, c’est aussi un moment important de partage et de convivialité. Au Maroc, de nombreuses traditions accompagnent cette fête religieuse. Pour accomplir ce rituel du sacrifice du mouton, des millions marocains se rendent au marché de bétail pour se procurer un bélier. Jeunes, vieux, hommes et femmes tous les âges y sont représentés.

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La chose la plus importante étant le sacrifice d’un mouton, âgé d’au moins un an. L’animal doit réunir certains critères, notamment être sain et non malade. Il devrait être exempt de défaut au point qu’on le caractérise par ce défaut comme une patte cassée, une corne cassée ou une oreille coupée au-delà du tiers. Une fois ces cases cochées, la tradition prophétique recommande au chef de famille d’égorger le bélier en utilisant un couteau bien aiguisé afin d’alléger ses souffrances suivant les rites religieux, après la prière de l’Aïd qui rassemble les fidèles.

Un moment de partage et de convivialité

L’acte occupe une place centrale dans les us et traditions marocaines, cette célébration revêt non seulement une profonde signification religieuse, mais reflète également un riche héritage de coutumes et de valeurs authentiques. Une fois le sacrifice achevé, le chef de famille procède à la répartition des tâches qui en découlent et les festivités qui y sont associées.

La fête est une opportunité pour raffermir les liens familiaux au Maroc, en rendant visites et en se rassemblant autour de la même table pour partager des plats et mets traditionnels délicieux. À cette occasion, les Marocains s’assurent que personne ne soit laissé pour compte. Après le sacrifice, la viande est partagée avec la famille, les voisins et les amis, et une partie est donnée aux plus démunis. Ce geste de partage et de solidarité est au cœur de l’Aïd, symbolisant ainsi l’entraide et la générosité qui sont des valeurs essentielles de l’islam et de la société marocaine.

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Sur le plan culinaire, les ménages marocains préparent divers plats traditionnels à base de viande de mouton, notamment le « méchoui », les brochettes, « mrouzia ». La particularité de ces repas est qu’ils sont souvent servis à l’occasion de grandes réunions familiales, où les générations se retrouvent pour célébrer ensemble cette grande fête.

Mais l’Aïd Al Adha est également une occasion pour les marocains et les marocaines de mettre leurs beaux habits traditionnels. Et cela explique la ruée vers les marchés comme à Derb Sultan à Casablanca, où une foule a envahi les trottoirs et les magasins à la quête de leur joyau pour cet événement.

Malgré la joie et l’allégresse que procure la fête du sacrifice chez les musulmans du monde entier, il existe encore des ménages qui n’accompliront le rituel du sacrifice. Au Maroc, Ils sont à peu près 13% selon les données fournies par le Haut-commissariat du plan (HCP) et leurs motivations sont diverses.

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