Sommet UE-UA : quelles questions à l’ordre du jour ?

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Sommet UE-UA : les questions à l’ordre du jour

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Catégorie Politique , Gros plan

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Les dirigeants de l’Union européenne (UE) et de l’Union africaine (UA) se réunissent ces jeudi et vendredi à Bruxelles dans le cadre d’un 1er sommet conjoint depuis 2017. Les travaux de cet événement visent à relancer et renforcer les liens entre les deux organisations, tout en débloquant d’importants investissements pour faire face à la concurrence de la Chine et de la Russie. Le Maroc prendra part à ce sommet.

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Bruxelles accueille le jeudi 17 et le vendredi 18 février le premier sommet conjoint depuis 2017 des dirigeants de l’Union européenne (UE) et de l’Union africaine (UA). Cet événement d’envergure, dont le thème est « Deux continents à la vision commune à l’horizon 2030 », intervient alors que les relations entre les deux continents ont été ébranlées par plusieurs problèmes. Il s’agit, entre autres, des différends concernant la distribution inéquitable des vaccins contre le coronavirus, la récente vague de coups d’État en Afrique ou encore l’influence croissante des mercenaires russes dans le continent.



Le président sénégalais Macky Sall, dont le pays assure actuellement la présidence de l’UA, a souligné : «Notre ambition commune, Africains et Européens, pour ce sommet, est de parvenir à un partenariat renouvelé, modernisé et davantage tourné vers l’action». De son côté, le président français Emmanuel Macron, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE, espère que ce sommet pourra aboutir à un « New Deal économique et financier avec l’Afrique ».




Lire aussi : Von der Leyen : « L’UE compte sur le Maroc dans la mise en oeuvre du nouvel agenda pour la Méditerranée »




 



Les objectifs de l’UE



L’UE entend convaincre les 40 dirigeants africains présents à Bruxelles que l’Europe est leur «partenaire le plus fiable» en étoffant une initiative d’investissement qui vise à mobiliser 150 milliards d’euros de fonds publics et privés au cours des sept prochaines années. Ce projet constitue le premier volet régional de la « passerelle mondiale » de l’UE, un plan d’investissement mondial de 300 milliards d’euros destiné à rivaliser avec l’initiative chinoise « Belt and Road ». Le bloc des 27 envisage dans le cadre de ce chantier de mettre en œuvre une douzaine de projets ambitieux visant à renforcer l’accès à l’internet, les liaisons de transport et les énergies renouvelables, dans le but de proposer une alternative aux crédits avantageux accordés par Pékin. Cependant, les détails de ce financement restent vagues et les projets doivent encore faire l’objet d’un accord avec la partie africaine.



De leur côté, les dirigeants africains font plutôt pression pour que les pays de l’UE autorisent le Fonds monétaire international (FMI) à leur allouer des dizaines de milliards de dollars d’aide supplémentaire, ce qui, pour eux, est une mesure bien plus concrète.



 



Les problèmes de l’Afrique



Le sommet, qui comprendra une série de tables rondes, intervient à un moment préoccupant pour l’Afrique. Le continent fait face à une vague de coups d’État militaires, alors que l’Éthiopie, puissance régionale, est en proie à un grave conflit. En effet, après une série de putschs en Guinée, au Mali, au Soudan et au Burkina Faso, l’UA a décidé d’exclure ces pays de son organisme. D’ailleurs ces quatre pays ne seront pas représentés à Bruxelles.



Outre les coups d’État, l’influence croissante des mercenaires russes dans certaines des zones instables en Afrique préoccupe l’UE. La mystérieuse organisation paramilitaire Wagner, qui aurait des liens étroits avec le Kremlin, est accusée de soutenir les ambitions géopolitiques de Moscou. Les pays occidentaux ont condamné l’arrivée des mercenaires russes à Bamako, la capitale du Mali, pour aider à protéger la junte qui a pris le pouvoir l’année dernière. Les dirigeants maliens nient cependant avoir fait appel aux services de Wagner.



Autre complication dans le continent, le retrait des forces militaires étrangères de l’opération Barkhane du Mali. Suite à cette décision annoncée ce jeudi matin par Emmanuel Macron, Paris cherche désormais à redéployer ses troupes vers d’autres pays du Sahel, mettant ainsi fin à une mission de neuf ans de lutte contre les terroristes. Les gouvernements européens craignent à présent que l’exacerbation des troubles dans la région ne laisse un vide que des mouvements liés à Al-Qaida et à Daech pourraient exploiter. Toutefois, l’UE a assuré qu’elle «resterait engagée» au Mali afin de renforcer sa stabilité, ajoutant qu’elle prévoie d’augmenter le financement des missions de maintien de la paix de l’UA sur le continent.




Lire aussi : Sommet de l’UA : ce qu’il faut retenir de la 35e session ordinaire




 



La crise des vaccins contre la Covid-19



La lutte contre la pandémie de Covid-19 devrait également être un sujet majeur. Plusieurs pays africains ont mainte fois dénoncé une distribution inéquitable des vaccins contre le coronavirus dans le monde, exposant leurs populations aux formes graves de cette maladie. Pour le dirigeant sud-africain, Cyril Ramaphosa, l’Occident ne donne au continent que des «miettes», condamnant la décision de l’Union européenne de rejeter une demande de dérogation temporaire aux brevets pour permettre la production de vaccins génériques.



En réponse, l’UE, premier exportateur mondial de vaccins, rappelle qu’elle a contribué à hauteur de 400 millions de doses à l’initiative mondiale de partage des vaccins « Covax » et a promis d’en fournir 450 millions à l’Afrique d’ici mi-2022. Elle affirme qu’elle augmentera le financement pour aider les systèmes de santé du continent à distribuer les vaccins et s’est engagée à verser un milliard d’euros pour soutenir la production future de vaccins en Afrique.



 



Quid de la participation du Maroc et … du polisario



Par ailleurs, le Maroc prendra aussi part à cette première édition du sommet UE-UA à se tenir en territoire européen, les dernières ayant été organisées au Caire et à Abidjan. Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, représente le pays lors de ces travaux et coprésidera une table ronde (commission mobilité et migration) aux côtés du Portugal, de l’Autriche et du Bénin. Le chef de la diplomatie marocaine s’entretiendra aussi avec plusieurs chefs de délégations européennes et de pays africains amis et alliés.



Enfin, au grand daim du Royaume et de quelque 850 ONG sahraouies, actives dans le domaine des droits de l’Homme et du développement durable, Brahim Ghali, chef de front polisario, participe aussi à ce sommet. Dans une lettre adressée à Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, à Joseph Borrell, haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, et à Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, ces organisations ont exprimé leur rejet de l’invitation «d’un homme et d’une organisation responsables de graves violations des droits de l’Homme et de détournements de l’aide européenne». Et de marteler : «pour nous, c’est incompréhensible et hautement condamnable».



Rappelons qu’à la veille du sommet UE-UA, le porte-parole de l’Union européenne (UE) pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Peter Stano, a souligné : «le point fondamental à clarifier est que pour ce sommet, l’Union européenne est co-organisateur avec l’Union africaine (…) donc c’est l’Union africaine qui s’est chargée de l’invitation» du côté africain. Et de préciser que l’UE n’a pas changé de position concernant la question du Sahara et que tous ses États membres ne reconnaissent pas la pseudo « république arabe sahraouie démocratique-rasd ».




Lire aussi : L’Union européenne réitère sa non-reconnaissance du polisario



Polisario, Union Africaine, Union Européenne, sommet

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