Les déboires des journalistes marocains avec la justice du pays

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Ces journalistes marocains aux prises avec la justice

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Catégorie Société , Gros plan

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Outrage à magistrat, espionnage, agressions sexuelles, incitation à la participation à des manifestations interdites, menace à la sécurité nationale ou encore traite d’humains, telles sont les charges retenues contre plusieurs journalistes marocains. Ces derniers sont actuellement poursuivis en justice en état d’arrestation, en détention ou viennent tout juste de purger leurs peines de prison. Retour sur ces acteurs de la presse nationale et sur leurs déboires judiciaires.

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Journaliste peut-être un métier à haut risque. Dans le monde entier, la ligne à ne pas franchir entre « information » et « prise de position inadéquate » peut s’avérer difficile à cerner à la fois pour les reporters et pour les autorités. Au Maroc, les affaires de certains ont fait couler beaucoup d’encre et occupé la Une des journaux nationaux et internationaux. Il s’agit notamment ces derniers temps de Omar Radi, de Soulaimane Raissouni et de Hamid El Mahdaoui. Retour sur les dossiers épineux de ces trois journalistes.



 



Une affaire d’espionnage



Convoqué ce lundi 20 juillet pour la septième fois par le Bureau national de la police judiciaire (BNPJ), le journaliste et militant Omar Radi a dû se présenter devant les autorités pour son implication présumée dans une affaire d’obtention de fonds de l’étranger en lien avec les agences de renseignement étrangères. Selon H24Info, M. Radi a par la suite dénoncé sur son compte Facebook qu’il a été interrogé sur un autre dossier sans rapport avec l’objet de l’enquête du parquet, celui des manifestations du Hirak du Rif. Concernant les accusations d’espionnage portées contre lui, il les a toutes rejetées fortement martelant : «S’il y a des preuves qui me condamnent, je dois être arrêté au lieu d’être convoqué à chaque fois». Le journaliste a à son tour pointé du doigt l’État l’accusant de l’utiliser «afin de se venger d’Amnesty International, de manière immorale». Le média rappelle qu’en effet l’organisation non gouvernementale a publié le 22 juin dernier un rapport accusant le gouvernement marocain d’avoir installé un logiciel israélien d’espionnage sur le téléphone de Omar Radi.



Notons en plus que ce dernier a été interpellé et placé en garde à vue, le dimanche 5 juillet, avec son confrère Imad Stitou après à une altercation avec un caméraman du site d’information Chouf TV à la sortie d’un bar du centre-ville de Casablanca. Les deux journalistes ont été libérés le lendemain. Omar Radi a également été condamné en mars 2020 à quatre mois de prison avec sursis et à une amende de 500 dirhams pour «outrage à magistrat». Il avait été poursuivi dans le cadre de cette affaire pour avoir critiqué sur Twiter le verdict d’un juge qui a condamné des militants du Hirak du Rif à des peines allant jusqu’à 20 ans de prison ferme.



 



Hamid El Mahdaoui libre après 3 ans de prison



Dans la matinée du lundi 20 juillet, le journaliste marocain Hamid El Mahdaoui a été libéré après avoir purgé une peine de trois ans de prison. Il est apparu sur de nombreuses photos en ligne, illustrant ses retrouvailles avec sa femme et ses deux enfants. D’après Hespress Fr, détenu environ une année avant sa sentence finale, le journaliste a fini par être condamné le 28 juin 2018 par la Cour d’appel de Casablanca à trois ans de prison pour «incitation à participer à une manifestation interdite» et «atteinte à la sécurité nationale».



L’ancien rédacteur en chef du site web «Badil Info» a été reconnu coupable «d’avoir omis de signaler à la police nationale une tentative d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État», rapporte la même source. Les services de sécurité ont arrêté Hamid El Mahdaoui le 20 juillet 2017, après qu’il ait prononcé un discours place Mohammed VI à Al Hoceima, encourageant les militants à se joindre à des protestations jugées non autorisées. Ces dernières ont été organisées par le mouvement social du Hirak du Rif, qui a vu le jour en octobre 2016 après la mort de Mouhcine Fikri, un poissonnier local. Plusieurs figures de ce mouvement sont actuellement en prisons, notamment Nasser Zefzafi, Nabil Ahamjik et Ouassim Boustati, qui ont tous été condamnés à 20 ans de prison.



 



Raissouni reste derrière les barreaux



Le tribunal de Casablanca a ordonné ce lundi 20 juillet que Soulaimane Raissouni, rédacteur en chef du quotidien indépendant Akhbar Al-Yaoum, reste en détention pour «attentat à la pudeur» sur un autre homme, rapporte Le Figaro. Le journaliste de 48 ans, détenu depuis fin mai, a été placé en détention provisoire lors d’une première audience, et doit de nouveau se présenter devant le juge le 9 septembre, a précisé son avocat, Me Mohamed Messouadi. Et d’ajouter que son client fait l’objet d’une enquête pour «attentat à la pudeur avec violence et séquestration».



L’avocat a déclaré que Raissouni a réitéré son innocence devant le tribunal et qu’une pétition a été déposée pour sa libération. Cette pétition, soutenue par des militants des droits de l’Homme, a également été signée par trois ex-ministres. Les 130 signataires affirment que le journaliste est victime d’une campagne de diffamation visant les acteurs de la presse et les activistes des droits de l’Homme qui critiquent les autorités marocaines. Cependant, le plaignant, qui doit se présenter à la prochaine audience, a lancé sur sa page Facebook : «L’accusé ne peut pas être au-dessus de la loi juste parce qu’il est journaliste».



Pour rappel, la journaliste Hajar Raissouni, nièce de Soulaimane Raissouni, a été condamnée en septembre 2019 à un an de prison pour «avortement illégal» et relations sexuelles hors mariage, mais a été libérée un mois plus tard, après une grâce royale. L’éditeur d’Akhbar Al-Yaoum, Taoufik Bouachrine, a été pour sa part condamné en 2019 à 15 ans de prison pour viol, traite d’êtres humains et agression sexuelle. Il a nié les accusations les qualifiant d’allégations «fabriquées» et motivées par des manipulations politiques.



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