Agriculture et pêche : le Maroc retrouve des couleurs grâce au retour des pluies

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Agriculture et pêche : le Maroc retrouve des couleurs grâce au retour des pluiesPlantation de légumes verts © LeBrief

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Après plusieurs années marquées par une sécheresse persistante, l’année 2026 marque un tournant pour le secteur primaire marocain. Portée par une pluviométrie abondante et une amélioration significative des ressources en eau, l’agriculture nationale enregistre un net rebond.

Les céréales, l’arboriculture, l’élevage et même la pêche maritime affichent des performances en hausse, selon les dernières données publiées dans la note de conjoncture économique du ministère de l’Économie et des Finances.

Cette embellie intervient dans un contexte où le secteur agricole, pilier essentiel de l’économie marocaine, avait subi de plein fouet les effets des déficits pluviométriques successifs. Les précipitations enregistrées durant la campagne 2025-2026 ont toutefois permis de redonner de l’élan à l’ensemble des filières agricoles.

Une récolte céréalière plus que doublée

Le signal le plus marquant de cette reprise concerne la production céréalière. Selon les estimations officielles, la récolte de la campagne agricole 2025-2026 devrait atteindre près de 90 millions de quintaux. Ce niveau représente plus du double de la production enregistrée lors de la campagne précédente, qui s’était limitée à 43,1 millions de quintaux.

Cette progression spectaculaire illustre l’importance des conditions climatiques dans les performances agricoles du Royaume. Les céréales, fortement dépendantes des précipitations, ont bénéficié d’une saison favorable qui a permis d’améliorer les rendements dans plusieurs régions du pays.

Au-delà de son impact économique, cette hausse de la production céréalière constitue également un facteur important pour la sécurité alimentaire nationale et pourrait contribuer à réduire les besoins d’importation.

L’arboriculture enregistre des niveaux records

La reprise ne se limite pas aux cultures céréalières. Les filières arboricoles affichent également des perspectives particulièrement favorables. La production d’olives devrait atteindre un niveau historique de deux millions de tonnes en 2026. Cette performance représente une hausse de 111% par rapport à la campagne précédente, faisant de l’oléiculture l’une des principales bénéficiaires du retour des précipitations.

Les agrumes suivent la même tendance. Leur production est estimée à 1,9 million de tonnes, soit une progression de 25% sur un an. La filière des dattes connaît également une évolution positive avec une récolte attendue de 160.000 tonnes, en augmentation de 55% par rapport à l’année précédente.

Ces résultats témoignent d’une amélioration générale des conditions de production et pourraient renforcer la position du Maroc sur plusieurs marchés agricoles internationaux.

Lire aussi : L’initiative pour l’adaptation de l’agriculture africaine (AAA) : dix ans après

Un cheptel national en voie de reconstitution

L’amélioration des conditions climatiques a également eu des effets positifs sur l’élevage. Après plusieurs années durant lesquelles les éleveurs ont dû faire face à la raréfaction des pâturages et à la hausse des coûts de l’alimentation animale, le cheptel national montre des signes de redressement.

Le ministère souligne que le programme royal de reconstitution du cheptel, combiné aux pluies enregistrées cette année ainsi qu’aux naissances intervenues durant les saisons d’automne et de printemps, a contribué à rééquilibrer les effectifs.

Le cheptel national est désormais estimé à près de 40 millions de têtes. Cette évolution est perçue comme un élément important pour soutenir les activités d’élevage et renforcer progressivement l’offre sur le marché intérieur.

Des barrages largement rechargés

L’un des effets les plus visibles de cette année pluvieuse concerne la situation hydrique du pays. Les ressources en eau, qui constituaient l’une des principales préoccupations des autorités ces dernières années, affichent une nette amélioration.

Au 18 mai 2026, le taux de remplissage des barrages nationaux atteignait 76%, représentant un volume de près de 12,9 milliards de mètres cubes d’eau stockée. À la même période de l’année précédente, ce taux ne dépassait pas 40,1%. Le ministère fait ainsi état d’un excédent de 92% par rapport à l’an dernier.

Cette amélioration devrait avoir des répercussions positives sur l’irrigation agricole, l’approvisionnement en eau potable ainsi que sur plusieurs secteurs économiques dépendants des ressources hydriques.

Des exportations agricoles en léger recul

Malgré ce contexte favorable sur le plan de la production, les exportations agricoles et agroalimentaires affichent une évolution plus contrastée. À fin mars 2026, elles représentaient environ 26,8 milliards de dirhams, soit une baisse de 2,3% par rapport à la même période de l’année précédente. Cette évolution intervient après une progression de 3,2% enregistrée un an auparavant.

Le recul est principalement attribué à la diminution de 6,3% des exportations de produits agricoles, forestiers et de chasse. Cette catégorie avait pourtant enregistré une hausse de 11,7% l’année précédente.

Toutefois, cette baisse a été partiellement compensée par les performances des industries alimentaires. Les exportations de ce segment ont progressé de 4,4%, alors qu’elles avaient reculé de 7,7% l’année précédente.

Cette situation souligne que l’amélioration de la production nationale ne se traduit pas automatiquement par une hausse immédiate des exportations, celles-ci restant dépendantes de l’évolution des marchés internationaux et de la demande extérieure.

Lire aussi : Tomates : tensions et flambée des prix, qu’en est-il ?

La pêche maritime retrouve le chemin de la croissance

Le secteur halieutique montre lui aussi des signes de redressement après plusieurs mois difficiles. Après les contre-performances observées au premier trimestre, la pêche côtière et artisanale a enregistré un rebond significatif au mois d’avril 2026. Le volume des débarquements a progressé de 51,7% sur un an, alors qu’il avait diminué de 20,3% à la même période en 2025.

Cette amélioration est portée par plusieurs catégories de captures. Les poissons pélagiques ont enregistré une hausse de 62,6%, tandis que les céphalopodes ont progressé de 39,1%. Les débarquements d’algues ont augmenté de 65,6%, ceux des crustacés de 21,1% et ceux des coquillages de 250%.

Grâce à cette reprise, le recul cumulé des débarquements sur les quatre premiers mois de l’année a été ramené à 5,3%, contre 34,3 l% à fin mars 2026 et 23,1% à fin avril 2025.

Au-delà des volumes, la valeur commerciale des produits de la pêche affiche également une progression remarquable. En avril 2026, la valeur des débarquements a augmenté de 64,8% sur un an, alors qu’elle avait reculé de 23,1% un an plus tôt.

Cette hausse est portée par l’augmentation de la valeur des captures dans l’ensemble des principales catégories. Les poissons pélagiques ont enregistré une progression de 84,3%, les poissons blancs de 34,5%, les céphalopodes de 96%, les crustacés de 23 %, les algues de 30% et les coquillages de 354,5%.

À l’issue des quatre premiers mois de l’année, la valeur globale des débarquements affichait ainsi une croissance de 5,3%, contre une hausse de 2,5% à la même période en 2025.

Une année de rebond pour le secteur primaire

Les indicateurs publiés par le ministère de l’Économie et des Finances dessinent ainsi le portrait d’une année de reprise pour le secteur primaire marocain. L’amélioration de la pluviométrie a permis de relancer les productions agricoles, de renforcer les ressources hydriques et de soutenir le redressement de l’élevage ainsi que de la pêche maritime.

Si certains défis demeurent, notamment en matière d’exportations agricoles, les performances observées depuis le début de l’année 2026 témoignent d’un retour de la dynamique dans un secteur stratégique pour l’économie nationale, l’emploi rural et la sécurité alimentaire du Royaume.

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