Flambée des prix alimentaires : le gouvernement tente de rassurer

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Les hausses des produits alimentaires observées entre septembre et octobre 2021 concernent principalement les légumes (4,7%)

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À l’issue du Conseil de gouvernement ce jeudi, l’exécutif a rassuré les Marocains quant à la préservation de leur pouvoir d’achat et à la stabilité des prix de l’électricité après la suspension du gazoduc Maghreb-Europe. Cependant, des interrogations subsistent du côté des associations de droits des consommateurs. Le point.

Le gouvernement rassure les Marocains par rapport à l’impact des hausses des prix de certains produits de première nécessité sur leur pouvoir d’achat. Les prix des matières subventionnés ne seront pas augmentés en 2022, de même pour les prix de l’électricité, a promis le gouvernement.

Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, a assuré que plusieurs mesures ont été prises pour préserver le pouvoir d’achat des Marocains dans cette conjoncture difficile, précisant que le projet de loi de Finances (PLF) 2022 a consacré 17 milliards de DH à la compensation afin de garder les prix de plusieurs produits à leurs niveaux habituels.

«Ces subventions permettront d’éviter toute hausse du prix du gaz butane, de la farine subventionnée ou du sucre», souligne Fouzi Lekjaa. Il a également annoncé que dans l’optique de préserver le pouvoir d’achat des citoyens, le gouvernement compte suspendre les taxes d’importation sur le blé.

Une flambée des prix alimentaires

Contacté par LeBrief, Bouazza Kherrati, président de la Fédération marocaine des droits de consommateur (FMDC), a assuré que la déclaration du maintien de la compensation par le gouvernement est un bon acquis, toutefois, il émet plusieurs critiques à l’encontre del’exécutif. «Nous ne sommes pas convaincus au sein de la Fédération par le laisser-aller du libre cours et de la flambée des prix de l’ensemble des produits», souligne notre intervenant.

Ce dernier juge que les produits alimentaires, industriels et les services ont connu uneaugmentation et que le gouvernement devrait mettre fin à cette hausse. «Il y a même certains produits réglementés tels que les médicaments et les services de transportroutierqui ont connu une hausse des prix», s’indigne Bouazza Kherrati, tout en affirmant qu’il existe unabus de position de la part de certains opérateurs économiques.

Pour lui, le fait d’avoir augmenté les prix à la consommation durant une certaine période laisse penser qu’il y a une possibilité d’entente. «On ne nie pas qu’il y a un impact international, mais comment se fait-il qu’il y ait une discordance entre le prix de certains produits à l’international et ceux au Maroc»,s’interroge le militantassociatif.

Lire aussi :Les défis du Maroc pour réussir une «consommation locale»

Bouazza Kherrati lancepour l’occasion un appel au ministère de l’Economie et desFinances et plus particulièrement à la direction des prix et de la concurrence pour expliquer au consommateur cette différence de prix.

Le président de la FMDC recommande également de réviser les taxes d’importation. «Nous demandons au gouvernement la révision des taxes douanières qui ont atteint jusqu’à 170% pour le blé dur et 120% pour le blé tendre. Nous souhaitons également que les taxes prévues dans le PLF2022 sur les produits électroménagers ne soient pas appliquées», souligne Bouazza Kherrati. Reste à savoir maintenant si les doléances de la FMDC seront entendues.

«Les prix de l’électricité resteront stables»

Le ministre chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, a déclaréjeudi que les prix de l’électricité ne subiront aucune augmentation malgré la suspension du gazoduc Maghreb-Europe.

Le ministre a tenu justement à présenter quelques explications à ce sujet. «Le gaz que nous obtenions grâce à ce gazoduc n’était pas destiné à la consommation des citoyens marocains, il était destiné en partie à la production d’électricité», souligne-t-il. Des déclarations qui rejoignent donc le récent communiqué publié conjointement par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et qui affirment que l’arrêt du gazoduc «n’aura dans l’immédiat qu’un impact insignifiant sur la performance du système électrique national».

Lire aussi :Flambée des prix : le gouvernement rassure, la FMDC reste sceptique

Rappelons que l’Algérie a officiellement suspendu le 1er novembre le gazoduc Maghreb-Europe après 25 ans de service. Ce projet servait à transporter le gaz algérien vers l’Espagne et le Portugal en passant par le Maroc.

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