Sandra Muller, #BalanceTonPorc, condamnée pour diffamation
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Muller a lancé #balancetonporc, « à l’apogée du mouvement mondial contre les abus sexuels en octobre 2017 » lorsqu’elle a twitté qu’Éric Brion, ancien directeur d’une chaîne TV, lui faisait des commentaires sexuels explicites. Le TIME Magazine l’a présentécomme l’unedes « briseurs de silence » du mouvement #MeToo, dans son édition de 2017 « Personne de l’année ».
Brion, ancien directeur de la chaîne de télévision Equidia, a intenté une action en justice contre Muller au sujet de ces tweets, en soutenant qu’ils lui ont causés du tort et que les remarques qu’il avait faites à cette dernière n’étaient pas du harcèlement. Le tribunal a ainsi tranché en sa faveur, a ordonné à Muller de supprimer ses tweets et de verser à Brion 15 000 euros de dommages-intérêts plus 5 000 euros de frais juridiques supplémentaires. Brion a accueilli le verdict comme une « victoire de la vraie justice » après « deux années de rare violence », a-t-il twitté.
« C’est une procédure qui vise à faire taire les victimes », a déploré Muller lors d’une conférence de presse. « Le message est clair : “Tais-toi” ».Elle craint que cette décision ne réduise au silence les femmes qui ont été harcelées. Elle prévoit de faire appel.
Pour rappel, en 2017Muller avait exhorté d’autres femmes à partager leurs histoires de harcèlement sexuel au travail. Des centaines de milliers de messages utilisant le hashtag ont répondu à son appel et ont décrit des cas d’abus et de sexisme dans toute la France. La République française a par la suite lutté pour définir la ligne de démarcation entre le flirt et le harcèlement dans la foulée du mouvement #MeToo.
L’avocat de Muller, Francis Szpiner, a laissé entendre que la décision du tribunal pourrait avoir des répercussions néfastes sur les crimes de harcèlement sexuel en France. « Ce verdict donne aux hommes le droit de dire et de faire des choses offensantes », a-t-il expliqué aux journalistes, et « s’ils ne le font qu’une seule fois, la cour leur pardonnera ».
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