ANEF : quelles solutions face à la désertification dans les oasis ?
Photo prise lors d'une visite de terrain menée par l'ANEF dans les provinces d’Errachidia et de Tinghir à l'occasion de la Journée internationale de la diversité biologique © Ayoub Jouadi / LeBrief
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Placée sous le thème « Agir localement pour un impact mondial », la célébration de cette journée a été marquée, les 20 et 21 mai, par une visite de terrain menée dans les provinces d’Errachidia et de Tinghir. Conduite par le directeur général de l’ANEF, Abderrahim Houmy, en présence du wali de la région et des autorités locales, cette tournée a permis d’évaluer l’état d’avancement d’une nouvelle génération de projets.
Au croisement des enjeux environnementaux et socio-économiques, ces initiatives traduisent une volonté affirmée de faire des ressources naturelles un levier de développement durable, de création d’emplois et de résilience territoriale.
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Réhabiliter les écosystèmes sahariens
Dans un contexte marqué par la fragilité des milieux arides, la restauration de la biodiversité apparaît comme une priorité. La visite a ainsi débuté au niveau de la réserve de M’cissi, dans la province de Tinghir, avant de se poursuivre à celle d’Aferdou, à Errachidia. Sur ces sites, des opérations de réintroduction d’espèces emblématiques, telles que l’autruche et la gazelle dorcas, ont été menées. Ces actions s’inscrivent dans le cadre d’un programme national visant à reconstituer la grande faune saharienne et à rétablir les équilibres écologiques mis à mal par les pressions climatiques et humaines.
Au-delà de la préservation du patrimoine naturel, ces initiatives visent également à stimuler l’écotourisme, en valorisant des espaces à fort potentiel paysager et écologique. La réserve de M’cissi, classée site d’intérêt biologique et écologique (SIBE), en constitue un exemple emblématique, avec ses milliers d’hectares abritant des espèces adaptées aux conditions désertiques.
Lutter contre l’ensablement, protéger les territoires
Autre axe majeur de l’intervention de l’ANEF : la lutte contre l’ensablement. Dans la région de Drâa-Tafilalet, ce phénomène représente une menace directe pour les infrastructures, les oasis et les zones habitées. Au niveau du site de Oued Hniche, jouxtant la route nationale N17, des travaux ont été engagés pour freiner l’avancée des dunes.
Ce projet, qui mobilise près de 2,8 millions de dirhams, s’inscrit dans un programme plus large doté d’une enveloppe de 260 millions de dirhams à l’horizon 2030. Il repose sur une combinaison de solutions mécaniques, comme l’installation de palissades, et biologiques, à travers la plantation d’espèces adaptées capables de fixer durablement les sols. L’objectif est double : protéger les infrastructures stratégiques et renforcer la résilience des écosystèmes oasiens face aux effets du changement climatique.
Une aquaculture au service du développement local
Au barrage Hassan Eddakhil, la stratégie de l’ANEF se décline autour du développement de la pêche et de l’aquaculture continentale. L’ambition est de structurer une véritable filière économique inclusive, capable de générer des revenus durables pour les populations locales.
Pour y parvenir, plusieurs actions ont été engagées : modernisation des équipements de pêche, mise à disposition de barques normalisées, introduction de cages flottantes et d’enclos aquacoles, sans oublier un accompagnement technique et des programmes de formation. Cette approche intégrée vise à renforcer les capacités des coopératives locales et à améliorer les conditions de valorisation et de commercialisation des produits halieutiques.
Dans cette dynamique, un point de débarquement aménagé a été inauguré. Cette infrastructure permettra de garantir le respect des normes sanitaires, tout en augmentant la valeur ajoutée des produits et les revenus des pêcheurs.
Par ailleurs, une opération de repeuplement piscicole a été menée avec le déversement d’un million d’alevins de carpes, contribuant à renforcer les stocks et à soutenir la productivité de la pêcherie.
Former, sensibiliser et impliquer
Au-delà des investissements matériels, l’ANEF met également l’accent sur la dimension éducative et participative. Le projet d’école de pêche, présenté au niveau du barrage, s’inscrit dans cette logique. Destiné aux jeunes et aux scolaires, il vise à promouvoir les pratiques de pêche durable et à sensibiliser aux enjeux de la préservation des milieux aquatiques.
Des démonstrations pédagogiques ont ainsi été organisées, en collaboration avec des encadrants spécialisés, illustrant l’importance accordée à la transmission des savoirs et à l’implication des nouvelles générations. Dans le même esprit, des conventions de partenariat ont été conclues avec des acteurs locaux, notamment pour la gestion des infrastructures et l’animation d’activités éducatives.
Un modèle territorial en construction
L’ensemble de ces projets s’inscrit dans une vision globale portée par l’ANEF, fondée sur une gouvernance concertée et une valorisation responsable des ressources naturelles. Dans la région de Drâa-Tafilalet, plus de 2 milliards de dirhams ont été mobilisés sur la période 2020-2030 pour soutenir cette dynamique.
À travers des initiatives comme l’Aquapôle d’Errachidia, dédié à la production aquacole et à l’accompagnement entrepreneurial, l’agence ambitionne de transformer les zones arides en pôles d’innovation et de création de valeur. L’intégration des populations locales, notamment des jeunes et des femmes rurales, constitue un pilier central de cette stratégie.
En misant sur l’articulation entre préservation de la biodiversité, développement économique et adaptation climatique, l’ANEF esquisse les contours d’un modèle territorial durable, capable de répondre aux défis environnementaux tout en offrant de nouvelles perspectives aux territoires oasiens.
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