Communales 2021 : les attentes des habitants de Fès

Avatar de J.R.Y

Temps de lecture :

fès

A
A
A
A
A

La capitale spirituelle du Maroc agonise. La crise de la Covid-19 a accentué les difficultés qu’éprouvent les habitants de Fès quant à l’accès à un certain nombre de services publics locaux. Les enjeux liés aux transports, mobilité, santé s’ajoutent au besoin de renforcer le lien démocratique entre les Fassis et leurs édiles municipaux. En vue des élections communales du 8 septembre, quelles sont les priorités d’actions publiques pour améliorer le quotidien des habitants de Fès ?

Avant la pandémie de Covid-19, des acteurs associatifs avaient lancé une campagne pour dénoncer «l’exclusion et la marginalisation de la capitale spirituelle». Cette initiative citoyenne avait pour but de tirer la sonnette d’alarme sur la situation de Fès qui était en train sombrer dans le chômage et dans la marginalisation. Il fallait dénoncer les promesses non tenues par les élus qui s’étaient engagés lors des élections de 2015 à améliorer la situation de l’ancienne capitale du royaume. En signe d’indignation, des T-shirts estampillés des slogans « Fès crie »ont été confectionnés. «Le port de T-shit constituera une forme de protestation pacifique lancée par la société civile ainsi que par les citoyens dans la ville de Fès», avait indiqué l’un des initiateurs du mouvement précisant que les militants associatifs «ne cherchentpas à semer la zizanie ou à provoquer l’anarchie. Ils ont simplement envie que la situation devienne meilleure dans leur ville».

Des problèmes à régler

En plus de l’insécurité et du manque d’opportunités d’emploi, la cité idrisside ne permet pas à toutes les catégories sociales d’accéder aux activités et aux événements culturels. Alors que la culture pourrait être le moyen de lutter contre la criminalité et la marginalisation dans la ville, le manque de lieux de divertissement et d’épanouissement est flagrant. Pourtant, Fès présente un brassage culturel et patrimonial très intéressant, qui devrait profiter grandement à son essor économique, notamment dans le domaine du tourisme. De l’avis de plusieurs acteurs économiques, Fès a réussi sur un seul tableau, celui de la lutte contre les bidonvilles grâce à l’intervention de l’opérateur public Al Omrane. Les autres créneaux ont été délaissés et souffrent d’une léthargie inexplicable, bien avant la crise de la Covid-19. Le tourisme spirituel est en berne. L’artisanat de luxe ne séduit plus et l’industrie est en perte de vitesse. Et pour cause, les plans d’exécution sont en déphasage total avec la réalité sur le terrain, le contrôle et le suivi font défaut, et la mairie n’arrive pas à trouver les systèmes de financement adéquats. De plus, des milliers d’opérateurs fassis ont quitté leur ville, versant dans le pessimisme ambiant et fermant les yeux sur les atouts dont dispose Fès pour traverser la crise actuelle et se projeter dans un avenir meilleur.

Les attentes des citoyens

Les Fassis veulent plus d’espaces verts dans leur ville, une gestion plus efficiente du stationnement et la prise en compte de l’aspect durabilité dans les projets programmés. Pour le mandat 2016-2021, le Conseil communal de Fès a travaillé sur un plan d’action avec cinq axes majeurs, à savoir « un pôle urbain et une ville attractive », « un pôle urbain intégré et équilibré », « un pôle économique compétitif », « un pôle urbain écologique et durable »et « un pôle de Fès, un modèle en matière de gouvernance et de démocratie participative ».

Le nombre total de projets propres et participatifs inscrits dans le cadre de ce plan s’élève à 171. En ce qui concerne les projets propres, le Conseil fait état de 28 projets réalisés, 14 en cours et 10 programmés. Quant aux projets participatifs, la même source évoque l’achèvement de 17 projets, le lancement de 20 autres et la programmation de 27 projets sans oublier la mise en place de la zone industrielle durable « Fès Smart Factory ». Par participatifs, la mairie veut signifier que la participation citoyenne était effective. Seulement voilà, d’après plusieurs Fassis, cette participation se limite à un nombre restreint d’associations connues pour leur proximité avec des partis politiques. Les citoyens se plaignent du manque de contact direct avec les élus de Fès et à leur tête le président du Conseil communal. Côté projets verts, le jardin botanique qui s’étale sur 7 hectares (ha) a été réhabilité. Cependant, la décharge contrôlée qui a démarré au début des années 90 avec le recyclage des ordures pourproduire de l’énergie propre pour l’éclairage public de Fès avec un potentiel de 6 MégaWatt (MW) a été arrêtée.

