Tinghir : des associations réclament une enquête après l’abattage de chiens errants

Avatar de Mouna Aghlal

Temps de lecture :

Tinghir : des associations réclament une enquête après l’abattage de chiens errantsLes chiens errants © DR

A
A
A
A
A

Des associations de protection animale appellent à l’ouverture d’une enquête après une opération d’abattage de chiens errants menée samedi à Tinghir. La diffusion d’images de l’intervention sur les réseaux sociaux a ravivé le débat sur la gestion des animaux errants, quelques jours seulement après l’adoption par le Parlement d’une nouvelle loi renforçant leur protection.

L’affaire a pris de l’ampleur après la publication d’images montrant des chiens errants abattus lors d’une opération attribuée aux autorités locales. Les vidéos ont provoqué une vague d’indignation parmi les défenseurs des animaux, qui dénoncent une pratique contraire à l’esprit de la nouvelle législation.

Le président de l’Association Aydi pour la protection des animaux et de l’environnement, Abderrahman Oukji, a demandé qu’une enquête soit ouverte afin d’identifier l’autorité ayant ordonné l’opération ainsi que les personnes ayant participé à son exécution.

Les associations invoquent les nouvelles orientations gouvernementales

Pour les organisations de protection animale, cette intervention va à l’encontre des orientations adoptées par les pouvoirs publics, qui privilégient désormais une approche fondée sur la capture, la stérilisation et la vaccination des chiens errants, plutôt que leur élimination systématique.

L’activiste Abdelwahed Darwish estime que les autorités doivent respecter ces directives et réserver les interventions létales à des situations exceptionnelles, dûment justifiées sur les plans sanitaire et vétérinaire.

À l’inverse, plusieurs acteurs locaux défendent l’opération en soulignant les risques que représentent les chiens errants pour la population, notamment les enfants et les personnes âgées. Ils évoquent la présence de meutes dans certains quartiers, des attaques signalées ainsi que la menace de la rage.

Lire aussi : La protection animale en question : un nouveau regard sur la situation

Toutefois, aucune donnée officielle n’a été communiquée concernant d’éventuelles morsures récentes ni pour démontrer que les animaux abattus étaient atteints de la rage ou constituaient un danger immédiat.

Le débat porte ainsi moins sur le droit des autorités d’intervenir face à des animaux dangereux que sur le respect des conditions légales et vétérinaires encadrant ce type d’opération.

Une nouvelle loi protège davantage les animaux errants

Le Parlement a achevé, le 7 juillet dernier, l’adoption du projet de loi 19.25 relatif à la protection des animaux. Le texte interdit notamment la mise à mort injustifiée des animaux errants. Il prévoit des peines d’emprisonnement de deux à six mois ainsi que des amendes comprises entre 5.000 et 20.000 dirhams pour toute personne reconnue coupable d’avoir intentionnellement tué, torturé ou maltraité un animal errant.

La loi prévoit néanmoins des exceptions. Elle autorise l’euthanasie pratiquée dans les conditions prévues par la législation ainsi que des interventions exceptionnelles des autorités administratives locales lorsqu’un animal représente une menace pour l’ordre public ou la sécurité des citoyens. Le texte entrera en vigueur après sa publication au Bulletin officiel.

Cette controverse intervient également dans un contexte marqué par une décision de justice rendue en juin 2025 par le tribunal administratif de Rabat. La juridiction avait estimé que les campagnes d’abattage par tirs ou empoisonnement, lorsqu’elles ne reposent sur aucun fondement scientifique ou vétérinaire, contreviennent aux engagements du Maroc en matière de protection animale.

Le tribunal avait reconnu la responsabilité de l’État, représenté par le ministère de l’Intérieur, pour ne pas avoir empêché ces pratiques, tout en accordant aux plaignants un dédommagement symbolique d’un dirham. En revanche, la demande visant à suspendre ces opérations à l’échelle nationale avait été rejetée pour des motifs de procédure.

L’incident de Tinghir survient également quatre mois après la signature d’une convention provinciale destinée à créer et équiper un centre de collecte et d’hébergement des animaux errants.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Manifestations à Bologne après la mort de Abderrahim Fakir

A Bologne, une deuxième nuit de mobilisation a réuni des centaines de personnes après la mort d’un Marocain de 42 ans lors de son interpellation.

Rédaction LeBrief - 21 juillet 2026
L’ambassade du Maroc en Italie mobilisée après le décès de Fakir Abderrahim

L’ambassade du Maroc en Italie suit de près l’enquête sur le décès de Fakir Abderrahim, tout en apportant son soutien à sa famille et en coopérant avec les autorités.

Mouna Aghlal - 21 juillet 2026
Alimentation équilibrée : le ministère lance une campagne nationale

Le ministère de la Santé et de la Protection sociale a lancé ce 20 juillet 2026 une campagne nationale pour promouvoir une alimentation plus saine et diversifiée.

Rédaction LeBrief - 20 juillet 2026
Casablanca : l’ONEE raccorde la station de dessalement au réseau

Doté d’un poste de trois cents MVA et d’une ligne de cinquante kilomètres par terne, ce raccordement prépare l’entrée en service du projet annoncée pour février 2027.

Rédaction LeBrief - 20 juillet 2026
Vague de chaleur : jusqu’à 47°C dans plusieurs provinces jusqu’à jeudi

Des températures pouvant atteindre 47°C sont attendues jusqu’à jeudi dans plusieurs provinces marocaines, où la DGM place plusieurs régions en vigilance orange.

Ilyasse Rhamir - 20 juillet 2026
Italie : un Marocain meurt lors de son interpellation par la police à Bologne

Un Marocain de 43 ans est mort lors de son interpellation à Bologne. Une enquête judiciaire est ouverte et les images des caméras-piétons seront examinées.

El Mehdi El Azhary - 20 juillet 2026
Voir plus
Aïd Al-Fitr 1447 pourrait tomber le samedi 21 mars

Société - Selon les calculs astronomiques, Aïd al-Fitr 2026 pourrait tomber le samedi 21 mars au Maroc. La visibilité du croissant lunaire est prévue vendredi soir, mais la date officielle sera confirmée par le ministère des Habous.

Ilyasse Rhamir - 9 mars 2026
Ramadan : horaires spéciaux du tramway de Casablanca

Société - Le réseau CASA Tramway adopte des horaires spéciaux durant le mois de Ramadan.

Mouna Aghlal - 17 février 2026
Ramadan 2026 : la Zakat Al Fitr fixée à 25 dirhams

Société - Le Conseil supérieur des oulémas annonce la valeur de la Zakat Al Fitr pour 2026 à 25 dirhams pour l'année 1447 de l'Hégire.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
8 mars : 8 Marocaines qui bousculent les lignes

Société-A l’occasion du 8 mars, LeBrief rend hommage à 8 femmes que nous avons rencontrées et interviewées ces derniers mois.

Sabrina El Faiz - 8 mars 2026
Manifestations de la « GenZ 212 » : 60 personnalités marocaines exhortent le Roi à engager des réformes profondes

Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.

Hajar Toufik - 8 octobre 2025
Travaux : les Casablancais n’en peuvent plus !

Dossier - Des piétons qui traversent d’un trottoir à l’autre, des voitures qui zigzaguent… À croire que les Casablancais vivent dans un jeu vidéo, sans bouton pause.

Sabrina El Faiz - 12 avril 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire