Les marchés alimentaires : la FAO appelle à renforcer la résilience du commerce agricole
Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) © DR
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Selon la FAO, les marchés agricoles évoluent désormais dans un environnement marqué par une succession de perturbations : phénomènes météorologiques extrêmes, conflits, pandémies, crises financières, flambée des prix de l’énergie et des intrants agricoles. Ces événements affectent simultanément la production, les échanges commerciaux et les prix des denrées alimentaires, mettant en évidence les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement mondiales.
L’organisation souligne que l’interconnexion croissante des marchés, si elle favorise les échanges, permet également aux crises de se propager rapidement d’une région à une autre. Une sécheresse, une guerre ou une crise logistique dans un grand pays exportateur peut ainsi avoir des répercussions immédiates sur les disponibilités alimentaires et les prix dans des régions très éloignées.
Malgré ces risques, la FAO considère que le commerce international reste indispensable pour garantir la sécurité alimentaire mondiale. Le volume des échanges de produits agroalimentaires a d’ailleurs plus que doublé entre 2000 et 2024, atteignant près de 2.000 milliards de dollars, grâce notamment à l’apparition de nouvelles relations commerciales et à une meilleure intégration des économies.
Cette dynamique a permis d’élargir l’offre alimentaire, de réduire les coûts de certains produits et d’améliorer l’accès aux denrées dans de nombreux pays. Les marchés mondiaux assurent en effet la circulation des aliments depuis les régions excédentaires vers celles qui ne produisent pas suffisamment pour répondre à leurs besoins.
Pour la FAO, renforcer les échanges ne signifie donc pas accroître la dépendance, mais développer un réseau commercial plus diversifié, capable de résister aux perturbations.
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La diversification des partenaires, facteur de résilience
L’un des principaux enseignements du rapport est que les pays disposant de plusieurs partenaires commerciaux sont mieux armés face aux crises. Lorsqu’un fournisseur est touché par une catastrophe climatique ou une crise géopolitique, ils peuvent se tourner vers d’autres marchés afin de maintenir leurs approvisionnements.
À l’inverse, les pays fortement dépendants d’un nombre limité d’exportateurs demeurent particulièrement vulnérables. Cette situation concerne notamment plusieurs États d’Afrique du Nord, d’Asie occidentale ou d’Amérique centrale, qui importent plus de la moitié de leurs besoins en céréales.
La FAO souligne également que les céréales occupent une place stratégique dans la sécurité alimentaire mondiale. Entre 2022 et 2024, elles représentaient 14,4% de la valeur des exportations agricoles mondiales, tandis que le blé, le maïs et le riz fournissent environ 40% des calories consommées dans le monde, une proportion qui atteint 45% dans les pays en développement importateurs nets de produits alimentaires.
Le changement climatique apparaît comme l’un des principaux facteurs de risque identifiés par la FAO. Entre 1991 et 2023, les catastrophes naturelles ont provoqué 3.260 milliards de dollars de pertes agricoles à l’échelle mondiale, soit près de 99 milliards de dollars par an.
Les cultures céréalières sont les plus affectées, devant les fruits et légumes. Ces pertes réduisent les disponibilités alimentaires mondiales de l’équivalent de 320 kilocalories par personne et par jour, illustrant l’ampleur des conséquences sur la sécurité alimentaire.
Les analyses de la FAO montrent également que les phénomènes météorologiques expliquent près d’un tiers des variations des rendements du blé, du maïs et du riz au niveau mondial, une proportion qui dépasse parfois 60% dans certaines grandes régions productrices.
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Des marchés capables d’absorber les chocs
Malgré la fréquence croissante des crises, le rapport conclut que le commerce agricole mondial fait preuve d’une résilience remarquable.
Les analyses économétriques réalisées par la FAO montrent que lorsqu’un grand pays exportateur subit un choc climatique, ses exportations diminuent dans un premier temps avant de retrouver progressivement leur niveau normal. En moyenne, les perturbations commerciales s’atténuent au bout de trois à quatre mois et les échanges reviennent à leur niveau initial en moins de six mois.
Cette capacité d’adaptation s’explique notamment par la diversification des partenaires commerciaux et par la possibilité pour les importateurs de réorienter rapidement leurs achats vers d’autres fournisseurs.
En revanche, la FAO met en garde contre les politiques protectionnistes adoptées lors des périodes de tension. Lorsque plusieurs grands producteurs imposent simultanément des restrictions à l’exportation afin de protéger leurs marchés intérieurs, les disponibilités mondiales diminuent, les prix flambent et les pays importateurs sont les premiers pénalisés. Les épisodes de 2007-2008, de la pandémie de Covid-19 ou encore de la guerre en Ukraine ont illustré les effets déstabilisateurs de ces mesures.
À l’inverse, le maintien des échanges internationaux contribue à limiter les tensions sur les marchés et à préserver l’accès aux produits alimentaires. Au-delà du commerce, la FAO insiste sur la nécessité d’investir dans les infrastructures, les systèmes d’information sur les marchés, les programmes de protection sociale et les réserves alimentaires d’urgence destinées aux populations les plus vulnérables. L’organisation estime que ces instruments, associés à un système commercial ouvert, transparent et fondé sur des règles, constituent les meilleurs remparts contre les crises alimentaires futures.
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