À croire qu’à la veille de la CAN, les Marocains ont décidé, main dans la main, d’exposer aux yeux du monde toutes nos tares cachées.
L’expression du linge sale qui se lave en famille croupit 6 pieds sous terre. Le principe par lequel, nous, Marocains, sommes régis, à savoir la honte, laisse place aux délires sociaux les plus insoutenables. À force de nous apprendre à baisser les yeux et à vivre cachés, le citoyen développe un instinct de survie et un amour pour l’interdit.
Cette semaine, un autre scandale vient secouer le Maroc. Une affaire d’inceste a mis le feu aux réseaux sociaux. 6 enfants dont 4 seraient nés de cette relation incestueuse entre un père et sa fille à Aïn Aouda.
Nous n’avons même pas eu le temps de reprendre notre souffle suite à l’affaire de l’enfant violé lors d’un Moussem. L’indignation est là, mais elle ne durera que jusqu’au prochain scandale. Car la liste s’allonge, semaine après semaine.
Aïn Chkef, près de Fès. Un mineur agressé sexuellement à plusieurs reprises. L’affaire Rita, le meurtre de l’enseignante Hajar… et on en passe.
On s’indigne, on partage, on commente. Puis, on passe à autre chose.
Pendant que ces drames s’accumulent, d’autres secousses agitent la scène publique. Le massacre présumé de millions de chiens errants, dénoncé par des associations, continue de ternir l’image du Maroc à l’international, en pleine préparation pour la Coupe du Monde 2030.
Le ministère de l’Intérieur, lui, a dû ouvrir une enquête nationale sur la corruption foncière. Des terrains communaux détournés au profit de promoteurs puissants.
L’affaire ne fait que commencer.
En parallèle, plusieurs scandales financiers éclatent comme les subventions ovines détournées, les exonérations douanières suspectes, les contrats scolaires surfacturés, la cybercriminalité impliquant des élus. Sans oublier la hausse du nombre de parlementaires visés par des affaires de corruption.
Sexe, argent, pouvoir. Les ingrédients sont toujours les mêmes.
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