Sang et dérivés : ce que change l’exonération de la TVA

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Sang et dérivés : ce que change l’exonération de la TVADon de sang © depositphotos

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La Loi de finances 2026 supprime la TVA sur le sang et ses dérivés, avec droit à déduction. Une décision qui pourrait renforcer la souveraineté sanitaire et améliorer l’accès aux produits vitaux.

Inscrite sans grand bruit dans la Loi de finances 2026, l’exonération de la TVA appliquée au sang humain et animal ainsi qu’à leurs dérivés pourrait pourtant avoir des répercussions concrètes sur le fonctionnement des hôpitaux et l’accès des patients aux soins. Derrière cette disposition technique se cache une réforme aux enjeux sanitaires, économiques et logistiques considérables.

L’article 7 de la LF 2026 introduit une exonération de la TVA, aussi bien pour les opérations réalisées sur le territoire national que pour les importations, tout en maintenant le droit à déduction. Ce choix n’est pas anodin. Il permet aux acteurs de la chaîne transfusionnelle de ne plus supporter le poids fiscal lié à l’acquisition de produits sanguins, tout en récupérant la TVA acquittée sur leurs dépenses intermédiaires.

Concrètement, cette réforme concerne les centres de transfusion, les établissements hospitaliers publics et privés, ainsi que les fournisseurs de produits dérivés du sang. Jusqu’ici, la fiscalité indirecte venait alourdir les coûts, souvent absorbés par les structures de santé, dans un contexte budgétaire déjà contraint.

Lire aussi : Loi de finances 2026 : le texte publié au Bulletin officiel 

Réduction des coûts et amélioration de l’offre de soins

La suppression de la TVA devrait générer un allègement financier notable, en particulier pour les produits à forte valeur ajoutée. Certains dérivés plasmatiques, indispensables dans le traitement de pathologies lourdes comme l’hémophilie ou les déficits immunitaires, atteignent des montants élevés par dose.

En libérant des marges budgétaires, la mesure pourrait permettre aux établissements de santé d’améliorer leur approvisionnement, de sécuriser leurs stocks et, à terme, de limiter les tensions récurrentes sur certains produits vitaux. L’impact potentiel concerne donc autant la gestion hospitalière que la continuité des soins.

D’ailleurs, le contexte national rend cette réforme d’autant plus stratégique. En 2023, le Maroc a enregistré un peu plus de 382.000 dons de sang, en progression par rapport à l’année précédente, mais toujours en dessous des standards recommandés par l’OMS. Le taux de donneurs reste inférieur au seuil de 1% de la population, tandis que les besoins quotidiens avoisinent les 1.000 dons.

Les stocks disponibles couvrent rarement plus d’une semaine de consommation, exposant le système à des risques de rupture. Dans ce cadre, toute initiative visant à renforcer les capacités logistiques, financières et organisationnelles de la filière est perçue comme un levier d’amélioration.

Une réforme en phase avec les priorités de l’AMSD

L’exonération de la TVA s’inscrit dans une dynamique plus large portée par l’Agence marocaine du sang et de ses dérivés (AMSD). Lors de son conseil d’administration tenu en décembre 2025, l’Agence a rappelé ses priorités stratégiques : souveraineté sanitaire, réduction des inégalités territoriales, modernisation des équipements, renforcement des compétences et digitalisation des processus.

La réforme fiscale vient soutenir ces orientations en facilitant les investissements et en améliorant la fluidité des circuits d’approvisionnement, sans remettre en cause les exigences de sécurité sanitaire.

Par ailleurs, et contrairement à certaines exonérations qui pénalisent les opérateurs en supprimant le droit à déduction, le dispositif retenu permet de préserver l’équilibre économique des structures concernées. Les économies générées ne sont donc pas purement théoriques, mais bien effectives et pérennes.

Cette approche renforce l’attractivité du dispositif et augmente les chances que les gains fiscaux soient réinjectés dans l’amélioration des services, des infrastructures et de la qualité des soins.

Lire aussi : Fiscalité 2026 : quel impact sur l’économie et les ménages ?

Importations : dépendance persistante et données limitées

Malgré les efforts nationaux, le Maroc reste dépendant de l’importation pour plusieurs dérivés sanguins spécialisés, non produits localement. Les statistiques précises font toutefois défaut, ces produits étant intégrés à des catégories larges de produits médicaux ou biologiques.

À titre indicatif, les importations marocaines de produits médicaux en provenance de l’Union européenne ont dépassé 559 millions d’euros en 2024, un volume qui inclut vraisemblablement une part significative de produits dérivés du sang.

Il faut savoir que l’exonération de TVA ne modifie en rien les règles strictes encadrant l’importation du sang et de ses dérivés. Toute opération reste soumise à une autorisation préalable des autorités sanitaires, sous la supervision de l’AMSD, ainsi qu’à des contrôles rigoureux garantissant la sécurité, la traçabilité et la conformité des produits.

Enfin, les procédures douanières classiques demeurent également en vigueur, assurant un équilibre entre ouverture fiscale et exigence réglementaire.

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