Aussi, les citoyens de Fès veulent plus de transparence dans la gestion des places de stationnement. Cette dernière a été déléguée à une société franco-italienne à qui il a offert la gestion de tous les parkings de la ville. Avant, les automobilistes payaient 2 DHpour un jour de stationnement alors qu’aujourd’hui, le prix est de 2 dirhams de l’heure et de 20 DH pour une journée de parking. Ladite société verse 6 millions de DH (MDH) à la commune contre 6,6 (MDH) dans l’ancien système. Il faut savoir qu’au vu du contrat, la commune n’a plus le droit d’encaisser les recettes d’autres parkings publics, ce qui occasionne une perte sèche de 15 MDH.

La première capitale du Maroc pâtit de nombreux problèmes, dont l’urbanisation galopante, la gestion des déchets, le transport urbain, l’occupation du domaine public, le manque d’infrastructures sanitaires, le manque d’accessibilités et d’espaces de divertissement, outre les contraintes de l’encombrement de la circulation. Pourtant cette cité millénaire ne manque pas d’atouts pour offrir à ses habitants un cadre de vie meilleur et un avenir radieux. Il suffit que le maire de Fès s’entoure de compétences à même d’élaborer une stratégie axée sur la réalisation d’un développement durable pour la deuxième ville marocaine en termes d’habitants.

Dernier articles
Les articles les plus lu
Migration irrégulière : plus de 73.000 tentatives déjouées en 2025

Politique-Le ministère de l’Intérieur fait état de 73.640 tentatives d’émigration irrégulière avortées en 2025.

Rédaction LeBrief - 3 avril 2026
Financement électoral : le gouvernement renforce le soutien à la participation

Politique - Le gouvernement augmente le financement électoral pour favoriser la participation des femmes, des jeunes, des MRE et des personnes en situation de handicap.

Mouna Aghlal - 3 avril 2026
Sahara : le Royaume-Uni réitère son appui au plan d’autonomie

Politique - Londres confirme son appui à l’initiative marocaine d’autonomie, jugée crédible et réaliste pour régler le différend autour du Sahara. Le Royaume-Uni insiste sur une issue durable et s’aligne sur la dynamique internationale portée par l’ONU.

Ilyasse Rhamir - 3 avril 2026
Conseil de gouvernement : feu vert au projet sur les campagnes électorales

Politique - Réuni à Rabat, le Conseil de gouvernement valide plusieurs décrets liés aux élections, à la justice, aux barrages et à la formation maritime, tout en examinant un accord avec le Vietnam.

Ilyasse Rhamir - 2 avril 2026
OTAN : le Maroc, pivot stratégique du voisinage sud

Politique - L’OTAN renforce son approche du sud et positionne le Maroc comme partenaire stratégique central dans la sécurité régionale et la coopération.

El Mehdi El Azhary - 2 avril 2026
Voir plus
Enseignement supérieur : le gouvernement fait le point sur l’avancement de la réforme

Politique - Le gouvernement fait le point sur la réforme de l'enseignement supérieur et son impact sur la recherche scientifique.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Le CCG salue le soutien du Roi Mohammed VI et réaffirme son appui à la marocanité du Sahara

Politique - Le CCG réaffirme son appui à la marocanité du Sahara lors de la 8e réunion ministérielle conjointe.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Sahara : 4 ans pour tout régler ?

Dossier - Le Maroc peut maintenant demander plus : sortir le dossier du Sahara de la quatrième commission de l'ONU, inscrire le Polisario comme organisation terroriste…

Sabrina El Faiz - 25 janvier 2025
Conseil de gouvernement : adoption de deux décrets sur la pêche continentale et les OPCVM

Politique - Le Conseil de gouvernement approuve des décrets sur la pêche continentale et les OPCVM pour une meilleure organisation sectorielle.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Le roi Mohammed VI lance à Nouaceur une usine Safran dédiée aux trains d’atterrissage

Politique - Le roi Mohammed VI donne le coup d’envoi d’une nouvelle usine Safran à Nouaceur, au Palais royal de Casablanca.

Ilyasse Rhamir - 13 février 2026
Le roi Mohammed VI salué par le CCG pour son engagement envers la ville sainte

Politique - Le CCG salue l'engagement du roi Mohammed VI lors de la réunion ministérielle conjointe. Un moment fort pour le Maroc et la région.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire