1er mai : le gouvernement face à la pression syndicale
Des partisans de l'UMT manifestent pour revendiquer des augmentations salariales et s’opposer à l’augmentation de l’âge de la retraite, lors d'une marche à Rabat © DR
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Depuis la reprise officielle des négociations le 22 avril, les discussions entre les partenaires sociaux n’ont donné aucun résultat, sachant que plusieurs dossiers sensibles figurent sur la table des négociations, à commencer par la revalorisation salariale, mais aussi la réforme des retraites, qui soulève des problèmes de financement et de modalités.
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Un dialogue relancé mais toujours fragile
Le gouvernement affirme vouloir apporter des réponses à plusieurs revendications majeures, notamment les augmentations salariales, la réforme du système de retraite et le respect des engagements sectoriels. Pour les principales centrales syndicales (UMT, CDT et UGTM), le temps des promesses est révolu. Elles déplorent un dialogue social encore trop irrégulier, dominé par l’urgence, et plaident pour une refondation en profondeur du cadre de concertation.
L’Union marocaine du travail (UMT) propose, par exemple, l’adoption d’une loi-cadre rendant obligatoires deux sessions annuelles de dialogue social, ainsi que la création d’un Conseil national doté de réelles prérogatives. Pour son secrétaire général, Miloudi Moukharik, le cadre actuel se déroule dans des « conditions exceptionnelles et très difficiles », où la hausse des prix pèse lourdement sur les ménages. L’UMT dénonce également le passage en force d’un projet de loi restreignant le droit syndical, sans concertation préalable.
Pouvoir d’achat en berne, réformes contestées
Face à la détérioration continue du pouvoir d’achat, les syndicats réclament une hausse généralisée des salaires et des pensions, ainsi qu’une réforme de l’impôt sur le revenu. Ils rejettent fermement toute réforme unilatérale du système de retraite, notamment sur l’âge légal de départ et les cotisations, sans reconnaissance claire de la pénibilité de certains métiers.
Les tensions ne se limitent pas aux salaires. L’alignement du SMAG (salaire minimum agricole garanti) sur le SMIG reste un point de friction. En effet, les syndicats accusent le gouvernement de ne pas avoir respecté les engagements de l’accord d’avril 2022, ce qui, selon eux, creuse davantage l’écart entre les travailleurs agricoles et les autres salariés.
Par ailleurs, la Confédération démocratique du travail (CDT) dénonce le non-respect de plusieurs accords sectoriels, notamment pour les agents territoriaux, techniciens et ingénieurs. Membre de son bureau exécutif, Younes Firachine appelle à instaurer un cadre légal contraignant pour le dialogue social, tout en pointant l’augmentation des conflits sociaux et l’inefficacité des commissions de conciliation.
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Le patronat prône la prudence
Côté patronal, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) adopte une approche pragmatique. Elle se dit satisfaite de l’esprit général des discussions, jugées constructives et marquées par un réel sens des responsabilités de la part de l’exécutif.
Qualifiant la réunion avec le gouvernement de « très constructive », la CGEM a d’ailleurs réaffirmé son attachement à l’accord signé en 2024, et s’est félicitée pour la promulgation de la loi sur le droit de grève, après près de 62 ans d’attente.
Toutefois, l’organisation patronale a défini ses priorités pour les prochaines étapes des négociations. En tête, la révision progressive du Code du travail, en ciblant une dizaine d’articles à moderniser, plutôt qu’une réforme globale. L’objectif est de préserver la stabilité sociale tout en adaptant le Code aux réalités actuelles du marché.
Autre chantier majeur : la refonte du système de formation continue, avec pour ambition de l’aligner sur les standards internationaux et de l’adapter aux transformations économiques en cours.
C’est donc dans un climat tendu que devrait se tenir la journée du 1er mai. Plusieurs unions syndicales pourraient appeler à un mouvement de plus grande ampleur. Les négociations en cours peinent encore à déboucher sur un véritable consensus, laissant en suspens le traitement concret des revendications sociales.
Pourtant, le gouvernement a annoncé, en amont, un engagement budgétaire de 45,7 milliards de DH (MMDH) d’ici à 2026 pour répondre aux demandes sociales, contre 14 MMDH lors des précédents cycles. Une enveloppe jugée encore insuffisante par les partenaires sociaux.
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