L’année 2026 commence sous de mauvais auspices. En quelques jours à peine, l’actualité internationale a donné le sentiment d’un monde qui bascule un cran plus loin dans la confrontation, où la force prime sur la diplomatie, et où les crises s’alimentent mutuellement. De la capture du président vénézuélien aux manifestations en Iran, en passant par l’éclatement du front saoudo-émirati au Yémen, les premiers jours de l’année dessinent un paysage global assombri.
L’opération américaine contre le président du Venezuela marque un tournant. Elle est l’aboutissement de deux décennies de tensions entre Washington et Caracas, entamées avec les premières sanctions de 2006 et aggravées au fil des années par l’embargo pétrolier, l’isolement diplomatique et la criminalisation personnelle du dictateur accusé de mener des opérations de narcotrafic et de terrorisme entre autres.
Jusqu’ici, les États-Unis avaient privilégié l’asphyxie économique et la pression politique. En ce début de 2026, ils franchissent un seuil : frappes militaires, blocus naval de facto, bombardements à Caracas et exfiltration du chef de l’État. Cette escalade spectaculaire ouvre une brèche dans l’ordre international, en normalisant l’intervention directe contre un régime honni. Les États-Unis sont désormais « aux commandes » au Venezuela, selon le président américain qui n’a pas hésité à évoquer d’autres pays qui pourraient subir le même sort, Cuba en tête.
Au même moment, l’Iran s’embrase à nouveau. Partie des bazars de Téhéran, la contestation s’est étendue à des universités et à une vingtaine de villes, sur fond d’hyperinflation et d’effondrement du pouvoir d’achat. Très vite, les slogans dépassent les revendications économiques. “Femme, Vie, Liberté” ressurgit, rappelant que les traumatismes de 2022 restent à vif.
Le régime iranien aborde 2026 affaibli : sanctions persistantes, revers régionaux, isolement diplomatique et frappes récentes sur ses installations nucléaires. Les déclarations du président américain, se disant prêt à intervenir en cas de répression, s’ajoutent à un climat déjà explosif, nourrissant à la fois l’espoir chez certains manifestants et la rhétorique sécuritaire du pouvoir.
Au Yémen enfin, l’illusion d’un front arabe uni vole en éclats. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, alliés depuis 2015 contre les rebelles houthis, s’affrontent désormais indirectement. Les frappes saoudiennes contre des forces séparatistes soutenues par Abou Dhabi et la reprise de provinces stratégiques du sud illustrent une rivalité désormais assumée. Cette fracture régionale aggrave encore le chaos d’un pays déjà ravagé par la guerre et l’une des pires crises humanitaires au monde.
Ces trois crises ne sont pas isolées. Elles disent quelque chose d’un système international en tension, où les sanctions prolongées épuisent les sociétés, où les alliances se fissurent, et où la force redevient un outil politique assumé. En ce début de 2026, le constat est sombre : la conflictualité s’intensifie, les garde-fous diplomatiques s’effritent, et l’espoir d’un apaisement durable paraît plus lointain que jamais.
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