Tinghir : des associations réclament une enquête après l’abattage de chiens errants

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Tinghir : des associations réclament une enquête après l’abattage de chiens errantsLes chiens errants © DR

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Des associations de protection animale appellent à l’ouverture d’une enquête après une opération d’abattage de chiens errants menée samedi à Tinghir. La diffusion d’images de l’intervention sur les réseaux sociaux a ravivé le débat sur la gestion des animaux errants, quelques jours seulement après l’adoption par le Parlement d’une nouvelle loi renforçant leur protection.

L’affaire a pris de l’ampleur après la publication d’images montrant des chiens errants abattus lors d’une opération attribuée aux autorités locales. Les vidéos ont provoqué une vague d’indignation parmi les défenseurs des animaux, qui dénoncent une pratique contraire à l’esprit de la nouvelle législation.

Le président de l’Association Aydi pour la protection des animaux et de l’environnement, Abderrahman Oukji, a demandé qu’une enquête soit ouverte afin d’identifier l’autorité ayant ordonné l’opération ainsi que les personnes ayant participé à son exécution.

Les associations invoquent les nouvelles orientations gouvernementales

Pour les organisations de protection animale, cette intervention va à l’encontre des orientations adoptées par les pouvoirs publics, qui privilégient désormais une approche fondée sur la capture, la stérilisation et la vaccination des chiens errants, plutôt que leur élimination systématique.

L’activiste Abdelwahed Darwish estime que les autorités doivent respecter ces directives et réserver les interventions létales à des situations exceptionnelles, dûment justifiées sur les plans sanitaire et vétérinaire.

À l’inverse, plusieurs acteurs locaux défendent l’opération en soulignant les risques que représentent les chiens errants pour la population, notamment les enfants et les personnes âgées. Ils évoquent la présence de meutes dans certains quartiers, des attaques signalées ainsi que la menace de la rage.

Lire aussi : La protection animale en question : un nouveau regard sur la situation

Toutefois, aucune donnée officielle n’a été communiquée concernant d’éventuelles morsures récentes ni pour démontrer que les animaux abattus étaient atteints de la rage ou constituaient un danger immédiat.

Le débat porte ainsi moins sur le droit des autorités d’intervenir face à des animaux dangereux que sur le respect des conditions légales et vétérinaires encadrant ce type d’opération.

Une nouvelle loi protège davantage les animaux errants

Le Parlement a achevé, le 7 juillet dernier, l’adoption du projet de loi 19.25 relatif à la protection des animaux. Le texte interdit notamment la mise à mort injustifiée des animaux errants. Il prévoit des peines d’emprisonnement de deux à six mois ainsi que des amendes comprises entre 5.000 et 20.000 dirhams pour toute personne reconnue coupable d’avoir intentionnellement tué, torturé ou maltraité un animal errant.

La loi prévoit néanmoins des exceptions. Elle autorise l’euthanasie pratiquée dans les conditions prévues par la législation ainsi que des interventions exceptionnelles des autorités administratives locales lorsqu’un animal représente une menace pour l’ordre public ou la sécurité des citoyens. Le texte entrera en vigueur après sa publication au Bulletin officiel.

Cette controverse intervient également dans un contexte marqué par une décision de justice rendue en juin 2025 par le tribunal administratif de Rabat. La juridiction avait estimé que les campagnes d’abattage par tirs ou empoisonnement, lorsqu’elles ne reposent sur aucun fondement scientifique ou vétérinaire, contreviennent aux engagements du Maroc en matière de protection animale.

Le tribunal avait reconnu la responsabilité de l’État, représenté par le ministère de l’Intérieur, pour ne pas avoir empêché ces pratiques, tout en accordant aux plaignants un dédommagement symbolique d’un dirham. En revanche, la demande visant à suspendre ces opérations à l’échelle nationale avait été rejetée pour des motifs de procédure.

L’incident de Tinghir survient également quatre mois après la signature d’une convention provinciale destinée à créer et équiper un centre de collecte et d’hébergement des animaux errants.

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