L’économie mondiale face à l’inconnu, le FMI présente un guide

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L’économie mondiale face à l'inconnu, le FMI présente un guidePhoto illustration © DR

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L’économie mondiale fait preuve d’une résilience supérieure aux anticipations face à la succession des chocs géopolitiques, énergétiques et économiques. Cette résistance demeure toutefois fragile et masque des disparités importantes entre les pays.

Dans son plan d’action mondial présenté à l’occasion des Assemblées annuelles de 2026, le Fonds monétaire international (FMI) appelle les gouvernements à renforcer leurs politiques économiques, à préserver la stabilité macroéconomique et financière et à accélérer les réformes structurelles pour mieux faire face aux incertitudes.

Intitulé Évoluer dans un monde incertain, ce document souligne que les conflits, les tensions commerciales, les risques climatiques et les transformations technologiques redessinent les perspectives de croissance. Dans ce contexte, le FMI insiste sur la nécessité de politiques crédibles, d’un secteur privé dynamique et d’une coopération internationale renforcée.

Une croissance mondiale résiliente, mais inégalement répartie

Malgré les perturbations récentes, l’économie mondiale a évité un ralentissement plus prononcé que prévu. Selon le FMI, cette résistance s’explique notamment par une incidence moins importante qu’anticipé des chocs sur l’offre énergétique, la mobilisation des stocks, l’ajustement de la demande et les mesures de soutien budgétaire destinées aux ménages et aux entreprises.

Les investissements dans les technologies, particulièrement l’intelligence artificielle (IA), ainsi que la vigueur des marchés boursiers ont également contribué à soutenir l’activité mondiale. Toutefois, cette relative stabilité ne doit pas masquer la persistance des tensions inflationnistes et le caractère modéré et déséquilibré de la croissance.

Les économies ne disposent pas toutes des mêmes capacités pour absorber les chocs. Les pays exportateurs d’énergie non directement touchés par les conflits, les économies bien intégrées aux chaînes de valeur technologiques et celles disposant de réserves stratégiques bénéficient de conditions plus favorables.

À l’inverse, les pays importateurs d’énergie, les économies directement exposées aux conflits et les États disposant de marges budgétaires limitées subissent davantage les conséquences des perturbations. Le FMI met particulièrement en garde contre le risque d’un creusement des écarts de croissance et de revenus, notamment pour les pays à faible revenu et les États fragiles.

Lire aussi : Croissance marocaine : le FMI anticipe 4,5% en 2026 puis 4,2% en 2027

La dette publique réduit les marges de manœuvre

L’une des principales préoccupations du FMI concerne la détérioration des finances publiques. La dette publique mondiale poursuit sa progression et se rapproche de 100% du produit intérieur brut (PIB) mondial, sous l’effet notamment de l’accumulation des coûts liés aux crises successives et des mesures de soutien adoptées par les gouvernements.

La hausse des rendements obligataires dans les économies avancées accentue également les contraintes de financement des pays émergents et en développement. L’augmentation du coût de l’emprunt et du service de la dette limite leur capacité à financer les investissements nécessaires au développement et à répondre aux futurs chocs économiques.

Pour le FMI, le rétablissement de marges budgétaires suffisantes constitue une priorité. Il recommande des cadres budgétaires crédibles à moyen terme, reposant sur une meilleure efficacité des dépenses publiques et une administration fiscale plus performante.

Les dispositifs de soutien destinés à atténuer les conséquences des crises doivent, selon l’institution, rester temporaires et ciblés sur les populations les plus vulnérables. Cette approche permettrait de protéger les ménages sans compromettre davantage les finances publiques ni perturber les mécanismes de formation des prix.

La stabilité des prix demeure une priorité

Sur le plan monétaire, le FMI appelle les banques centrales à maintenir une vigilance particulière face aux risques inflationnistes. Le renchérissement des produits énergétiques et alimentaires pourrait ralentir le processus de désinflation et compliquer les arbitrages entre soutien à l’activité économique et stabilité des prix.

L’institution estime que les décisions monétaires doivent tenir compte de la situation propre à chaque économie, notamment de son exposition aux chocs énergétiques et de l’évolution de l’inflation.

L’indépendance des banques centrales et la transparence de leur communication demeurent également essentielles pour préserver la crédibilité des politiques économiques et éviter un désancrage des anticipations inflationnistes.

Parallèlement, le FMI souligne la nécessité de renforcer la surveillance des risques financiers. Les valorisations liées à l’essor de l’intelligence artificielle, les vulnérabilités des marchés obligataires, l’endettement et les cybermenaces figurent parmi les facteurs susceptibles de fragiliser la stabilité financière mondiale.

Lire aussi : Dette : le FMI et la Banque mondiale réforment leur cadre d’évaluation des pays à faible revenu

L’intelligence artificielle, une opportunité sous conditions

Les transformations technologiques occupent une place importante dans les perspectives économiques du FMI. L’intelligence artificielle et la numérisation peuvent stimuler la productivité, favoriser l’investissement et soutenir la croissance. Elles comportent néanmoins des risques liés à l’emploi, aux inégalités, à la stabilité financière et à la cybersécurité.

Selon les analyses citées dans le document, une adoption de l’IA reposant sur des bases appropriées pourrait accroître cumulativement le PIB de l’Afrique subsaharienne jusqu’à 4% au cours de la prochaine décennie.

Pour concrétiser ce potentiel, les pays devront investir dans les infrastructures numériques, l’énergie durable et les compétences nécessaires à l’utilisation de ces technologies. Le FMI insiste également sur l’importance de mettre en place des mécanismes de protection adaptés afin que les gains de productivité profitent à une part plus large de la population.

L’institution souligne que les économies émergentes et en développement risquent de prendre du retard si elles ne disposent pas des financements, des infrastructures et des outils nécessaires. La coopération internationale apparaît ainsi indispensable pour limiter les risques transfrontaliers liés à l’intelligence artificielle et à la finance numérique.

Relancer le secteur privé et renforcer la coopération

Au-delà des politiques budgétaires et monétaires, le FMI considère le développement du secteur privé comme un levier essentiel de croissance et de création d’emplois. Les gouvernements sont invités à améliorer le climat des affaires, à simplifier les réglementations, à renforcer la concurrence et à faciliter l’accès au financement.

La modernisation des marchés du travail constitue également un enjeu majeur. Face aux transformations démographiques et technologiques, les politiques publiques doivent favoriser la formation continue, la reconversion professionnelle et l’acquisition de nouvelles compétences.

Enfin, le FMI appelle à préserver un système commercial ouvert et prévisible, alors que les tensions commerciales et la fragmentation géoéconomique menacent les chaînes d’approvisionnement et les échanges internationaux. La réduction des déséquilibres mondiaux, la gestion des vulnérabilités liées à la dette et le renforcement de la coopération économique figurent parmi les priorités de son programme d’action.

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