Le Gazoduc Maghreb-Europe interconnecté avec un nouveau pipeline
Gazoduc © DR
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Suite à la décision de l’Algérie de ne pas reconduire lecontrat d’exploitation du Gazoduc Maghreb-Europe (GME), le 31 octobre 2021, le Maroc avait commencé à étudier toutes les possibilités pour continuer à utiliser ce gazoduc.«Pour le Maroc, le pipeline est aussi un outil de coopération régionale. Nous ne le laisserons pas rouiller», avait déclaré unhaut responsable marocain à l’agenceReuters.
Une utilisation sur le territoire marocain
Un mois après la fermeture des vannes du côté algérien, le Maroc va réactiver le GMEpour un transfert de quantités de gaz naturel à l’intérieur du territoire marocain. Le 30 novembre 2021, la société britanniqueSound Energy a conclu un accord avec l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) pour la vente du gaz naturel de la concession de Tendrara à l’est du Maroc. Aux termes de cecontrat, Sound Energy s’engage à produire et à livrer à l’ONEE jusqu’à 350 millions de mètres cubes de gaz naturel liquéfié (GNL) par an, sur une durée de 10 ans. Le gaz transitera par la partie marocaine duGME.
Un nouvel accord a été signé ce15 mars 2022.Sound Energy et l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) se sont mis d’accord pour l’interconnexion du futur gazoduc reliant Tendrara au GME. En vertu de cet accord, qui s’inscrit dans le cadre du développement du gisement de Tendrara, l’ONHYM, propriétaire et exploitant du Gazoduc Maghreb-Europe, permettra le raccordement de la concession de production de Tendrara au GME, via un nouveau gazoduc qui sera construit sur 120 km, précise l’Office dirigé par Amina Benkhadra.
Lire aussi :Sound Energy fournira du gaz au gazoduc Maghreb-Europe à partir du projet Tendrara
Un transfert Espagne-Maroc toujours à l’étude
Le Maroc est depuis trois mois en négociation avec l’Espagne pour transférerle gaz acheté par le Maroc à l’international par le biais du GME. Le Royaume pourra acquérir du GNLsur les marchés internationaux, le décharger dans l’une des usines de regazéification en Espagne, et utiliser le GME pour le transfert du produit vers le territoire marocain.Le pays paiera alors le coût du transit à travers les terminaux espagnols et le pipeline. Cette opération reviendra moins chère que le transport actuel par méthaniers.L’acheminement du gaz de l’Espagne vers le Maroc nécessiterait «une adaptation technique mineure», souligne le journal espagnolLa Razon,ajoutant qu’un accord entre l’opérateur gazier espagnol Enagas et l’ONHYMsera nécessaire pour «établir les règles d’exploitation technique du gazoduc».Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a fait savoir que des contrats seront signés «dans les trois à quatre prochaines semaines pour avoir du gaz à un prix maximum européen». Et d’expliquer que la réduction du coût énergétique suite à ces évolutions devrait aider les industriels à gagner en compétitivité selon leurs secteurs d’activité respectifs.
Lire aussi :Maroc-Espagne : vers une réouverture du Gazoduc Maghreb-Europe ?
Pour rappel, les travaux de construction du GME ont débuté en1993 et se sont achevés fin1996. Initialement, il était prévu que le gazoduc transporte 8,5milliards de mètres cubes de gaz par an.Ila constitué unaxe d’articulation économique et de coopération entre les deux rives de la Méditerranée. Si l’Algérie voit d’un mauvais œil l’utilisation par le Maroc de ce pipeline qu’elle a financé, ilserait dommage de prendre en considération l’avis d’un pays réfractaire à toute coopération et de laisser tomber une telle infrastructure.
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