Covid-19 : 1 million de personnes supplémentaires vulnérables à la pauvreté

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Sous l’effet de la pandémie et de la sécheresse, l’économie marocaine devrait connaître une récession, la première depuis plus de deux décennies. Selon les prévisions annuelles du HCP, le PIB connaîtrait une contraction de 5,8% qui serait accompagnée par un creusement du déficit budgétaire à 7,4% du PIB. Le déficit courant devrait également s’aggraver, pour atteindre 6,9% du PIB.
Un impact marqué pour les plus précaires
Le choc économique pourrait donc accentuer la vulnérabilité de certaines franges de la population. Au cours des vingt dernières années, le Maroc a réussi une réduction significative de la pauvreté monétaire, passée de 15,3% en 2001 à 4,8% en 2014 selon le HCP. Les nouvelles estimations de la Banque mondiale, basées sur le revenu par habitant, indiquent que l’incidence de la pauvreté pourrait atteindre 6,6% en 2020. Par ailleurs, en raison de la crise économique et sociale déclenchée par le Covid-19, la proportion de personnes « vulnérables à la pauvreté »et/ou « pauvres »pourrait passer de 17,1% de la population en 2019 à environ 19,87% en 2020, soit 1,058 million de personnes additionnelles.
L’impact socio-économique de la crise sera sans doute ressenti en premier lieu et durement par les travailleurs du secteur informel qui représentent une grande majorité des Marocains actifs et populations étrangères (migrants, réfugiés), et qui sont généralement employés dans des secteurs particulièrement vulnérables à la crise, comme le secteur du tourisme ou des transports, la vente au détail, mais également ceux dont le travail ne peut pas se faire à distance. Le taux de chômage dépasserait alors 14%.
La Banque mondiale, le HCP et le Système des Nations Unies au Maroc ont développé conjointement une «Note Stratégique» pour approfondir la compréhension de l’impact socio-économique de la pandémie du COVID-19 au Maroc. Les trois ont formulé des recommandations. Celles-ci plaident pour une plus grande attention au suivi de la pauvreté multidimensionnelle, à l’innovation dans la collecte et l’analyse des données contextualisées, à l’investissement dans la continuité des services publics d’éducation et de santé durant et après la crise, ainsi qu’au renforcement de la régionalisation et la valorisation du rôle de la société civile.
Pour le Maroc, et plus particulièrement pour l'OCP, cette dernière avancée illustre la place prise par le groupe dans les grands équilibres agricoles mondiaux.
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