Efficacité du contrôle parlementaire : quel impact ?
Symposium du 60e anniversaire du de la constitution du premier parlement marocain élu, le mercredi 17 janvier 2023. © DR
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Le contrôle parlementaire est l’un des piliers fondamentaux de toute démocratie représentative. Il permet aux élus d’assurer un suivi rigoureux de l’action du gouvernement et de veiller à ce que les politiques publiques mises en œuvre respectent les intérêts des citoyens. Au Maroc, cette mission s’exerce principalement à travers les questions parlementaires, un outil clé qui permet aux députés d’interpeller le gouvernement sur des sujets variés. Cependant, l’efficacité de ce contrôle dépend non seulement du volume des questions posées mais aussi de la réactivité et de la qualité des réponses apportées par l’exécutif.
Le dernier rapport publié par le centre de recherche Tafra met en lumière plusieurs tendances importantes sur l’activité parlementaire au Maroc lors de la sixième session de la législature en cours. Si l’engagement des députés est manifeste, avec plus de 2.932 questions posées au cours de cette session, le faible taux de réponse du gouvernement (seulement 34%) soulève des interrogations sur l’impact réel du contrôle parlementaire.
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Selon le document, l’opposition joue un rôle prépondérant dans l’exercice du contrôle parlementaire. En effet, sur les 2.932 questions posées au cours de cette session, 65% proviennent des députés de l’opposition, contre seulement 35% pour ceux de la majorité. Cette tendance n’est pas surprenante. Traditionnellement, les députés de l’opposition sont plus enclins à interroger l’exécutif afin de mettre en lumière d’éventuelles lacunes dans la gestion des affaires publiques.
Cette dynamique se retrouve également dans le taux de réponse du gouvernement. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les questions des députés de l’opposition ont reçu légèrement plus de réponses (36%) que celles des députés de la majorité (31%). Cela peut s’expliquer par la volonté du gouvernement d’apaiser certaines critiques ou de donner l’impression d’une coopération avec l’opposition. Cependant, avec un taux de réponse global de seulement 34%, la portée de ces questions reste limitée.
Des ministères inégalement sollicités et réactifs
Toutes les questions ne sont pas adressées aux mêmes ministères, et tous les ministères ne répondent pas avec la même assiduité. Le rapport de Tafra montre que cinq ministères concentrent la majorité des questions posées par les députés.
Le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports a reçu 344 questions, suivi par le ministère de l’Intérieur avec 339 questions. Le ministère de la Santé et de la Protection sociale en a recueilli 323, tandis que celui de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts en compte 265. Enfin, le ministère de l’Équipement et de l’Eau a été interrogé 159 fois.
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Cependant, la réactivité du gouvernement à ces interpellations varie considérablement. Par exemple, le ministère des Habous et des Affaires islamiques se distingue par son taux de réponse élevé (65%), alors que d’autres ministères comme celui du Tourisme et de l’Artisanat affichent un taux de réponse bien plus faible (5%). Cette disparité interroge sur la transparence et la volonté du gouvernement d’être redevable face aux représentants du peuple.
Les délais de réponse : un frein au contrôle parlementaire
En plus du faible taux de réponse, le délai moyen pour obtenir une réponse à une question parlementaire est une autre problématique majeure. Selon le règlement intérieur de la Chambre des représentants, le gouvernement dispose d’un délai de 20 jours pour répondre aux questions écrites. Or, ce délai est rarement respecté.
Le rapport révèle que, pour les ministères les plus sollicités, le délai moyen de réponse varie entre 44 et 91 jours. Le ministère de l’Éducation nationale met en moyenne 44 jours pour répondre aux questions parlementaires, malgré le grand nombre d’interpellations dont il fait l’objet. Quant au ministère de l’Intérieur, il affiche un délai plus long, avec 75 jours en moyenne, ce qui peut être problématique étant donné que ce ministère est en charge de questions cruciales comme la sécurité et la gouvernance locale. Pour ce qui est de la meilleure élève en termes de réponse, le ministère des Habous et des Affaires islamiques met en moyenne 91 jours pour apporter ses réponses.
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Ces délais excessifs réduisent considérablement l’efficacité du contrôle parlementaire. Dans certains cas, la réponse du gouvernement arrive après que l’enjeu soulevé a perdu de son actualité, limitant ainsi l’impact des questions posées.
Vers une amélioration du contrôle parlementaire ?
Pour renforcer l’efficacité du contrôle parlementaire, le document recommande plusieurs pistes Premièrement, un cadre réglementaire plus strict pourrait être instauré, avec des mécanismes contraignants pour obliger le gouvernement à respecter les délais de réponse. Des sanctions symboliques pourraient inciter les ministères à répondre plus rapidement. Deuxièmement, une meilleure visibilité des questions parlementaires est nécessaire.
Actuellement, seules les questions orales sont largement médiatisées. La publication systématique et accessible des questions écrites et des réponses permettrait aux citoyens de suivre le travail des élus et d’exercer une pression accrue sur le gouvernement. Troisièmement, un suivi rigoureux des engagements gouvernementaux est essentiel. Il faudrait mesurer le taux de mise en œuvre des promesses faites en réponse aux interpellations parlementaires. Enfin, un engagement accru des députés, y compris ceux de la majorité, est crucial. Ils ne doivent pas se limiter à soutenir le gouvernement, mais participer activement au contrôle de l’exécutif, renforçant ainsi la démocratie et la transparence.
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