L’innovation agricole au service de la filière oléicole : l’initiative Al Moutmir livre son bilan
Un olivier dans une plateforme d'Al Moutmir à Azilal © LeBrief
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La filière oléicole occupe une place centrale dans l’économie agricole marocaine. Avec plus de 1,2 million d’hectares cultivés en 2021 contre 773.000 hectares en 2007, le Maroc est l’un des principaux producteurs mondiaux d’olives et d’huile d’olive. Cette expansion s’inscrit dans le cadre des stratégies nationales de développement agricole, visant à créer des emplois, améliorer les revenus ruraux et renforcer la compétitivité du secteur.
Cependant, la filière fait face à des défis majeurs. En particulier, la sécheresse et la baisse des précipitations, qui affectent la fertilité des sols et la disponibilité en eau. En plus de l’alternance de production, un phénomène où une année de forte production est suivie d’une année de faible production. Ainsi que des pratiques culturales traditionnelles, souvent peu optimisées, qui limitent les rendements et la qualité des produits. C’est dans ce contexte qu’intervient Al Moutmir, avec des solutions pour moderniser les pratiques agricoles, optimiser l’utilisation des ressources et améliorer la productivité.
Les plateformes expérimentales d’Al Moutmir : un modèle de succès
Al Moutmir a mis en place plus de 600 plateformes expérimentales dans 23 provinces et 106 communes, impliquant 241 agriculteurs. Ces plateformes servent de laboratoires à ciel ouvert pour tester et valider de nouvelles techniques culturales, avant de les diffuser à grande échelle.
En final, les données issues de ces plateformes montrent une Augmentation du rendements moyen de 9 tonnes par hectare, contre 7,3 tonnes pour les parcelles témoins, soit une hausse de 23%. Dans les zones pluviales, le gain atteint 47%, avec des rendements passant de 3,2 à 4,7 tonnes par hectare.
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En outre, le poids moyen de 100 olives est supérieur de 14% dans les plateformes irriguées par rapport aux témoins. Sans oublier, une marge bénéficiaire par hectare augmente de 26% en zone irriguée et de 44% en zone pluviale.
D’autre part, les plateformes couvrent une grande diversité de variétés d’oliviers et de conditions climatiques. En effet, les plateformes sont réparties entre les zones irriguées (72%), les zones pluviales et les zones montagneuses. Les variétés les plus dominantes sont la Picholine marocaine avec 50%, la Haouzia et la Menara avec 26%, et la Picholine de Languedoc avec 13%.
Par ailleurs, l’un des piliers des résultats obtenus par Al Moutmir est l’adoption de l’irrigation goutte-à-goutte. Cette technique permet d’avoir une meilleure gestion de l’eau, avec une efficacité accrue de 30% et une réduction de l’alternance de production, grâce à un apport en eau régulier et adapté aux besoins des arbres.
Les analyses de sol et de feuilles réalisées par Al Moutmir ont permis d’établir des programmes de fertilisation sur mesure. Les apports en nutriments sont optimisés de sorte que l’Azote 163% plus suppérieure par rapport aux pratiques traditionnelles, Phosphore 77% et le Potassium 85%. Ces ajustements ont conduit à une amélioration significative de la qualité des olives et de l’huile, ainsi qu’à une stabilisation des rendements.
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À travers ces pratiques, Al Moutmir promeut des variétés d’oliviers adaptées aux conditions climatiques locales et résistantes à la sécheresse. Par exemple La variété Tassaout qui est résistante à la sécheresse, avec un rendement de 14 tonnes par hectare et une teneur en huile de 25%, et la variété Mechkate qui est Équilibrée et harmonieuse, avec des arômes de tomate, amande verte et artichaut.
L’une des techniques introduites par Al Moutmir dans les cultures oléicoles, c’est utilisation l’application mobile Agri, utilisée par plus de 540.000 agriculteurs. Cette application permet le suivi des cultures en temps réel, la gestion optimisée des intrants, comme l’eau et les engrais, l’accès à des conseils techniques personnalisés.
Les perspectives pour 2030 : vers une filière oléicole durable et compétitive
Le Maroc s’est fixé des objectifs ambitieux pour 2030. Il s’agit d’atteindre une superficie cultivée de 1,4 million d’hectares, contre 1,1 million en 2020, de produire 3,5 millions de tonnes d’olives, contre 1,7 million en 2020, et d’exporter 100.000 tonnes d’huile d’olive, contre 32.000 en 2020.
Pour y parvenir, Al Moutmir recommande d’intensifier la la mécanisation, notamment pour la récolte et l’épandage des engrais, de développer l’irrigation intelligente, avec des technologies de stress hydrique contrôlé, d’approfondir les micro-nutriments, pour améliorer la qualité de l’huile et la résistance des arbres et de former les agriculteurs, pour diffuser les bonnes pratiques à grande échelle.
Ainsi, les retombées attendues sont multiples, notamment la création d’emplois dans les zones rurales, l’amélioration des revenus des agriculteurs, grâce à des rendements plus élevés et une meilleure qualité des produits, et le renforcement de la compétitivité du Maroc sur les marchés internationaux de l’huile d’olive.
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