Une annonce et tout le monde s’affole. Un vieux réflexe, que nous n’avions plus vu depuis la Covid, refait surface.
L’augmentation du prix du gasoil de deux dirhams n’a laissé personne de marbre.
D’un coup, les stations-service se sont remplies, comme les rayons en 2020 ! En quelques heures, les files se sont formées. Pleins anticipés, réservoirs remplis jusqu’au dernier litre, chacun voulant passer avant la hausse.
Ce réflexe n’est pas nouveau. Dans les années 90 et 2000, on l’a vu pour d’autres produits. Le lait, le sel, l’khmira. A chaque annonce de hausse, les Marocains (et tout le monde d’ailleurs) se précipitent comme si le produit allait devenir une denrée rare.
Pourtant, le carburant ne manque pas. Les stations continuent d’être approvisionnées. La hausse est connue, annoncée, prévue à minuit. Mais le réflexe reste le même.
Dans le même temps, certaines stations ont fermé plus tôt que d’habitude. Pas par panne, pas par manque de carburant, simplement pour attendre minuit et vendre au prix fort. D’un côté, des automobilistes qui se ruent pour payer moins cher. De l’autre, des stations qui préfèrent attendre pour vendre plus cher.
Chacun agit selon son intérêt.
Ce n’est plus une question de carburant, c’est une question de mentalité. Dans ce type de situation, le collectif disparaît, il ne reste que des décisions individuelles qui, mises bout à bout, créent un mouvement de foule.
On ne pense pas à l’ensemble, on pense à son plein. Dans certaines circonstances, l’idée du collectif s’efface très vite. Il suffit d’une hausse de deux dirhams. Et d’un réservoir presque vide.
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Entre opportunisme et précipitation, c’est surtout le sens du collectif qui disparaît dans ces moments-là.