Funérailles du chef militaire du Hezbollah, Tabatabai
Funérailles dans la banlieue sud de Beyrouth, ce lundi 24 novembre, du haut dirigeant militaire du Hezbollah, Haytham Ali Tabtabai, tué par une frappe aérienne israélienne dimanche © Mohamed Azakir
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Le Hezbollah organise, ce lundi, les funérailles de son chef militaire Haitham Tabatabai, tué la veille dans un bombardement israélien visant la banlieue sud de Beyrouth. L’élimination de ce haut responsable, jusque-là peu connu du grand public libanais, accentue la pression exercée sur le gouvernement pour désarmer le mouvement chiite, en pleine tourmente depuis la fin de la guerre contre Israël il y a un an.
La formation pro-iranienne a appelé massivement ses partisans à assister aux obsèques de celui qu’elle présente comme un « grand leader », aux côtés d’autres combattants tués dans la frappe. La cérémonie se déroulera dans la banlieue sud, bastion et fief symbolique du mouvement, au cœur d’une zone fortement urbanisée.
Une élimination qui fragilise davantage le mouvement
Haitham Ali Tabatabai est le plus haut responsable du Hezbollah tué depuis la fin du conflit meurtrier de l’année dernière. Son assassinat intervient alors qu’Israël multiplie les frappes au Liban malgré le cessez-le-feu, affirmant cibler des cadres et infrastructures utilisés pour la reconstitution des capacités militaires du Hezbollah. Des accusations catégoriquement rejetées par le mouvement.
À Tel-Aviv, le premier ministre Benjamin Netanyahu a prévenu qu’Israël « ne permettra pas au Hezbollah de reconstruire son pouvoir », appelant le gouvernement libanais à « respecter son engagement à désarmer le Hezbollah ». Une exigence également portée par Washington, qui presse Beyrouth d’imposer aux combattants chiites la reddition de leurs armes et de couper les financements iraniens.
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Pourtant, les marges de manœuvre du groupe paraissent de plus en plus étroites : très affaibli par la guerre, amputé de sa principale route d’approvisionnement après la chute du régime syrien de Bachar al-Assad en décembre, le Hezbollah est confronté à un dilemme stratégique. « Deux tendances existent aujourd’hui dans le groupe », confie à l’AFP une source interne. « Ceux qui veulent répondre à l’assassinat et ceux qui préfèrent s’abstenir. Pour l’instant, la direction privilégie la voie diplomatique ».
L’analyste Nicholas Blanford (Atlantic Council) estime que la mort de Tabatabai constitue « le coup le plus dur porté au Hezbollah depuis novembre 2024 », rappelant que cette opération prouve la capacité d’Israël à localiser et cibler les dirigeants du mouvement malgré ses dispositifs de protection. Selon lui, une riposte entraînerait « une réaction israélienne d’une extrême dureté », un scénario que la population libanaise, épuisée par les crises successives, ne tolérerait pas.
Une exigence de désarmement devenue explosive
En vertu de l’accord de cessez-le-feu, l’armée libanaise est tenue de démanteler la présence militaire du Hezbollah dans la zone située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à environ 30 kilomètres au nord. Elle a récemment présenté au gouvernement un plan s’engageant à accomplir cette mission d’ici à la fin de l’année, avant d’étendre le processus au reste du territoire. Mais le Hezbollah y est fermement opposé.
Si l’armée affirme que la mise en œuvre est en cours, Washington et Tel-Aviv reprochent à Beyrouth de retarder l’échéance. « Les exigences américaines et israéliennes pour un désarmement complet d’ici à la fin de l’année sont impossibles à réaliser », confiait à l’AFP un responsable militaire, évoquant des effectifs insuffisants, un manque d’équipement et le risque élevé d’affrontements avec des communautés locales acquises au Hezbollah.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, plus de 330 personnes ont été tuées et 945 blessées au Liban, selon le ministère de la Santé, reflet d’une situation sécuritaire toujours fragile. L’assassinat de Tabatabai, survenu dans ce contexte inflammable, pourrait encore resserrer l’étau diplomatique autour de Beyrouth et placer le Hezbollah face à un choix décisif entre survie politique et confrontation armée.
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