Sebta et Melilia : retour sur les propos d’El Otmani

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«Le temps viendra pour l’affaire de Sebta et Melilla, des territoires marocains comme le Sahara, etqui devrait tôt ou tard être remise sur la table», avait répondu Saad Dine El Otmani le 19 décembre lors d’une interview accordée àla chaine Al Sharq. Les propos du Chef du gouvernement ne sont pas passés inaperçus du côté del’Espagne. En effet, la Secrétaire d’État aux Affaires étrangères Cristina Gallach a convoqué, le 21 décembre 2020, l’ambassadrice du Maroc en Espagne, Karima Benyaich, pour exiger des éclaircissements quant aux propos d’El Otmani. Lors de sa réunion avec Gallach, Benyaich a souligné que la position du Maroc concernant les deux présides est inchangée et que le Royaume les considère comme des territoires occupés. Elle a cependant assuré que la déclarationdu Chef de l’exécutifne signifie pas que le Maroc cherche àremettre ce dossier au centre de ses relations bilatérales avec le voisinibérique. L’affirmation de l’ambassadrice a ainsi calmé les inquiétudes des officiels espagnols. D’ailleurs, Fernando Grande-Marlaska, le ministre espagnol de l’Intérieur, a affirmé que les relations maroco-espagnoles n’ont pas été affectées par les proposd’El Otmani. Il a même qualifié d’«extraordinaires» les liens qui lient les deux nations, lors d’une interview avec la station de radio espagnole Cadena Ser, prouvant que les deux parties ont réussi à désamorcer les récentes tensions.
Analyse despropos d’El Otmani et des réactions qu’ils ont suscitées
Contacté par Lebrief.ma au sujet de la polémique suscitée parles propos d’El Otmani, Abdelhamid Benkhattab, président de l’association marocaine des sciences politiques, nous a expliqué que lesdites déclarations «ne doivent être considérées comme un dérapage que dans le cadre constitutionnel stricto sensu, dans la mesure où le domaine des grandes orientations de la politique étrangère marocaine relève exclusivement du domaine réservé du Roi». Sur le plan constitutionnel, les commentaires du Chef du gouvernement «peuvent être considérés comme un empiètement sur un domaine réservé au Roi par les conventions constitutionnelles, c’est-à-dire par une pratique constitutionnelleininterrompue et incontestée depuis 1962», souligne l’expert. Toutefois, ce dernier estime que «sur le plan politique,on peut considérer ces déclarations, aussi pertinentes ou fracassantes soient-elles, comme émanant d’un responsable politique qui s’est exprimé librement sur une question de politique étrangère nationale qui reflète sa propre position ainsi que celle de son parti, avant de représenter l’ensemble de la collectivité nationale».
S’agissant de la réaction du gouvernement espagnol, notre interlocuteur juge qu’elle était «démesurée» et «qu’elle reflète indéniablement son désarroi et sa perte de repère à la suite de la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara». Selon Abdelhamid Benkhattab «la position du gouvernement marocain au sujet de la marocanité des enclaves de Sebta et Melilia reste inchangée et ne remet aucunement en cause la souverainetédu Royaume d’Espagne ou des relations historiques entre les deux États». Et de noter que si aujourd’hui la question des deux présides occupés ne figure pas sur la table des négociations c’est parce que le Maroc «accorde une priorité absolue à la question du Sahara». «De là, il faut conclure que la question de Sebta et Melilia entache et entachera toujours les relations bilatérales entre les deux pays, tant que l’Espagne restera sourde aux revendications marocaines», indique-t-il.
Enfin, notant queAbderrahim Manar Slimi, président du Centre atlantique des études stratégiques et analyste politique, a pour sa part vigoureusement défendu les déclarations d’El Otmani. Il a appelé les Marocains dans une publication sur son compte Facebook à soutenir et à féliciter le Chef de l’exécutif pour ses commentaires véridiques. Et à l’analyste politiquede lancer que«l’Espagne a franchi les lignes rouges depuis que les États-Unis d’Amérique ont annoncé leur reconnaissance de la marocanité du Sahara, et qu’il fallait rappeler à son gouvernement qu’il “occupe” effectivement Sebta et Melilia».
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