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La réforme du secteur de la Santé devient de plus en plus urgente

S’il y a bien une chose que la pandémie du coronavirus a révélée, c’est que la réforme du système de la santé est devenue de plus en plus pressante. Khalid Aït Taleb, ministre de tutelle, affirme que le budget alloué à ce secteur ne pourrait suffire à l’améliorer ni à renforcer ses ressources humaines. Alors que le ministre appelle à l’encouragement d’un partenariat public-privé pour la consolidation d’autres domaines, notamment la recherche scientifique, les députés ont quant à eux exigé l’élaboration d’une loi-cadre amendant le secteur.

Par Nora Jaafar, Publié le 22/04/2020, mis à jour le 22/04/2020
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La réforme du secteur de la Santé devient de plus en plus urgente

Lors de son intervention du lundi 20 avril à la séance hebdomadaire des questions orales de la Chambre des représentants, Khalid Aït Taleb, ministre de tutelle, n’a pas seulement abordé la pandémie du coronavirus, son évolution, les efforts pour la gérer ou encore le processus de déconfinement. Le ministre a également souligné que cette crise sanitaire a affirmé que la réforme du secteur de la santé est devenue une nécessité, rapporte Les Inspirations Éco dans son édition du jour. «Le système de santé après le Covid-19 ne sera pas identique à celui d’avant la pandémie !», a-t-il martelé devant les députés.

 

Un budget loin d’être suffisant

Lors de cette séance parlementaire, Aït Taleb a expliqué que le Maroc est loin des standards internationaux en termes de Santé. En effet, il a précisé que le budget alloué à ce secteur (18,68 milliards de dirhams) ne dépasse pas 6% du Budget général de l’État (BGE). Il a noté que l’Organisation mondiale de la Santé préconise une moyenne de 12% pour une amélioration optimale du système sanitaire. De leur côté, les députés ont plaidé pour que le secteur jouisse désormais de 10% du BGE. Selon Les Inspirations Éco, cette proposition, qui ne date pas d’hier, c’est transformé aujourd’hui en nécessité, compte tenu de l’impact et des retombées de la pandémie du Covid-19.

 

Le manque de personnel soignant

Outre le faible budget du secteur, le ministre a évoqué l’urgence de l’augmentation du personnel soignant. Il a précisé que les ressources humaines sont «le premier pilier pour affronter la pandémie», indique L’Économiste. Le quotidien déplore qu’un manque criant de professionnels médicaux (médecins, infirmières, techniciens...) a été cumulé au Maroc au fil des années. Seuls 4000 nouveaux postes ont été octroyés au secteur dans le cadre de la loi de Finances 2020, alors que le pays a besoin de 97.161 professionnels (32.387 médecins et 64.774 infirmières et autres praticiens). À cela s’ajoute le nombre limité de médecins formés dans les facultés marocaines. Les députés ont ainsi appelé à l’amélioration de la formation médicale tant sur le plan qualitatif que sur le plan quantitatif. Ils suggèrent également «le retour au Maroc des compétences marocaines qui ont émigré et qui ont brillé sous d’autres cieux», souligne Les Inspirations Éco.

 

Un partenariat public-privé

Pour Khalid Aït Taleb, la révision du statut de la fonction publique sanitaire et l’élimination des «frontières entre les secteurs public et privé» doivent «laisser la place à une seule santé pour tout le monde». Il estime qu’un partenariat public-privé permettra de réanimer d’autres domaines, notamment la recherche scientifique, avance L’Économiste. Cette dernière accuserait d’un retard abyssal dans le royaume. En effet, ledit domaine ne jouit que de 0,8% du produit intérieur brut (PIB), dont uniquement 30% sont exploités. Le ministre soutient ainsi que le problème ne réside pas uniquement dans le budget, mais que même le modèle et la méthodologie de la recherche scientifique doivent être révisés. Aït Taleb est convaincu que la recherche scientifique peut pallier les défaillances du secteur et assure qu’il faut la «rationaliser pour pouvoir répondre aux besoins du pays».

 

Enfin, les parlementaires ont jugé bon d’instaurer une loi-cadre pour le secteur de la Santé, à l’instar de celle encadrant l’enseignement. Selon eux, cette démarche boostera le système sanitaire et permettra de combler les insuffisances qui le minent.

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