Moody’s dégrade la perspective du secteur bancaire

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Comme un peu partout en Europe, l’agence de notation financière vient d’abaisser de stable à négative la perspective du secteur bancaire en raison de la pandémie coronavirus et de la sécheresse.
Plus de risques, moins de marges
Les banques sont très sollicitées dans cette crise dans la mesure où elles sont appelées à accompagner leurs clients, les entreprises, les ménages et les professionnels à traverser cette conjoncture. Au dernier pointage, 132000 entreprises ont déclaré auprès de la CNSS être affectées par la pandémie et ont mis à l’arrêt 800000 salariés. Par ailleurs, des millions de ménages se retrouvent sans revenus en raison de l’arrêt d’activité dans plusieurs secteurs. Toutes ces personnes vont bénéficier d’aides publiques dont un premier bilan a été présenté par le ministre des Finances devant les députés.
En dépit des mesures de soutien à l’économie, Moody’s craint une augmentation des créances en souffrance des banques. D’un autre côté, la baisse de la demande de crédits classiques va réduire la marge d’intérêt, sachant que cette rubrique représente en moyenne 2/3 du chiffre d’affaires du secteur. Ainsi donc, la rentabilité des banques pourrait baisser. L’ampleur de la baisse dépendra de la durée de la crise et de la capacité de l’économie à se relever rapidement de la pandémie. Néanmoins, au Maroc, les banques bénéficient d’un bon accès au financement et à la liquidité, ce qui contribuera à amortir l’impact du choc économique, note Moody’s. D’un autre côté, elles peuvent bénéficier du soutien du gouvernement si nécessaire. Toutefois, ce dernier a une marge de manœuvre budgétaire limitée, relève l’agence de notation.
Les prévisions de croissance revues à la baisse
Il y a quelques semaines, l’agence de notation américaine avait prévu pour le Maroc une croissance de 2% en 2020. Le HCP vient d’annoncer ces nouvelles prévisions et table sur une baisse de 6,8% du PIB au 2e trimestre. Il a aussi réduit la croissance du 1er trimestre à 0,7%. Pour le HCP, cela représenterait une perte globale potentielle d’environ 29,7 milliards de DH pour le premier semestre 2020.
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