Automobile : bilan 2024 et défis pour 2025
Conférence annuelle de l’AIVAM. DR Lebrief.ma
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Chaque année, la conférence de l’AIVAM est un rendez-vous incontournable pour les acteurs du marché automobile marocain. Ce moment de réflexion et d’échange permet de dresser un bilan précis de l’année écoulée, tout en ouvrant une fenêtre sur les opportunités et les défis de l’année à venir.
L’édition 2024 n’a pas fait exception, révélant des données contrastées : un marché qui, bien que marqué par une certaine reprise, continue de subir les répercussions de crises passées et les évolutions des attentes des consommateurs.
Des chiffres qui témoignent d’une année record
L’année 2024 s’est conclue avec 175.000 véhicules neufs vendus, soit une hausse de 15% par rapport à 2023. Cette progression confirme la reprise amorcée après la pandémie et témoigne d’un regain de confiance des consommateurs. Parmi ces ventes, les SUV continuent de dominer le marché, représentant 45% des achats, suivis par les citadines avec 30%. Les véhicules utilitaires légers (VUL), quant à eux, affichent une part de marché stable de 20%.
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En parallèle, le marché des véhicules électriques et hybrides a connu une croissance spectaculaire, atteignant 12.000 unités vendues en 2024, soit une augmentation de 60% par rapport à l’année précédente. Cela s’explique par les incitations fiscales mises en place et par l’élargissement de l’offre des constructeurs. Toyota reste leader dans ce segment avec une part de marché de 30%, suivi par Tesla et Hyundai.
Un réseau de distribution en pleine expansion
Pour soutenir cette croissance, les concessionnaires automobiles ont intensifié leurs efforts pour étendre leurs réseaux. En 2024, 25 nouvelles concessions ont vu le jour, portant le total à 415 points de vente à travers le Royaume. Cette expansion vise à améliorer l’accès des consommateurs, notamment dans les villes secondaires comme Agadir, Fès et Oujda, où la demande a progressé de 20% cette année.
Défis environnementaux : le pari de l’électrification
L’électrification du parc automobile reste un enjeu majeur. Selon les données de l’AIVAM, le Maroc compte aujourd’hui 10.000 bornes de recharge publiques, un chiffre encore insuffisant pour répondre à l’augmentation des véhicules électriques en circulation, estimés à 45.000 unités fin 2024. Pour 2025, l’objectif est d’atteindre 20.000 bornes, grâce à des partenariats public-privé et à des investissements étrangers, notamment européens.
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De plus, le gouvernement envisage de renforcer les incitations fiscales pour encourager l’achat de véhicules électriques et hybrides. Parmi les mesures phares prévues pour 2025, une baisse de 30% des taxes à l’importation pour ces véhicules est en discussion.
Les défis du financement automobile
Parmi les principaux freins à une reprise plus solide, les difficultés liées au financement automobile ont été largement évoquées. La hausse des taux d’intérêt pratiqués par les banques marocaines rend l’accès au crédit plus coûteux pour les ménages, ralentissant ainsi le rythme des acquisitions.
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À ce titre, plusieurs intervenants ont souligné la nécessité d’une collaboration entre les acteurs financiers et le secteur automobile pour proposer des offres de financement plus attractives en 2025.
Perspectives 2025 : entre optimisme et incertitudes
Malgré ces performances, des défis subsistent pour 2025. Les experts de l’AIVAM estiment que les ventes pourraient atteindre 180.000 unités, mais cette progression dépendra de plusieurs facteurs. Le premier est la disponibilité des semi-conducteurs, un problème mondial qui a déjà ralenti la production de plusieurs constructeurs en 2024.
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Ensuite, la montée des prix des véhicules neufs, due à l’inflation et à la dévaluation de certaines devises, pourrait freiner la demande. En 2024, le prix moyen d’un véhicule neuf a augmenté de 7%, atteignant 240.000 dirhams. Les consommateurs se tournent donc de plus en plus vers les véhicules d’occasion, un marché qui a progressé de 20% cette année.
Le Maroc dans la stratégie mondiale des constructeurs
Enfin, le Maroc continue de jouer un rôle stratégique pour les constructeurs internationaux, non seulement comme marché de consommation mais aussi comme hub de production. En 2024, les exportations de véhicules «Made in Morocco» ont atteint 600.000 unités, générant un chiffre d’affaires de 100 milliards de dirhams. Avec l’arrivée prochaine de nouveaux investissements, notamment de la part de BYD et Renault, ce chiffre pourrait encore croître en 2025.
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En conclusion, l’année 2024 a été marquée par des performances exceptionnelles et des avancées notables dans le domaine de l’électrification. Cependant, 2025 s’annonce comme une année décisive, où le secteur devra jongler entre croissance, transition écologique et défis économiques mondiaux. Le Maroc, grâce à son positionnement stratégique, semble bien placé pour relever ces défis et continuer de s’imposer comme un acteur incontournable dans le secteur automobile.
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