Tourisme : place au Maroc du Mondial 2030
Une touriste dans une boutique de luminaires et d’articles artisanaux © depositphotos
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À moins de quatre ans de la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal, le Royaume intensifie ses préparatifs afin de répondre à l’afflux attendu de visiteurs. Dans un entretien accordé à Reuters, la ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, a annoncé que le pays prévoit d’ajouter 60.000 lits hôteliers à sa capacité actuelle d’ici le début de la compétition.
Cette augmentation représente environ un cinquième du parc hôtelier existant. Au cours des quatre dernières années, le Maroc avait déjà créé 45.000 nouveaux lits, portant la capacité nationale à un peu plus de 300.000 lits. Pour le gouvernement, cet effort vise à la fois à accueillir les centaines de milliers de visiteurs attendus pendant la compétition ainsi qu’à renforcer durablement l’attractivité touristique du Royaume bien après le tournoi.
Le Mondial 2030 comme accélérateur de développement
Pour les autorités marocaines, la Coupe du monde ne constitue pas une finalité, mais un puissant levier de transformation économique. « Nous considérons la Coupe du monde 2030 comme un accélérateur et non comme une fin en soi », a souligné Fatim-Zahra Ammor.
Cette stratégie s’accompagne d’un vaste programme d’investissements publics estimé à plus de 190 milliards de dirhams. Ces financements serviront à moderniser les infrastructures ferroviaires, routières, aéroportuaires, sportives ainsi que les équipements urbains destinés à accueillir les visiteurs dans les meilleures conditions.
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Au-delà des infrastructures, ces investissements visent également à améliorer durablement la compétitivité du pays, à renforcer la connectivité entre les différentes régions et à stimuler les retombées économiques sur le long terme.
Le tourisme marocain connaît déjà une croissance soutenue. En 2025, le Royaume a accueilli près de 20 millions de visiteurs, devenant la première destination touristique du continent africain. Les autorités ambitionnent désormais d’atteindre 26 millions de touristes à l’horizon 2030.
Les perspectives financières sont également favorables. Selon les projections de Bank Al Maghrib citées par Reuters, les recettes touristiques devraient atteindre 161 milliards de dirhams en 2027, contre 138 milliards de dirhams en 2025.
Cette progression est notamment portée par le développement de nouvelles liaisons aériennes avec l’Europe, mais aussi par une stratégie de diversification des marchés émetteurs.
Miser sur de nouveaux marchés internationaux
Le ministère du Tourisme entend désormais accélérer son développement sur des marchés à fort potentiel. La prochaine phase de croissance ciblera principalement la Chine, les États-Unis et les pays du Moyen-Orient, grâce à une amélioration de la connectivité aérienne et à une politique active de promotion internationale.
En parallèle, les autorités souhaitent diversifier l’offre touristique au-delà des destinations traditionnelles comme Marrakech ou Agadir. Dans cette optique, Rabat est appelée à jouer un rôle croissant en devenant un pôle majeur du tourisme culturel, des événements sportifs et du tourisme d’affaires, grâce à son patrimoine historique, ses musées et ses nouvelles infrastructures.
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Cette stratégie rejoint les orientations formulées depuis plusieurs années par le Haut-Commissariat au Plan dans son étude prospective : Tourisme 2030 : quelles ambitions pour le Maroc ? Le HCP souligne que le développement du tourisme ne peut être dissocié des évolutions économiques, sociales et géopolitiques internationales.
L’institution rappelle que la demande mondiale évoluera progressivement vers les pays émergents d’Asie, d’Europe de l’Est et d’Amérique latine, tandis que les attentes des voyageurs accorderont une importance croissante à la qualité environnementale, à la durabilité et à la dimension culturelle des destinations.
Selon cette analyse, les nouvelles technologies, les exigences environnementales et la compétitivité internationale transformeront profondément le secteur touristique dans les prochaines décennies. Le HCP estime que le système touristique marocain devra s’adapter à ces mutations afin de préserver sa compétitivité.
L’étude souligne que le tourisme marocain de 2030 sera nécessairement différent de celui des années précédentes et insiste sur l’importance d’une planification fondée sur des scénarios de long terme intégrant les enjeux d’infrastructures, de financement, de qualité des services et de développement durable.
Cette approche prospective plaide également pour une mobilisation renforcée des partenariats public-privé et pour une meilleure adaptation de l’offre nationale aux nouvelles attentes des voyageurs internationaux.
À travers l’extension de sa capacité hôtelière, la modernisation de ses infrastructures et la diversification de son offre, le Maroc cherche à transformer la Coupe du monde 2030 en véritable catalyseur de développement.
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