Expulsés de 1975 : les Marocains saisissent la justice internationale
Familles marocaines dans des camps d’accueil après leur expulsion d’Algérie en 1975 © Archives
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Mohamed Cherfaoui a expliqué, dans une déclaration à LeBrief, que le collectif réclame également la restitution de l’ensemble des biens saisis illégalement par les autorités algériennes aux victimes, ainsi que l’octroi de réparations matérielles et morales pour les préjudices subis par les familles marocaines expulsées. Il a affirmé que ces revendications constituent un volet essentiel de la démarche menée par le collectif pour rendre justice aux victimes.
Dans le même contexte, l’intervenant a tenu l’Algérie et son régime de l’époque pour responsables de l’expulsion de dizaines de milliers de Marocains en 1975. « Le défunt président algérien Houari Boumédiène, qui dirigeait alors le gouvernement algérien, est celui qui a pris la décision d’expulser quelque 45.000 Marocains et Marocaines », a-t-il déclaré, estimant que « le gouvernement algérien porte la responsabilité de cette opération ».
Il a précisé que l’expulsion avait touché des Marocains résidant en Algérie et détenteurs de la nationalité marocaine, malgré leur contribution, selon lui, à l’indépendance de l’Algérie en 1962, au prix de leurs vies, de leurs ressources et de leurs moyens. À ses yeux, ces faits constituent « un crime contre les droits humains » qui impose de préserver la mémoire et de ne pas clore ce dossier.
Le président du collectif a alerté sur le fait que l’oubli de ces événements représenterait, selon ses termes, « un second crime ». Il a accusé les autorités algériennes de chercher à effacer la mémoire de l’expulsion collective ayant frappé les familles marocaines en décembre 1975, soulignant que le collectif poursuivra ses démarches afin d’établir la responsabilité de l’État algérien dans ces événements et d’obtenir justice pour les victimes et leurs proches.
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Le collectif international saisit la justice internationale contre des responsables algériens
Le Collectif international de soutien aux familles d’origine marocaine expulsées d’Algérie en 1975 a décidé de saisir la justice internationale dans le cadre de ce qu’il appelle le « contentieux stratégique ». L’objectif est d’engager des poursuites contre des responsables algériens au sujet des violations subies par les Marocains expulsés. Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion du bureau exécutif du collectif, lundi, consacrée à l’examen des derniers développements du dossier et des moyens de renforcer l’action juridique et militante aux niveaux national et international.
Dans un communiqué dont LeBrief a reçu copie, le collectif a indiqué que cette démarche s’appuie sur les compétences de certaines juridictions internationales, qui permettent d’engager des poursuites contre des responsables de l’État algérien. Il les tient pour responsables des graves violations commises à l’encontre des Marocains expulsés arbitrairement d’Algérie.
Il a ajouté que cette initiative s’inscrit dans une stratégie de plaidoyer visant à défendre les droits des victimes et à maintenir le dossier devant les instances internationales des droits humains et judiciaires. Le collectif a rappelé qu’il avait déjà, en coordination avec l’Association marocaine des droits humains, déposé une plainte auprès du rapporteur spécial sur les droits humains des migrants.
L’affaire remonte à décembre 1975, lorsque les autorités algériennes, sous la présidence de Houari Boumédiène, ont expulsé des milliers de Marocains résidant en Algérie, dans un contexte de tensions entre les deux pays après l’organisation par le Maroc de la Marche verte en novembre de la même année. Ces expulsions ont touché des hommes, des femmes et des enfants, contraignant plusieurs Marocains à quitter précipitamment l’Algérie, malgré des années de résidence dans le pays.
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