Dépôts bancaires : Les raisons d’un ralentissement

Avatar de J.R.Y

Temps de lecture :

%%ct_channel%% Le Trésor a enregistré des recettes de 2MM Dhs en seulement 72 heures suite à la campagne de régularisation volontaire.

A
A
A
A
A

La croissance des dépôts bancaires a nettement ralenti et cela préoccupe. Malgré l’émergence des moyens de paiement scripturaux, rien ne perturbe l’hégémonie du liquide. La circulation fiduciaire affiche une forte hausse sur les dernières années alors que les banques collectent moins de dépôts que par le passé. La fiscalité et le renforcement des outils de détection de la fraude (grâce à la data) et l’échange de données entre les administrations pourraient expliquer l’accentuation de ce phénomène.

Il est très difficile de ralentir la circulation fiduciaire (l’usage du cash). Malgré l’émergence des moyens de paiement scripturaux (chèque, carte bancaire) et les chantiers autour du paiement mobile, rien ne perturbe l’hégémonie du cash.

La problématique du cash

En 2018, la monnaie fiduciaire en circulation représentait 249 milliards de DH, soit 23 % du PIB. Ce niveau fait du Maroc l’une des économies où l’usage du cash est le plus développé. Le rapport monnaie fiduciaire/PIB est de 4 % en Turquie, 2 % en Afrique du Sud, 6 % au Mexique, 8 % aux États-Unis et 10 % en moyenne dans les pays de la zone euro.

Ces dernières années, l’usage du liquide s’est accentué (augmentation de 7 % en moyenne par an), ce qui a contribué à mettre la pression sur les ressources des banques. Pour elles, l’idéal serait que l’argent reste dans le système, parce que la manipulation du cash engendre un coût non négligeable. Il est évalué à 7 milliards de DH par an dont une partie est supportée par les banques. Une autre conséquence est l’impact sur les ressources des banques et donc sur leur capacité à accorder des crédits. Pour ne pas en arriver là, la Banque centrale a récemment réduit le taux de la réserve monétaire pour accorder un peu plus de marge de manœuvre aux banques. La réserve monétaire est l’argent que les banques sont tenues réglementairement de déposer auprès de Bank Al-Maghrib. Avec la dernière décision, ce matelas qui est constitué auprès de la banque centrale sera diminué de 11 milliards de DH. Ils serviront à financer l’activité des banques au lieu de dormir à la banque centrale.

Les autres explications

Mais, la circulation de liquide n’est pas la seule source de pression sur les dépôts bancaires. Les banques collectent moins de dépôts que par le passé. La cadence a nettement décéléré pour les particuliers et les MRE. Il y a plusieurs raisons à cela. Puisque les taux des placements dans les produits bancaires classiques ne sont plus très attractifs, les épargnants s’orientent vers d’autres produits un peu plus rémunérateurs. Il y a eu également une forte migration vers la bancassurance (hors bilan bancaire). Le choix de ce produit n’est pas anodin. Certes, les rendements sont encore intéressants même s’ils n’ont plus rien à voir avec les niveaux passés. En plus de cela, les contrats d’assurance sont insaisissables. Donc, c’est un refuge pour certains particuliers et entreprises pour échapper au Fisc.

Il existe une autre explication au ralentissement des dépôts bancaires et elle est plutôt simple : les gens ne déposent plus leur argent en banque et le gardent chez eux. Ils thésaurisent. La fiscalité et le renforcement des outils de détection de la fraude (grâce à la data) et l’échange de données entre les administrations pourraient expliquer l’accentuation de ce phénomène.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Prix carburants : l’essence grimpe de 50 centimes dès le 16 mai

Consommation - Prix carburants : l’essence augmente de quelques centimes dès le 16 mai, tandis que le gasoil reste stable.

Rédaction LeBrief - 15 mai 2026
Pêche côtière : 3,85 MMDH à fin avril 2026

Économie - La pêche côtière et artisanale affiche une hausse de sa valeur à fin avril 2026, dépassant 3,85 milliards de dirhams, malgré un recul des volumes débarqués.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Peut-on domestiquer un arbre aussi complexe que l’arganier ?

Économie - Sélection de variétés, clonage, data… la recherche transforme l’arganier. Porté par l’INRA et ses partenaires, le Maroc construit une arganiculture moderne, entre performance agricole, innovation technologique et enjeux climatiques.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Céramique : un accord pour structurer la filière marocaine

Économie - Un partenariat inédit vise à renforcer la compétitivité de la céramique marocaine, en misant sur l’innovation, la qualité et la structuration du secteur, avec l’ambition de consolider le « Made in Morocco » sur les marchés nationaux et internationaux.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Céréales : lancement du dispositif de commercialisation 2026 à Casablanca

Économie - À Casablanca, les autorités lancent le dispositif de commercialisation des céréales pour la campagne 2026. Prix de référence, primes de stockage et mesures logistiques visent à soutenir les producteurs et renforcer les stocks nationaux.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Le pétrole en hausse de 2% sur fond de tensions géopolitiques

Économie - Les prix du pétrole ont progressé d’environ 2% vendredi, portés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 15 mai 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire