Eau, infrastructures, emploi : le PLF 2027 répond-il aux défis des régions ?
Image d’illustration PLF 2027 © DR
A
A
A
A
L’investissement public poursuit sa progression dans les orientations budgétaires du Maroc. Selon la note accompagnant le PLF 2027, son volume est passé de 230 MMDH en 2021 à 380 MMDH en 2026, soit une augmentation de 65,2% sur la période. Pour 2027, le montant prévisionnel atteint 400 MMDH.
Cette programmation intervient dans un contexte particulier, marqué par le lancement d’un nouveau cycle législatif. Le gouvernement entend préserver les acquis des dernières années tout en poursuivant les projets structurants engagés dans différents secteurs de l’économie nationale.
La stratégie repose également sur un équilibre entre la mobilisation des investissements et la préservation des finances publiques. Le scénario retenu par le PLF 2027 table sur une croissance économique de 3,7% et un déficit budgétaire maintenu à 3% du produit intérieur brut (PIB).
Lire aussi : PLF 2027 : l’impact des priorités sociales estimé à 62 MMDH
Ces objectifs doivent être atteints dans un environnement international marqué par des tensions géopolitiques et commerciales, ainsi que par des risques climatiques susceptibles de peser sur l’activité économique. La programmation budgétaire se veut donc prudente, tout en maintenant un niveau élevé de dépenses d’investissement.
Au-delà des montants annoncés, la note met l’accent sur la répartition territoriale des projets. L’enjeu est de faire de l’investissement public un levier de développement économique et social dans les douze régions du Royaume, en tenant compte de leurs caractéristiques et de leurs besoins spécifiques.
Les infrastructures au cœur des priorités du PLF 2027
Les grands projets d’infrastructure occupent une place centrale dans la programmation des investissements. Plusieurs chantiers doivent contribuer à améliorer la connectivité du territoire, à soutenir les échanges commerciaux et à renforcer l’attractivité économique du Maroc.
Parmi les projets mis en avant figurent le port Nador West Med, la poursuite de la ligne à grande vitesse (LGV) entre Kénitra et Marrakech, le développement des réseaux express régionaux et la réalisation du nouveau port de Dakhla Atlantique. La stratégie « Aéroports 2030 » figure également parmi les chantiers appelés à accompagner cette dynamique.
Ces investissements s’inscrivent dans la préparation des grandes échéances internationales prévues à l’horizon 2030. Ils doivent aussi soutenir la compétitivité des entreprises et faciliter les déplacements des personnes et des marchandises.
La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima illustre cette orientation. La note prévoit notamment la poursuite du développement du complexe portuaire Tanger Med et de ses plateformes industrielles. Le coût du complexe portuaire est évalué à 42,225 MMDH, tandis que celui des plateformes industrielles atteint 12,686 MMDH. Pour 2027, les crédits de paiement prévus s’élèvent respectivement à 1,253 MMDH et 823 millions de dirhams.
Le développement aéroportuaire constitue un autre volet de cette programmation. La construction d’un nouveau terminal à l’aéroport Tanger Ibn Battouta, dont le coût est estimé à 3 MMDH, doit permettre de porter sa capacité d’accueil de 2 à 7 millions de passagers. Le document associe ce projet à la création potentielle de 4.000 emplois.
Sécurité hydrique et souveraineté énergétique
Face aux contraintes climatiques, la sécurisation de l’approvisionnement en eau constitue une autre priorité de l’investissement public. La programmation comprend notamment des barrages, des projets d’aménagement hydro-agricole et des infrastructures destinées à renforcer l’alimentation en eau potable.
Dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, les travaux du barrage Bou Ahmed, dont le coût est estimé à 2,429 MMDH hors frais d’expropriation, doivent se poursuivre. Le barrage Tfer, évalué à 1,307 MMDH, figure également parmi les projets en cours.
Dans l’Oriental, les investissements concernent notamment le barrage Targa Oumadi, dont le coût atteint 1,506 MMDH, ainsi que le rehaussement du barrage Mohammed V, estimé à 1,25 MMDH. La note prévoit aussi des financements pour l’alimentation en eau potable de cette région grâce au dessalement de l’eau de mer.
L’énergie figure également parmi les secteurs stratégiques. La programmation prévoit des projets de production électrique et de développement des infrastructures associées, ainsi que des investissements destinés à accroître la contribution des énergies renouvelables au mix électrique national.
Ces chantiers répondent à un double objectif : renforcer la sécurité des approvisionnements et accompagner les besoins croissants des ménages et des activités économiques.
Les régions au centre de la stratégie de développement
La répartition territoriale des investissements s’appuie sur des situations économiques et sociales contrastées. Selon le recensement de 2024, le Maroc compte 36,8 millions d’habitants, soit près de 3 millions de plus qu’en 2014. Le taux d’urbanisation atteint 62,8%, tandis que le PIB par habitant est passé de 40.669 dirhams en 2023 à 43.891 dirhams en 2024.
Les écarts entre les territoires demeurent néanmoins importants. Entre 2014 et 2024, Tanger-Tétouan-Al Hoceima a contribué en moyenne à hauteur de 10,4% au PIB national. La région dispose d’un tissu industriel et de services important, soutenu par sa position géographique et ses infrastructures portuaires.
À l’inverse, l’Oriental a représenté 5,2% du PIB national en moyenne sur la même période. Son PIB par habitant s’établissait à 35.975 dirhams en 2024. La région reste également confrontée à des difficultés sur le marché du travail, avec un taux de chômage strict de 12,7% au deuxième trimestre 2026, supérieur à la moyenne nationale de 9,5%.
Ces différences soulignent l’importance d’adapter les investissements aux besoins locaux. Dans l’Oriental, les projets liés au port Nador West Med, aux infrastructures routières et ferroviaires ainsi qu’à l’enseignement supérieur doivent accompagner le développement économique régional.
La programmation comprend notamment l’autoroute Guercif-Nador, longue de 104 kilomètres et évaluée à 7,9 MMDH. Des travaux sont également prévus pour améliorer la connexion ferroviaire entre Selouane et le nouveau port.
PLF 2027 : les baisses d’impôts suffiront-elles à soutenir la consommation ?
L’emploi et les services sociaux comme priorités
L’investissement public ne se limite pas aux grands équipements. Le document met également en avant les secteurs de la santé, de l’éducation, de la formation et de l’habitat, considérés comme essentiels à l’amélioration des conditions de vie.
La note indique que la couverture médicale a atteint près de 89% de la population grâce à la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire, contre 42% avant le lancement de ce chantier. Le taux de scolarisation atteint, pour sa part, 82,3% dans le préscolaire et 100% dans le primaire.
La lutte contre la pauvreté multidimensionnelle enregistre également une évolution favorable. Son taux est passé de 11,9% en 2014 à 6,8% en 2024. La baisse a été particulièrement marquée dans plusieurs régions, notamment Marrakech-Safi, Béni Mellal-Khénifra, Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Drâa-Tafilalet.
La programmation territoriale prévoit de poursuivre ces efforts. Dans l’Oriental, plusieurs projets portent sur la reconstruction d’établissements hospitaliers à Oujda, Berkane, Taourirt, Guercif et Nador. Dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, des investissements sont prévus pour les établissements scolaires, les infrastructures de santé et l’aménagement urbain.
Le gouvernement entend par ailleurs renforcer les programmes de développement territorial intégré autour de quatre axes : la création d’emplois, l’amélioration des services sociaux essentiels, la gestion durable des ressources hydriques et la mise à niveau des infrastructures de proximité.
Une enveloppe prévisionnelle d’environ 210 MMDH sur huit ans doit soutenir cette nouvelle génération de programmes. Les transferts financiers de l’État au profit des régions devraient également atteindre au moins 12 MMDH par an à compter de 2027.
Un défi : transformer les crédits en résultats concrets
L’augmentation des investissements publics constitue un levier important pour soutenir la croissance et réduire les disparités territoriales. Toutefois, l’impact de cette stratégie dépendra de la réalisation effective des projets, de leur calendrier d’exécution et de leur capacité à répondre aux besoins des populations.
La note du ministère détaille ainsi les projets achevés en 2025, ceux qui sont en cours et les nouvelles opérations programmées pour 2027-2029. Cette présentation permet de suivre les crédits prévus, les coûts des projets et, pour plusieurs chantiers, leur niveau d’avancement financier et physique.
Le défi consiste désormais à assurer une exécution efficace des programmes, tout en renforçant leur contribution à l’emploi, à la compétitivité économique et à l’amélioration des services publics.
Avec 400 MMDH d’investissement public prévus en 2027, le PLF fixe une ambition élevée. Sa portée dépendra toutefois de la capacité à convertir cette enveloppe budgétaire en infrastructures opérationnelles, en opportunités économiques et en progrès sociaux tangibles dans l’ensemble des régions du Royaume.
La Cour des comptes rappelle aux mandataires des listes candidates aux législatives de 2026 l’obligation de déclarer leurs financements et dépenses électorales sous 90 jours.
Ilyasse Rhamir - 26 octobre 2026Les importations marocaines sous régime préférentiel ont atteint 241,3 milliards de dirhams en 2025. L’UE en concentre 68%, devant les États-Unis et la Turquie.
El Mehdi El Azhary - 26 octobre 2026Royal Air Maroc renouvelle son partenariat avec Touba, centre spirituel des Mourides au Sénégal, pour faciliter les déplacements des fidèles.
Aya Ait Chaib - 24 octobre 2026Al Omrane fait étape à Montréal du 23 au 25 octobre pour informer les Marocains du Canada sur l’aide au logement, le financement et les possibilités d’acquisition au Maroc.
Aya Ait Chaib - 24 octobre 2026Le PLF 2027 propose plusieurs exonérations de plusieurs impôts et taxes pour la FIFA, les joueurs non-résidents et les entités liées à l’organisation du Mondial 2030 au Maroc.
Aya Ait Chaib - 24 octobre 2026PLF 2027 : Fouzi Lekjaa détaille les mesures sociales prévues pour la protection sociale, la santé, l’éducation, le logement et l’emploi des jeunes.
Aya Ait Chaib - 23 octobre 2026Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.
Sabrina El Faiz - 14 mars 2026Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !
Sabrina El Faiz - 7 mars 2026Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.
Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025Économie - Cette augmentation devrait impacter le budget des usagers, notamment les automobilistes et les professionnels du transport.
El Mehdi El Azhary - 28 mars 2026Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.
Rédaction LeBrief - 13 mars 2026Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.
Sabrina El Faiz - 21 février 2026