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L’arrestation très controversée de Hajar Raissouni

L’Union Nationale de la Presse Marocaine (UNPM) a déploré mercredi la campagne de diffamation contre Hajar Raissouni, la journaliste qui a été arrêtée dans le cadre d’une affaire éthique qui a provoqué une controverse au Maroc.

Par Nora Jaafar, Publié le 05/09/2019 à 13:08, mis à jour le 30/12/2019 à 20:25
Teaser Media

UNPM a déclaré, dans un communiqué, que certaines plateformes médiatiques ne respectent pas la déontologie de la profession et a appelé à lutter contre de telles pratiques.

 

Hajar Raissouni, journaliste du journal Akhbar Al Yaoum, a été arrêté samedi dernier pour avortement illégal.

 

Selon le site web d’Alyaoum24, une société de médias en ligne appartenant à Akhbar Al Yaoum, Raissouni a été arrêtée alors qu’elle quittait la clinique gynécologique en compagnie de son fiancé soudanais. Le médecin et deux de ses assistants ont été arrêtés également.

 

Ils sont tous placés en garde à vue jusqu’à leur procès prévu le lundi 9 septembre. Ils font face à des accusations de corruption, d’avortement et de contribution à un avortement.

 

Raissouni a nié les charges retenues contre elle alors que le médecin qui suivait son cas a déclaré devant le juge d’instruction que le journaliste s’était présenté à sa clinique dans un état critique, a rapporté Alyaoum24. Elle saignait et nécessitait une intervention chirurgicale urgente, a ajouté le médecin.

 

Le site web a publié en outre le rapport médical de Raissouni durant sa détention provisoire prouvant qu’elle n’a pas subi d’avortement. Certaines plateformes médiatiques ont parlé de falsification des résultats du rapport.

 

L’arrestation de Raissouni, une manœuvre politique

Des militants et des politiciens ont réagi à la nouvelle en lançant un hashtag demandant sa libération. Certains affirment qu’elle a été arrêtée pour ses articles, surtout qu’elle travaille pour Akhbar Al Yaoum et Alyaoum24, dont le propriétaire, Taoufik Bouachrine, a été condamné à 12 ans de prison pour traite d’êtres humains et agression sexuelle.

 

Parmi ces victimes figurent des journalistes qui travaillaient dans son institution.

 

Cependant, Bouachrine et ses sympathisants affirment qu’il a été persécuté à cause de ses articles et ses positions politiques anti-gouvernementales.

 

Plusieurs activistes ont exprimé leur solidarité avec Raissouni pour les souffrances qu’elle subit actuellement à cause de la diffamation et des atteintes à sa vie privée.

 

La Ligue marocaine pour la citoyenneté et les droits de l’homme (LMCDH) a critiqué les campagnes de diffamation visant le personnel d’Akhbar Al Yaoum et d’Alyaoum24, et a exigé de former un front national pour faire face aux violations qui ont été perpétrées contre les journalistes.

 

Dans un communiqué, la LMCDH a estimé que l’arrestation de Raissouni fait partie de cette campagne.

 

Ce soir, le Procureur général du Roi près le Tribunal de première instance de Rabat a déclaré que l'arrestation de l’intéressée n'a aucun lien avec son statut de journaliste ou le journal pour lequel elle travaille. Sa mise en examen fortuite est uniquement liée à des actes en relation avec l'avortement suite à la surveillance de la clinique dans laquelle elle s'est rendue pour laquelle la police judiciaire avait reçue des informations sur la pratique récurrente d'actes illégaux d'avortement.

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