Ryad Mezzour : l’Istiqlal veut une économie au service du citoyen
Ryad Mezzour, membre du Bureau exécutif du Parti de l’Istiqlal lors du débat « Les enjeux économiques des élections 2026 », organisé par le site Iqtissadicom © LeBrief
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À l’approche des élections de 2026, l’économie s’impose comme l’un des principaux sujets du débat politique. Lors de cette rencontre organisée par Iktissadkom, Ryad Mezzour a défendu une approche selon laquelle la performance économique ne peut être dissociée de la confiance des citoyens et de leur capacité à bénéficier directement des progrès réalisés par le Royaume.
Pour le membre du bureau exécutif du Parti de l’Istiqlal, certains phénomènes du quotidien contribuent aujourd’hui à fragiliser cette confiance. « Il y a des choses dans notre nation qui se passent tous les jours qui touchent la confiance du citoyen dans l’État », estime-t-il.
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L’Istiqlal veut renforcer la « citoyenneté économique »
Pour Ryad Mezzour, la responsabilité du développement économique ne repose pas uniquement sur le gouvernement. Le citoyen doit également prendre part à cette dynamique, notamment à travers ses choix de consommation.
Le responsable istiqlalien appelle ainsi les Marocains à privilégier davantage les produits et services nationaux. Il estime que, dans plusieurs pays, les consommateurs manifestent naturellement une préférence pour leur production locale, alors qu’au Maroc, une partie des citoyens aurait encore tendance à accorder davantage de crédit aux produits étrangers. « La citoyenneté économique, c’est de notre ressort à tous », affirme-t-il.
Pour lui, cette évolution des comportements passe nécessairement par un renforcement de la confiance dans les capacités de l’économie nationale. L’objectif est de faire émerger une relation plus solide entre le citoyen, l’entreprise marocaine et l’État.
Emploi : rapprocher les opportunités des compétences
Le deuxième enjeu mis en avant par Ryad Mezzour concerne l’emploi, notamment celui des jeunes. Selon lui, le Maroc crée aujourd’hui des opportunités professionnelles, mais celles-ci ne correspondent pas toujours aux compétences disponibles sur le marché.
« Aujourd’hui, l’économie offre des opportunités de travail, mais pas des opportunités de travail en accord avec les compétences de nos jeunes », souligne-t-il.
Le membre du bureau exécutif de l’Istiqlal estime donc nécessaire de construire une économie davantage tournée vers les besoins de la société marocaine. L’investissement étranger peut, dans cette perspective, jouer un rôle important, non seulement en matière de création d’emplois, mais aussi de transfert de compétences.
L’arrivée d’investisseurs internationaux doit ainsi permettre aux jeunes Marocains de mettre leurs compétences au service de l’économie nationale tout en bénéficiant du savoir-faire de ces entreprises.
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Tanger Med, illustration du retour sur investissement
Pour défendre l’importance des grands investissements, Ryad Mezzour cite notamment le port Tanger Med. Il estime que le développement de l’industrie automobile marocaine aurait été beaucoup plus compliqué sans cette infrastructure.
Selon lui, lorsque le Maroc dépendait essentiellement du port de Casablanca, l’acheminement d’un véhicule vers l’Europe pouvait prendre jusqu’à 35 jours. Tanger Med a changé cette équation en permettant au Maroc d’atteindre les principaux marchés européens en un à trois jours.
Pour Mezzour, cet exemple illustre le principe du retour sur investissement : certaines infrastructures peuvent sembler coûteuses au départ, mais leur impact sur la compétitivité et l’attractivité du pays se mesure sur le long terme.
Le même raisonnement s’applique aux infrastructures sportives. Alors que certains s’interrogent sur les investissements consacrés aux stades, le responsable de l’Istiqlal considère ces équipements comme des instruments d’attractivité économique.
L’organisation de la CAN 2025 et de la Coupe du monde 2030 constitue, selon lui, une vitrine permettant au Maroc de démontrer ses capacités organisationnelles et infrastructurelles et de convaincre des investisseurs étrangers qui pouvaient auparavant avoir des préjugés sur les pays africains.
Argent public : l’Istiqlal prône une dépense « intelligente »
La gestion de l’argent public constitue également un axe important de son intervention. Pour Mezzour, la priorité est de savoir utiliser les ressources de l’État de manière efficace.
Il cite les investissements réalisés dans les infrastructures et les établissements hospitaliers comme autant d’exemples d’une dépense publique susceptible d’accélérer le développement du pays.
La fiscalité doit également répondre à une logique claire. Le responsable istiqlalien défend le rôle de l’impôt dans le financement de l’école publique, des hôpitaux, de la sécurité, des infrastructures rurales et des routes.
« La voie publique est le patrimoine du pauvre, le bus est le patrimoine du pauvre », affirme-t-il, estimant que le renforcement des services publics constitue une condition essentielle pour garantir une vie digne aux citoyens les plus modestes.
Il insiste néanmoins sur la nécessité d’une fiscalité compréhensible et justifiée. Il cite notamment la nécessité de revoir certains mécanismes d’imposition des entreprises, même si une telle réforme pourrait représenter plusieurs milliards de dirhams pour l’État.
Pouvoir d’achat : Ryad Mezzour reconnaît une pression sur les ménages
Sur le pouvoir d’achat, le discours est plus direct. Ryad Mezzour reconnaît que le citoyen moyen a été fortement affecté ces dernières années par l’inflation et les différents changements économiques.
Pour lui, cette question dépasse les considérations politiques. Le gouvernement doit notamment surveiller l’évolution des prix des produits de consommation et intervenir lorsque des dysfonctionnements apparaissent.
La viande et les légumes figurent parmi les produits cités. Si les prix atteignent des niveaux jugés excessifs, l’État doit, selon lui, regarder du côté des marchés étrangers afin de favoriser un approvisionnement à des prix acceptables.
Cette intervention ne signifie toutefois pas une présence permanente de l’État dans l’économie. Le gouvernement doit intervenir lorsqu’un problème apparaît et laisser les commerçants travailler lorsqu’ils respectent les règles.
Les petits commerçants et le paiement électronique
Ryad Mezzour s’est également intéressé aux difficultés rencontrées par les petits commerçants face au paiement électronique.
Il explique que les marges de certains commerçants peuvent être très faibles, de l’ordre de 4 à 5%. Une commission de 2% sur une transaction représente donc une part importante de leur marge et constitue un frein à l’utilisation des terminaux de paiement électronique.
Il affirme que des discussions ont été menées avec Bank Al-Maghrib afin de réduire ces commissions, évoquant des niveaux compris entre 0,2% et 0,5%. Une telle baisse pourrait, selon lui, faciliter l’adoption des TPE par les petits commerces.
Vers un « rêve marocain »
En conclusion, Ryad Mezzour revient sur une dimension plus subjective du développement : la confiance et la fierté nationale.
Il compare l’attachement de certains Américains à leur pays avec l’image parfois très négative que certains Marocains continuent de porter sur leur propre pays, malgré les améliorations réalisées.
Pour lui, le Maroc n’a pas encore réussi à construire un véritable « rêve marocain ». Les progrès réalisés dans les infrastructures, le sport et l’économie contribuent progressivement à faire évoluer les mentalités, mais une partie de la population reste attachée à une perception ancienne d’un pays offrant peu d’opportunités.
C’est précisément sur ce terrain que le Parti de l’Istiqlal entend placer son discours économique : une économie capable de créer des emplois adaptés aux compétences, de préserver le pouvoir d’achat, de renforcer les services publics et, surtout, de restaurer la confiance du citoyen dans son pays.
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