Révision de l’ALE Maroc-Turquie : des droits de douane ajoutés

image defaut author user

Temps de lecture :

Reprise

A
A
A
A
A

Le Conseil de gouvernement a approuvé, ce jeudi 8 octobre, l’amendement de l’accord de libre-échange (ALE) entre le Maroc et la Turquie. Des changements seront apportés à ce texte, notamment avec l’instauration des droits de douane à hauteur de 90% sur les produits industriels turcs pendant une période de 5 ans.

C’est un pas important fait par le Maroc dans sa relation commerciale avec la Turquie. Se sentant lésé par les modalités de l’accord de libre-échange (ALE), signé par les deux pays en 2004 et entré en vigueur en 2006, le Royaume a décidé d’intervenir. Après de multiples rencontresentreles responsables des deux pays, l’accord de libre-échange a été révisé et signé le 24 août dernier à Rabat, avant d’être approuvé ce jeudi 8 octobre 2020 par leConseil de gouvernement.

Droits de douane et liste négative

L’amendement de cet accord vise à imposer des droits de douane, pour une période de cinq ans, sur les produits industriels d’origine turque. Ces droits de douane peuvent atteindre jusqu’à 90 % de la valeur des produits provenant du « pays le plus favorisé », rapporte TelQuel.

À titre d’exemple, si le taux appliqué d’un produit donné est de 40%, le droit d’importation qui sera appliqué à ce produit provenant de la Turquie sera de 36%, souligne Médias24. La même source affirme que le Maroc a réussi à intégrer dans l’accord de libre-échange une liste négative de produits qui seront exclus de l’ALE. Cette liste comporte plus de 1200 produits relevant de 630 positions tarifaires appartenant à plusieurs secteurs. Il s’agit principalement du textile et habillement, du cuir, de l’automobile, de la métallurgie, du bois et de l’électricité. Le nouvel accord est valable pour une durée de 5 ans, à partir de la date de sa ratification et renouvelable pour une durée de 5 ans.

Équilibrer les échanges commerciaux

D’un autre côté, le Maroc s’engage à n’appliquer aucun autre droit d’effet similaire aux droits de douane sur les importations d’origine turque, rapporte l’Économiste dans son édition du vendredi 9 octobre 2020.

Pour rappel, le déficit commercial du Maroc avec la Turquie s’est multiplié par 4 depuis l’entrée en vigueur de l’ALE liant les deux pays, atteignant ainsi 19,5 milliards de dirhamsen 2019. Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Économie numérique, avait souligné en janvier 2020 que l’économie marocaine perd chaque année deux milliards de dollars à cause de cet accord. Il avait également déclaré que le Royaume ne peut pas se permettre d’avoir un déficit annuel aussi flagrant et qu’une solution doit être trouvée d’urgence, sinon il serait contraint à «déchirer le contrat de coopération maroco-turque». Ce ne sera finalement pas le cas.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Prix carburants : l’essence grimpe de 50 centimes dès le 16 mai

Consommation - Prix carburants : l’essence augmente de quelques centimes dès le 16 mai, tandis que le gasoil reste stable.

Rédaction LeBrief - 15 mai 2026
Pêche côtière : 3,85 MMDH à fin avril 2026

Économie - La pêche côtière et artisanale affiche une hausse de sa valeur à fin avril 2026, dépassant 3,85 milliards de dirhams, malgré un recul des volumes débarqués.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Peut-on domestiquer un arbre aussi complexe que l’arganier ?

Économie - Sélection de variétés, clonage, data… la recherche transforme l’arganier. Porté par l’INRA et ses partenaires, le Maroc construit une arganiculture moderne, entre performance agricole, innovation technologique et enjeux climatiques.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Céramique : un accord pour structurer la filière marocaine

Économie - Un partenariat inédit vise à renforcer la compétitivité de la céramique marocaine, en misant sur l’innovation, la qualité et la structuration du secteur, avec l’ambition de consolider le « Made in Morocco » sur les marchés nationaux et internationaux.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Céréales : lancement du dispositif de commercialisation 2026 à Casablanca

Économie - À Casablanca, les autorités lancent le dispositif de commercialisation des céréales pour la campagne 2026. Prix de référence, primes de stockage et mesures logistiques visent à soutenir les producteurs et renforcer les stocks nationaux.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Le pétrole en hausse de 2% sur fond de tensions géopolitiques

Économie - Les prix du pétrole ont progressé d’environ 2% vendredi, portés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 15 mai 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire