Et si 2025 marquait le vrai décollage financier du Maroc ?

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Et si 2025 marquait le vrai décollage financier du Maroc ?Siège de l'AMMC © DR

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Selon le dernier rapport de l’Autorité marocaine du marché des capitaux, le marché financier marocain a connu en 2025 une progression exceptionnelle, portée par la Bourse, les levées de fonds et la gestion d’actifs.

Selon le rapport « Le marché des capitaux en chiffres 2025 » publié par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), l’année écoulée marque un tournant pour la place financière nationale. Dans un contexte économique relativement favorable, caractérisé par la résilience de l’économie marocaine et un recul des pressions inflationnistes, l’ensemble des indicateurs du marché des capitaux s’inscrivent en nette hausse.

De la Bourse de Casablanca aux organismes de placement collectif, en passant par les levées de fonds, tous les compartiments affichent des performances solides. Une dynamique qui pose une question centrale : assiste-t-on à un simple rebond conjoncturel ou à une transformation structurelle du marché ?

Lire aussi : Marché des capitaux : l’AMMC ouvre une consultation publique sur les abus de marché

Une année exceptionnelle pour la Bourse de Casablanca ?

Selon l’AMMC, la Bourse de Casablanca a enregistré en 2025 une performance remarquable, avec un indice MASI en hausse de 27,6%. Cette progression s’accompagne d’un bond de la capitalisation boursière, qui dépasse pour la première fois les 1.040 milliards de dirhams.

Le volume global des transactions a, lui aussi, fortement progressé, atteignant plus de 161 milliards de dirhams, soit une hausse de 63% sur un an. Cette dynamique est principalement portée par le marché central, dont l’activité a presque doublé. Dans le même temps, la liquidité du marché s’est améliorée, traduisant une intensification des échanges.

L’analyse de la structure des intervenants met en évidence une domination des acteurs institutionnels marocains. Les personnes morales et les OPCVM concentrent l’essentiel des flux, tandis que les investisseurs étrangers conservent une présence stable mais limitée.

Les levées de capitaux traduisent-elles un regain de confiance ?

Le rapport de l’AMMC souligne également une forte progression des levées de capitaux en 2025, qui dépassent les 143 milliards de dirhams. Cette hausse est principalement tirée par les instruments de dette, notamment les titres de créance négociables et les obligations corporate.

Le secteur financier s’impose comme le principal bénéficiaire de ces financements, captant plus de la moitié des émissions. Cette concentration reflète le rôle structurant des banques dans l’économie nationale.

En parallèle, les levées en capital ont atteint plus de 10 milliards de dirhams, portées par un retour notable des introductions en Bourse. Cette évolution traduit une confiance renouvelée des entreprises et des investisseurs dans le marché financier.

Les nouveaux empereurs

Le retour des introductions en Bourse annonce-t-il une nouvelle dynamique ?

Selon l’AMMC, trois introductions en Bourse ont été réalisées en 2025, mobilisant plusieurs milliards de dirhams et attirant près de 290.000 souscripteurs. Ces opérations ont connu un fort engouement, notamment de la part des investisseurs particuliers.

Cette tendance marque un tournant après plusieurs années de relative stagnation du marché primaire. Elle s’accompagne d’une diversification des opérations financières, incluant des augmentations de capital et des offres publiques.

Par ailleurs, l’année a été marquée par l’introduction de nouveaux instruments financiers, notamment un premier contrat à terme sur indice, illustrant une volonté de moderniser et de sophistiquer le marché.

La gestion d’actifs devient-elle un pilier du marché financier ?

Toujours selon le rapport de l’AMMC, la gestion collective a poursuivi sa progression en 2025. L’actif net des organismes de placement collectif a atteint 956 milliards de dirhams, en hausse de plus de 22%.

Les OPCVM dominent largement le secteur, avec plus de 785 milliards de dirhams d’actifs. Toutes les catégories ont bénéficié de cette dynamique, en particulier les fonds actions et les fonds obligataires à court terme.

Cette croissance s’accompagne d’une diversification des véhicules d’investissement, avec la montée en puissance des OPCI, des FPCT et des OPCC. Toutefois, la structure de détention reste largement dominée par les investisseurs institutionnels.

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Vers un marché plus structuré et plus profond ?

Le rapport de l’AMMC met en lumière une transformation progressive du marché des capitaux marocain. La diversification des instruments, la modernisation du cadre réglementaire, notamment avec la réforme des OPCVM, et le développement de nouveaux produits financiers témoignent d’un renforcement de l’écosystème.

Le marché du prêt-emprunt de titres a également connu une croissance soutenue, tout comme les activités de conservation des titres, qui atteignent des niveaux record.

Ces évolutions traduisent une montée en maturité du marché, qui gagne en profondeur et en sophistication.

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Un élan durable ou un pic conjoncturel ?

Selon l’Autorité marocaine du marché des capitaux, l’année 2025 marque une étape importante dans le développement du marché financier national. La progression simultanée de tous les indicateurs témoigne d’une dynamique globale positive.

Reste à savoir si cette performance pourra s’inscrire dans la durée. La consolidation de cette trajectoire dépendra de plusieurs facteurs, notamment la poursuite des réformes, l’élargissement de la base d’investisseurs et le maintien de la confiance.

Une chose est certaine : le marché des capitaux s’impose désormais comme un levier stratégique du développement économique du Maroc.

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