Molnupiravir a été autorisé mardi dernier au Maroc par le ministère de la Santé

Temps de lecture : 3 minutes


Covid-19 : prescrit au Maroc, le Molnupiravir est-il efficace ?

Temps de lecture : 3 minutes

Catégorie Société , Gros plan

Temps de lecture : 3 minutes

Le médicament Molnupiravir a été intégré dans le protocole thérapeutique de prise en charge des cas de Covid-19 au Maroc. Ce dernier aurait coûté 18 millions de DH (MDH) à l’État (30.000 boites achetées 600 DH chacune). Le médicament est également adopté dans d’autres pays tels que la Belgique et l’Italie, mais pas en France qui le juge “peu efficace”. Détails.

Temps de lecture : 3 minutes

Le ministère de la Santé et de la Protection sociale a dévoilé le nouveau protocole thérapeutique national de prise en charge des malades de la Covid-19. Le médicament Molnupiravir y est intégré dans le cas ou le patient présente un «facteur de risque de gravité».



Dans sa circulaire adressée aux directeurs régionaux de la santé, Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé et de la Protection sociale a informé ces derniers de la mise à jour du manuel de procédures de veille et de riposte à l’infection par le SARS-Cov-2. Le nouveau protocole est destiné également aux femmes enceintes et allaitantes. «Depuis le début de la transmission communautaire du SARS-CoV-2 au Maroc, notre département a instauré, et constamment mis à jour, les actions de riposte les plus appropriées, ciblant les différents maillons de la chaine épidémiologique selon l’approche « Tester-Traiter-Tracer »», souligne Aït Taleb.




Lire aussi : Molnupiravir et production du vaccin au Maroc: les explications de Tayeb Hamdi




Dans ce cadre et, selon les dernières recommandations du comité national, scientifique et technique de la grippe, IRA et Covid-19, «le manuel de procédures de veille et de riposte à l’infection par le SARS-CoV-2 a été actualisé, tenant compte de la situation épidémiologique et des dernières évidences scientifiques sur le virus et la maladie», indique le document.



Selon le journal Le Matin, Molnupiravir aurait coûté 18 millions de DH (MDH) à l’État. Le Royaume aurait pour le moment acquis 30.000 boîtes à raison de 600 DH chacune. Son prix de vente sera de 720 DH dans les pharmacies. Un prix jugé « coûteux » par plusieurs observateurs. Bouchra Meddah, directrice du Médicament et de la Pharmacie au ministère de la Santé et de la Protection sociale, a informé que le médicament sera disponible dans les hôpitaux publics, les CHU, les cliniques privées et les pharmacies.



 



L’efficacité remise en question



Alors que plusieurs pays tels que la Belgique, l’Italie, la Grande-Bretagne, le Japon et les États-Unis ont décidé d’adopter le médicament Monulpiravir, la France a refusé l’acquisition de ce dernier. La Haute autorité de Santé (HAS) juge que ce dernier est moins efficace que les traitements existants. «Les résultats d’efficacité avancés par le laboratoire sont moins bons que ceux des traitements disponibles. Le médicament ne remplit pas les critères nécessaires pour obtenir une autorisation d’accès précoce», avait jugé la HAS en décembre dernier.



La HAS note que l’efficacité du médicament ne serait pas de 50%, comme l’affirment certains responsables, mais uniquement de 30% ajoutant que l’efficacité de certains anticorps monoclonaux peut atteindre jusqu’à 80%.



«II est sûr que si l’on doit comparer l’antiviral disponible actuellement par rapport aux anticorps monoclonaux, les études montrent que ces derniers sont beaucoup plus efficaces. Mais attention, il y a une grande différence entre les prix des deux. Une seule ampoule de Actemra coûte 8.000 DH. L’Anakinra coûte 1.100 DH et le patient aura besoin de sept ampoules soit 7.700 DH. Ce n’est pas comparable avec le prix du Molnupiravir», nous explique Jaafar Heikel, épidémiologiste et spécialiste en maladies infectieuses.




Lire aussi : Contamination en hausse, Molnupiravir, Flurona, Omicron : voici ce que l’on sait




Notre intervenant souligne que le niveau d’efficacité du Molnupriravir sur des risques de forme grave est de 30%, mais son intérêt est dans le délai de négativité des contaminés : «le Molnupiravir permet de négativer les personnes en quatre à cinq jours. L’intérêt est que quand une personne devient négative en quatre ou cinq jours, elle n’est plus infectieuse pour les autres».



Enfin, le docteur Heikel souligne que le Molnupiravir n’est pas une solution en soi, mais un outil supplémentaire qui va nous être utile en tant que stratégie thérapeutique. «Nous avons plusieurs outils dans la lutte contre la Covid-19, à commencer par les mesures barrières, le vaccin, les médicaments classiques, l’Anakynra et maintenant le Molnupiravir». Rappelons que le Molnupiravir doit être administré dans les cinq jours suivant l’apparition des symptômes et dès qu’un diagnostic de Covid-19 ait été posé.



Recommandé pour vous

Les réserves de sang toujours au plus bas

Temps de lecture : 3 minutes

À l’image d’autres domaines impactés par la crise de la Covid-19, la mobilisation pour le don du sang a affiché un recul important. Cela a con…

Variole du singe : y a-t-il un danger pour les animaux de compagnie?

Temps de lecture : 2 minutes

La variole du singe est une zoonose (maladie se transmettant des animaux vers l’Homme). Elle se transmet aux humains principalement via des ro…

Covid-19 : doit-on s’inquiéter du rebond de l’épidémie au Maroc ?

Temps de lecture : 3 minutes

Plusieurs pays à travers le monde font de nouveau face à une augmentation quotidienne des cas de contaminations à la Covid-19. À l’heure où le…

Couverture médicale des agriculteurs : le coup d’accélérateur

Temps de lecture : 4 minutes

Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts a élaboré, dans le cadre de la stratégie Gén…

Variole du singe : comment contrer cette nouvelle crise sanitaire ?

Temps de lecture : 4 minutes

Depuis le début du mois de mai, plusieurs cas de variole du singe ont été détectés dans plusieurs pays, dont l’Espagne, la France, la Grande-B…

Tayssir 2020-2021 : 2.467.123 élèves bénéficiaires

Temps de lecture : 3 minutes

Le nombre de bénéficiaires du programme « Tayssir » est en constante augmentation. Cette initiative a pour but de limiter la déperdition scola…

Stress hydrique : entre élaboration d’un plan national et gaspillage excessif de l’eau

Temps de lecture : 3 minutes

Les réserves en eau du Maroc se détériorent, accentuant le stress hydrique du pays. Cette année, les précipitations enregistrées lors des mois…

Chirurgie esthétique : fort potentiel et haut risque

Temps de lecture : 4 minutes

Éclat de jeunesse, correction de défauts ou remodelage de la silhouette…la chirurgie esthétique permet de corriger toutes les imperfections. C…

Éducation nationale : entre examens et retard de cours

Temps de lecture : 3 minutes

Le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports a, finalement, rendu public les détails concernant les dates et horaires d…

Labello Challenge : le nouveau défi mortel sur TikTok

Temps de lecture : 3 minutes

Depuis quelques semaines, le « jeu du Labello » ou « Labello Challenge » inquiète. Au départ, le Labello Challenge n’était qu’un jeu invitant …

Environnement : action estivale en faveur des océans

Temps de lecture : 4 minutes

La Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement, présidée par la princesse Lalla Hasnaa, prépare son action estivale en faveur …

La variole du singe ou « Monkeypox » : faut-il s’inquiéter d’une nouvelle pandémie ?

Temps de lecture : 3 minutes

La variole du singe ou « Monkeypox » est une maladie qui a été détectée pour la première fois, chez l’être humain, en 1970. Depuis son apparit…