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Cafés et restaurants : vers une levée progressive des restrictions après ramadan ?

La pandémie de la Covid-19 continue de ravager le secteur des cafés et restaurants au Maroc. 25% des opérateurs de ce secteur n’ont eu d’autre choix que de baisser leurs rideaux et de fermer boutique en raison des effets économiques de la pandémie et des décisions unilatérales du gouvernement pour l’endiguer. Afin de soutenir les professionnels de ce secteur, l’Association nationale des propriétaires de cafés et de restaurants au Maroc (ANPCRM) a soumis aux ministères des Finances, de l’Industrie et du Travail un ensemble de propositions pour sauver leurs activités. De plus, plusieurs médias marocains ont affirmé que les cafés et restaurants pourraient reprendre leur travail normal après ramadan et rester ouverts jusqu’à 23h.

Par Nora Jaafar, Publié le 04/05/2021 à 14:11, mis à jour le 04/05/2021 à 16:05
         Temps de lecture 4 min.
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Levée du couvre-feu : les défis de la reprise

Les cafetiers et restaurateurs du Maroc voient enfin le bout du tunnel. Les professionnels de ce secteur pâtissent depuis le début de la pandémie de la Covid-19 des répercussions économiques de cette crise, mais aussi des décisions du gouvernement pour l’endiguer. L’exécutif a effectivement forcé les propriétaires de ces établissements à descendre leurs rideaux à 20h (avant ramadan), à ne plus diffuser les matches de football, à réduire de 50% leur capacité d’accueil, ou encore à respecter un couvre-feu ramadanesque qui les empêche de servir des ftours et d’ouvrir leurs portes le soir. Selon l’Association nationale des propriétaires de cafés et de restaurants au Maroc (ANPCRM), ces restrictions drastiques ont fait chuter le chiffre d’affaires du secteur de 60%. Elle déplore que, étant incapables de survivre aux dispositifs de prévention imposés par l’exécutif, 25% des cafés et restaurants aient fermé définitivement leurs portes. L’ANPCRM souligne que le reste des professionnels de ce secteur ont de plus en plus de mal à s’acquitter des charges qui leur incombent (loyer, eau et électricité, salaires des employés, cotisations sociales, impôts …).

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Le "mémorandum de sauvetage" de l’ANPCRM

Ainsi, face à cette situation chaotique, l’association a soumis aux ministères des Finances, de l’Industrie et du Travail plusieurs solutions qu’elle a listées dans un "mémorandum de sauvetage". Le premier volet de suggestions concerne les salaires et la sécurité sociale des travailleurs du secteur. Il propose d’indemniser en premier lieu les salariés déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), puis ceux non déclarés, sur la base d’une liste établie par l’employeur, qui à son tour s’engage à préserver leurs postes pour au moins six mois. Il s’agit aussi de soutenir à hauteur de 50% les cotisations mensuelles auprès de la CNSS, et ce depuis le début de la pandémie et jusqu’à sa fin, afin d’aider les propriétaires des établissements sinistrés à garder leurs employés. L’ANPCRM recommande aussi que le gouvernement indemnise jusqu’à 30% des personnels, notamment ceux dont les entreprises ne pourront pas reprendre leurs activités avant la levée de l’état d’urgence sanitaire. En outre, elle suggère une prorogation de deux ans des exemptions des pénalités et amendes liées à la CNSS tout en ventilant le montant principal sur 24 mois.

Lire aussi : Cafés et restaurants : des propositions pour sauver le secteur

Toujours dans le cadre de cette même catégorie, l’association préconise d’arrêter l’ensemble des jugements d’expulsion pour non-paiement des redevances accumulées pendant la pandémie, ainsi que de la prolonger de trois mois les délais légaux des notifications liées aux obligations de paiement de loyers durant cette période. Elle propose également une exemption des taxes sur les débits de boissons et sur l’occupation du domaine public et une baisse de 50% de la valeur de la taxe professionnelle entre 2020 et 2021. Mais aussi elle exhorte les agences de distribution d’eau et d’électricité à ne pas supprimer leurs compteurs, de planifier les arriérés et de diviser les versements sur 24 mois, une fois la pandémie terminée.

Par ailleurs, le mémorandum de sauvetage suggère aussi d’autoriser les cafés et les restaurants à rester ouverts jusqu’à 23h après la fin de ramadan, tout en respectant les dispositions préventives en vigueur. Et afin de leur permettre de respecter la distanciation sociale, le document propose d’autoriser ces derniers à exploiter les espaces avant et latéraux de leurs établissements. Enfin, l’association propose au ministre Moulay Hafid Elalamy d’autoriser les cafés et restaurants à assurer les livraisons jusqu’à minuit.

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Vers une levée des restrictions ?

Enfin, depuis hier plusieurs médias marocains ont rapporté que l’exécutif, après s’être penché sur les propositions de l’ANPCRM, est en train d’examiner la possibilité de permettre aux cafés et aux restaurants de rester ouverts jusqu’à 23h. Une source gouvernementale a confié dans ce sens à Les Inspirations Éco que «suite aux conclusions auxquelles est parvenu le suivi quotidien de la situation épidémiologique, pendant cette dernière période, et prenant en compte l’amélioration constatée aux quatre coins du Royaume, l’Exécutif se dirigerait, à la fin du mois sacré, vers la révision de certaines mesures restrictives, décrétées dans le but d’endiguer la propagation de la Covid-19, notamment celles liées aux cafés et aux restaurants». Noureddine Harrak, président de l’ANPCRM, a pour sa part expliqué à H24Info qu’il a entendu la même information, mais qu’il n’y a rien d’officiel pour le moment. Affaire à suivre...

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