Endettement : Qui sont les créanciers étrangers du Maroc ?

Jules Raoul Yimcthi

Temps de lecture :

créanciers maroc

A
A
A
A
A

Le Maroc vient d’émettre 1 milliard d’eurobonds à un taux historiquement bas : 1,5 %. Parmi les grandes économies africaines, aucune ne bénéficie d’une telle confiance des investisseurs étrangers. C’est dire que le risque Maroc est de bonne qualité. Mais, comme à chaque sortie à l’international, il y a toujours un focus sur l’endettement du Trésor. La dette extérieure du Trésor s’est établie à 155 milliards de DH à fin juin 2019, soit 21 % de l’encours global (740 milliards de DH). Tour d’horizon sur les principaux « banquiers » du Maroc.

Tout le monde est d’accord pour dire que le Maroc a réalisé une très belle opération pour sa levée de fonds sur le marché financier international. Le taux d’intérêt est historiquement le plus bas obtenu par le Royaume : 1,5 %, dont une prime de risque de 1 397 %. Parmi les grandes économies africaines, aucune ne bénéficie d’une telle confiance des investisseurs étrangers. C’est dire que le risque Maroc est de bonne qualité.

La dette extérieure du royaume

A chaque opération internationale de levée de fonds, la dette du pays est scrutée. À fin juin, la dette extérieure du Trésor atteignait 155 milliards de DH. Elle représente 21 % de l’encours global qui lui, totalisait 740 milliards de DH. Cette répartition n’a pas toujours été la même. À la fin des années 1990, la répartition dette intérieure/dette extérieureétait équilibrée, alors que dans les années 80 la dette extérieure pesait bien plus lourd dans la balance(80 % en 1984).

L’emprunt sur le marché financier international a été réalisé cinq ans après la dernière opération. Cette source représentait 28,1 % de l’encours de la dette extérieure à fin juin. Les principaux « banquiers » du Maroc sont les institutions internationales comme la Banque mondiale, le FMI, la Banque africaine de développement, la Banque islamique de développement… Ils détiennent plus de la moitié de l’encours, plus exactement 57,5 %.

Les prêts obtenus dans le cadre des relations bilatérales c’est-à-dire de pays à pays se chiffrent à 22 milliards de DH, soit 14,4 % de l’encours. La moitié est constituée (7 %) de crédits accordés par les pays de l’Union européenne. Les engagements des pays arabes représentent 3,8 % et ceux des autres pays 3,6 %.

Des crédits avantageux, mais contraignants

L’avantage de ces prêts est qu’ils sont obtenus à des taux très compétitifs, notamment les crédits des institutions internationales. Mais, ce sont pour la grande majorité des fonds destinés à un usage bien précis. Ils sont octroyés pour soutenir les réformes d’un pays dans tel ou tel secteur.

En revanche, ces crédits présentent plusieurs risques, dont celui de taux et de change. En clair, les mouvements de taux et des devises peuvent alourdir ou alléger les charges de la dette. Pour se prémunir contre ces risques, le Trésor privilégie les emprunts à taux fixe. Ils représentent 2/3 de l’encours. La structure de la dette par devises se rapproche aussi le plus possible de celle du panier de cotation du dirham pour atténuer les effets de change. Plus de 64 % de l’encours de la dette extérieure sont libellés en euro et 28,3 % en dollars. Le yen représente 2,7 % et les autres devises 4,9 %. Il y existe aussi des produits de couverture pour se prémunir contre ces risques.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Nouvelles dispositions de la DGI : ce qu’il faut savoir

La DGI applique dès le 1er juillet 2026 de nouvelles règles fiscales sur les loyers, les retenues à la source et les droits d'enregistrement.

Mouna Aghlal - 1 juillet 2026
Casablanca-Settat mise sur le City Break et le tourisme d’affaires

Le CRT de Casablanca-Settat? en partenariat avec Casablanca Events et Animation, a tenu mercredi 1er juillet la quatrième édition du Forum interactif du tourisme.

Ayoub Jouadi - 1 juillet 2026
Mondial 2026 : 12 vols de la Royal Air Maroc pour Houston avant Maroc-Canada

Royal Air Maroc augmente son offre vers Houston avec 12 vols et plus de 3.000 places à tarif fixe pour permettre aux supporters de suivre les Lions de l’Atlas.

Ilyasse Rhamir - 1 juillet 2026
Uber étend ses services à Agadir et Tanger au Maroc

Uber poursuit son développement au Maroc en lançant ses services à Agadir et Tanger, tout en renforçant son offre à Casablanca et Rabat pour répondre à la demande.

Ilyasse Rhamir - 1 juillet 2026
TV5MONDE investit 1 M€ pour dynamiser l’animation marocaine

Huit séries d’animation marocaines seront prochainement diffusées à l’international grâce à un investissement d’un million d’euros destiné à soutenir la création francophone.

Ilyasse Rhamir - 1 juillet 2026
Carburants : nouvelle baisse des prix du gasoil et de l’essence

Les prix du gasoil et de l’essence enregistrent une nouvelle baisse, tandis que le débat sur le mode de fixation des tarifs reste d’actualité.

Ilyasse Rhamir - 1 juillet 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire