Enseignement privé : le rapport accablant du Conseil de la concurrence

image defaut author user

Temps de lecture :

Enseignement

A
A
A
A
A

Le Conseil de la concurrence a présenté ce lundi un avis sur l’état de la concurrence dans le secteur de l’enseignement scolaire privé au Maroc. Le Conseil note une absence de contrôle effectif sur les établissements scolaires qui ont doublé en 10 ans. Tour d’horizon des principales insuffisances et carences de ce secteur.

L’enseignement privé sous la loupe du Conseil de la concurrence.L’Institution dirigée par Ahmed Rahhou a présenté ce lundi un nouvel avis sur l’enseignement privé au Maroc à la demande du président de la Chambre des représentants. Le rapport rapporteplusieurs chiffres, mais s’attarde surtout sur les problématiques liées à ce secteur.

Une progression massive en 10 ans

Le nombre d’établissements privés a doublé en 10 ans. Ainsi, le nombre d’établissements est passé de 3.861 en 2010-2011 à 6.922 unités en 2019-2020, soit une hausse estimée à 96,62%. De l’autre côté, le nombre d’établissements publics est passé de 9.705 à 11.213 établissements (+15,54%).

EE

En ce qui concerne la représentativité du privé dans l’ensemble des établissements, sa part est passée de 24,6% en 2010 à 35,7% en 2020. La part des établissements scolaires privés dans les régions Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla Oued Ed-Dahab a respectivement atteint 22,81% et 18,28% au titre de l’année 2018-2019, soit la plus haute proportion recensée au niveau national. De l’autre côté, la plus faible proportion d’établissements privés est quant à elle relevée au niveau de la région Drâa-Tafilalet, avec 3,54% au titre de l’année scolaire 2018-2019.

Absence de contrôle

Le Conseil de la concurrence note une absence de contrôle effectif sur les établissements scolaires privés. Il précise que ces derniers sont soumis à trois types de contrôle, conformément aux dispositions des articles 22 et 23 de la loi 06.00. Il s’agit du contrôle pédagogique, qui a pour objet de veiller au respect des programmes, des méthodes et des supports pédagogiques, et le contrôle administratif, qui a pour objet la vérification des documents administratifs relatifs à l’établissement, à son personnel pédagogique et administratif et aux élèves, ainsi que l’inspection des installations sanitaires de l’établissement, des moyens de transport, etc.

Lire aussi :L’enseignement fait face à de multiples défis

Le 3e type de contrôle est relatif à l’évaluation de la performance pédagogique et administrative des établissements, qui englobe le suivi et le contrôle, qui sont effectués sous la surveillance de l’inspection générale du ministère à l’aide de comités d’inspection qui entament des visites périodiques aux établissements en cas de besoin.

Le Conseil de la concurrencesouligne que sur le terrain, les établissements privés opèrent en absence presque totale du contrôle de leurs performances ou de sanctions appliquées à l’encontre des contrevenants. Le Conseil justifie ce manque de contrôle par la faible performance des organes chargés du contrôle et de l’évaluation.

Lire aussi :Enseignement préscolaire : les recommandations des députés

Le rapport indique que ces derniers souffrent d’une insuffisance de ressources dédiées au contrôle et à l’inspection en plus de la multiplicité des missions confiées aux inspecteurs, ce qui les empêche de s’acquitter de leurs tâches principales d’encadrement, de formation et d’évaluation pédagogiques.

Le Conseil note également l’absence d’entités administratives indépendantes pour la gestion de l’enseignement scolaire privé au niveau des académies régionales et de leurs directions provinciales. Sur le plan légal, certaines sanctions à l’égard des établissements privés ne sont pas prévues par la loi n° 06.00 comme les cas de surcapacité, de sélection de nouveaux élèves via des tests pour évaluer la compétence et les acquis, le refus de réinscrire les élèves et l’abstention de délivrer les certificats ou les relevés de notes aux élèves et à leurs parents.

Les écoles souffrent de carences internes

Le rapport note que sur le plan de l’organisation interne, le rôle des associations des parents d’élèves fait défaut. Le Conseil invite les autorités éducatives à veiller à la constitution de ces assemblés au sein des établissements scolaires pour qu’elles puissent accomplir leur mission. Par ailleurs, l’organisme juge que la qualité du transport scolaire laisse à désirer et recommande d’autoriser les transporteurs professionnels à fournir ce service pour l’amélioration de l’offre.

Pour pallier ces différents dysfonctionnements, le Conseil préconise aussi de réviser le cadre juridique pour mettre en place un cadre contractuel définissant les objectifs et les responsabilités entre les établissements scolaires privés, l’État et ses organes. Le Conseil de la concurrence recommande enfin de revoir la procédure d’autorisation livrée pour la création des écoles, etles attribuer ainsi aux programmes les plus convaincants et aux plus méritants, et ce, dans l’objectif de hisser le niveau de l’enseignement privé vers le haut.

 

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Alerte météo : averses orageuses et grêle attendues dans plusieurs provinces

Des précipitations accompagnées de grêle et de fortes rafales sont annoncées lundi et mardi dans plusieurs provinces du Royaume.

Ilyasse Rhamir - 2 novembre 2026
L’UM6P et l’INP-HB lancent une école d’agritech en Côte d’Ivoire

L’UM6P et l’INP-HB inaugurent à Yamoussoukro une école d’agriculture numérique. Sa première promotion de 50 apprenants fera sa rentrée le 9 novembre.

El Mehdi El Azhary - 2 novembre 2026
Enseignement supérieur : des grèves chaque mardi dès le 3 novembre

Les fonctionnaires de l’enseignement supérieur entament une série de grèves hebdomadaires pour obtenir des augmentations salariales et le règlement de plusieurs dossiers.

Ilyasse Rhamir - 2 novembre 2026
Agadir : un policier grièvement blessé promu officier de paix

Après avoir été volontairement renversé par un automobiliste en état d’ivresse, un policier d’Agadir reçoit une promotion exceptionnelle sur instruction de Abdellatif Hammouchi.

Ilyasse Rhamir - 2 novembre 2026
À Erfoud, une bouteille d’eau à 30 DH et des dattes à 150 DH

Pendant le SIDATTES 2026, les tarifs de certains hôtels et vendeurs de dattes à Erfoud soulèvent des interrogations sur l’accueil des touristes.

Ilyasse Rhamir - 2 novembre 2026
SOS Villages d’Enfants Maroc inaugure son sixième village à Dakhla

SOS Villages d’Enfants Maroc inaugure à Dakhla son premier village dans les provinces du Sud, avec huit maisons familiales et un programme de soutien aux familles prévu en 2027.

Wissal Bendardka - 31 octobre 2026
Voir plus
Aïd Al-Fitr 1447 pourrait tomber le samedi 21 mars

Société - Selon les calculs astronomiques, Aïd al-Fitr 2026 pourrait tomber le samedi 21 mars au Maroc. La visibilité du croissant lunaire est prévue vendredi soir, mais la date officielle sera confirmée par le ministère des Habous.

Ilyasse Rhamir - 9 mars 2026
Ramadan : horaires spéciaux du tramway de Casablanca

Société - Le réseau CASA Tramway adopte des horaires spéciaux durant le mois de Ramadan.

Mouna Aghlal - 17 février 2026
Ramadan 2026 : la Zakat Al Fitr fixée à 25 dirhams

Société - Le Conseil supérieur des oulémas annonce la valeur de la Zakat Al Fitr pour 2026 à 25 dirhams pour l'année 1447 de l'Hégire.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
8 mars : 8 Marocaines qui bousculent les lignes

Société-A l’occasion du 8 mars, LeBrief rend hommage à 8 femmes que nous avons rencontrées et interviewées ces derniers mois.

Sabrina El Faiz - 8 mars 2026
Frontières Schengen : ce qui va changer pour les Marocains

Société-Frontières Schengen : contrôles, procédures, délais… ce qui va changer pour les Marocains avant de voyager en Europe.

Rédaction LeBrief - 10 avril 2026
Manifestations de la « GenZ 212 » : 60 personnalités marocaines exhortent le Roi à engager des réformes profondes

Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.

Hajar Toufik - 8 octobre 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire