Responsables du CCME, quel est votre bilan ? Réponse à Abdellah Boussouf, SG du Conseil

Dans cette tribune en cinq volets, le Professeur Abdelkrim Belguendouz, chercheur en migration, répond point par point aux déclarations de Abdellah Boussouf, secrétaire général du CCME, publiées dans un entretien accordé au journal Le Matin. Cette première partie ouvre le débat en revenant sur la question du bilan de l’institution après près de deux décennies d’existence.

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Tribune

Abdelkrim Belguendouz

Chercheur en migration

Temps de lecture : Publié le 16/03/2026 à 16:16
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Dans son édition du 19 février 2026 et sous le titre « La Fondation Mohammedia sera la clé de voûte d’une politique migratoire cohérente (Boussouf) », le journal « Le Matin » a publié un entretien avec Abdellah Boussouf , secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine résidant à l’étranger (CCME ou Conseil par la suite) dans lequel, sans le citer, il a « répondu », sans nullement convaincre, notamment à notre article publié par « LeBrief.ma » le 21 décembre 2025 sous le titre : « Après le gâchis des 18 années de gestion du CCME, le nécessaire sursaut ! »

« Le Matin » a posé en particulier la question suivante :
Question de « Le Matin » : « Des observateurs sévères dressent un bilan accablant du CCME dans sa première version. Zéro avis formel produit en 17 ans, zéro rapport stratégique publié, 37 membres au lieu de 50 prévus, une seule réunion de gouvernance. Que répondez-vous à ces critiques ? ».

1 – Observation préliminaire

C’est cette question consacrée spécifiquement au bilan de 18 années d’exercice du CCME, qui retiendra tout d’abord notre attention dans un cadre d’éclairage et de décryptage. Nous aborderons par la suite les raisons qui nous poussent à préconiser un dialogue public dans le domaine migratoire. Enfin, partant toujours de l’intervention publiée dans le cadre de la poursuite par la direction du Conseil d’une offensive médiatique appuyée, nous mettrons en avant pour notre part la nécessité de prendre en considération la dimension politique et démocratique du dossier des citoyens MRE. Celle-ci n’a pas encore été réglée depuis la fin du siècle dernier, en dépit de certaines inflexions sérieuses, mais qui n’ont pas résisté à des poches de résistance.

En précisant que la présente étude n’engage que son auteur, nous tenons à remercier vivement « LeBrief.ma » pour son hospitalité, à l’heure où parfois et paradoxalement, la discussion sur ces thématiques tout en s’ouvrant sur divers médias, devient cadenassée et perd son caractère pluralistes , en raison de certaines pratiques douteuses non transparentes et par refus du débat contradictoire par certains responsables institutionnels et certains médias (heureusement pas tous) qui leur sont liés. Cette contribution citoyenne au débat public pour l’action, est conçue comme suit. Elle est faite en tant qu’analyste, observateur assidu de la scène migratoire marocaine et acteur de la société civile en matière de protection et de promotion des droits multidimensionnels des citoyens marocains à l’étranger et des immigrés au Maroc.

Il faut en effet se parler, ne pas rompre l’échange, en disant avec honnêteté ce que l’on observe, en réagissant à ce qui se dit sur cette thématique et en formulant nous-mêmes notre part de « vérité » avec force, en appelant les choses par leur nom, sans aller avec le dos de la cuillère, en livrant notre vision des choses, avec des propositions concrètes à même de faire progresser la réflexion pour l’action, à partir de ce que l’on pense être le meilleur pour aller de l’avant, en faisant prévaloir l’intérêt du Maroc et celui de la communauté marocaine établie à l’étranger avant toute autre considération . Nous voulons de ce dialogue public qui suit, un débat franc, exigeant, sans complaisance, serein et constructif avec le secrétaire général du CCME, respectueux de la personne et de tous les responsables interpellés ici.

Disons-le d’emblée, parce que parfois, la chose n’est pas comprise, ou bien n’est pas admise. Notre démarche à base de recul et de distance à prendre, ne constitue nullement, faut-il le préciser, une opposition à l’institution discutée en tant que telle, à savoir le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), dont la création est un acquis, mais une opposition à la politique suivie par ses responsables, avant même sa mise en place . Tout comme ce n’est pas un acharnement, une crucifixion de tel responsable, ou bien prendre telle ou telle personne pour une victime expiatoire. Les critiques constructives qui font partie intégrante du débat démocratique responsable, de la démarche scientifique méthodique et de la culture de la bonne gouvernance, concernent des idées, des faits, des choix, des convictions ou bien des pratiques publiques, et ne constituent nullement une atteinte aux personnes.

Dés lors, si on peut considérer la création du CCME fin 2007, et sa constitutionnalisation en 2011 comme une avancée notable, sa mise en place n’est pas un but en soi. Il importe en conséquence d’évaluer ses pratiques pour tirer les enseignements adéquats, dans la perspective de la réforme institutionnelle annoncée.

2 – L’art de l’esquive et de botter en touche

Pour des raisons d’objectivité, de clarté du débat et de transparence, en plus de fournir le lien à la totalité de l’entretien avec le SG du Conseil, publié dans « Le Matin », et d’inviter les lecteurs à en prendre connaissance, nous préférons restituer intégralement (en italique) sa réponse à cette question précise, qui ne sera nullement complétée sur ce point par lui-même à d’autres moments de l’entretien. Ceci est préférable à la formulation d’une synthèse, au risque de procéder à des déformations, à une mauvaise interprétation ou à des omissions . L’autre grand avantage est de mettre les lecteurs potentiels devant toutes les données, pour qu’ils se fassent eux-mêmes une opinion sur leur contenu, avant de formuler nos propres observations et remarques et aller au fond du débat avec un certain nombre de précisions et de clarifications qui s’imposent. L’analyse et la démonstration seront basées sur l’argumentaire, la rigueur des constats, la prise en compte des faits tangibles et des données objectives.

Réponse de A. Boussouf : « Il faut d’abord replacer les choses dans leur contexte. Le communiqué annonçant la création du CCME précisait explicitement qu’il s’agissait d’une première édition transitoire, dans l’attente d’une version définitive sur de nouvelles bases. C’est précisément la version que nous attendons aujourd’hui. Cela dit, le CCME a accompli un travail considérable. Sa contribution la plus significative est sans doute d’avoir installé la question migratoire au cœur du débat public marocain. Aujourd’hui, c’est un dossier permanent, couvert par l’ensemble des médias nationaux avec des journalistes spécialisés et même un master dédié à la migration à l’ISIC. c’est une avancée considérable.

« Le CCME a également produit plus de 200 ouvrages sur toutes les facettes de l’immigration marocaine, mené des études de grande envergure, dont une auprès de 1400 jeunes Marocains d’Europe, et animé des groupes de travail thématiques sur les compétences, la question religieuse, la femme ou encore la citoyenneté. Nous avons organisé le premier Forum des Marocaines d’ici et d’ailleurs dés 2008, qui a ensuite voyagé en Europe, au Canada, dans les pays du Golfe et en Afrique. Nous avons contribué à inscrire la migration à l’agenda Parlementaire. C’est une base solide sur laquelle le prochain CCME pourra s’appuyer ».

Ainsi, en réponse à la question précitée du journal « Le Matin », on constate qu’ aucune forme de mea-culpa n’a été exprimée sur les reproches au CCME rappelés dans la question . Aucune introspection ou examen de conscience salvateur pour déterminer ce qui n’a pas marché et les raisons à cela. Ce n’est que le sentiment d’autosatisfaction et d’auto congratulation qui a dominé, avec « l’accomplissement d’un travail considérable », ayant permis « une avancée considérable ».

Ce sentiment d’auto satisfaction, va d’ailleurs se retrouver pratiquement dans tous les autres aspects du dossier migratoire qui ont été abordés, en réponse à diverses questions : « Je peux dire que le travail accompli (par le CCME), constitue une base solide pour élaborer des politiques publiques efficaces en faveur de notre communauté ». Ou bien encore s’agissant de diverses dimensions du dossier MRE : « Des thèmes essentiels ont été traités en profondeur. Sur chacun des sujets, nous avons produit de la matière substantielle ». En matière d’encadrement religieux , dans lequel le SG du Conseil est étroitement impliqué (sans le dire ) : « l’effort est considérable et mérite d’être salué. La coordination entre le ministère des Habous, la Fondation Hassan II et le Conseil supérieur des Oulémas est bien rodée et donne des résultats satisfaisants ».

Cependant, le discours royal du 6 novembre 2024, annonçant la création de la Fondation Mohammedia des Marocains résidant à l’étranger, fournit une toute autre tonalité : « Nous attendons de cette institution qu’à la faveur de l’implication des départements ministériels concernés et des différents acteurs, elle donne une forte impulsion à l’encadrement linguistique, culturel et religieux des membres de la communauté, toutes générations confondues ».

Or soulignons-le avec force . Le Conseil est aux abonnés absents sur l’essentiel de sa raison d’être et de son cahier de charge. Il n’a produit aucun avis consultatif, leur préparation incombant pourtant à « l’animation » vantée des groupes de travail thématiques internes au Conseil, qui ont été en fait gelés durant la très grande partie de leur existence, comme nous le montrerons par la suite. De même, aucun rapport stratégique n’a vu le jour, soit en mars 2026, un déficit de neuf de ces rapports .

Pourtant, nombreux sont les thèmes qui auraient pu faire l’objet de ces analyses prospectives : L’évolution de la situation de la femme marocaine à l’étranger. Quel impact de l’Agenda africain des migrations sur les politiques migratoires du Maroc ? Le pacte de Marrakech : quelles conséquences pour le Maroc ? Quelles répercussions sur le Maroc du (projet de) nouveau pacte européen sur la migration et l’asile lancé à l’automne 2020 qui entrera en application au milieu de cette année 2026 ? L’évolution de la communauté marocaine à l’étranger à l’horizon 2040. Le Partenariat-Talents avec l’UE : quelles conséquences pour le Maroc? Les nouvelles générations de MRE : quelle évolution future des liens avec le Maroc ? Quelle stratégie globale, cohérente et intégrée en matière de communauté marocaine résidant à l’étranger ?

La nécessité impérieuse d’avoir cette stratégie nationale MRE est présente avec force depuis bien des années dans les discours royaux et même lorsqu’elle avait été nommée par le Souverain, le 21 décembre 2007, la direction bicéphale du Conseil avait été chargée de l’élaborer, en partenariat avec les autres départements et institutions concernées (notamment la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger et le ministère chargé des MRE auxquels s’est agrégé l’IRES), mais la tentative lancée en 2012-2013 a totalement échoué, sans que ce chantier stratégique ne soit réouvert depuis cette date sur des bases appropriées, plus professionnellles. C’est la raison pour laquelle, nous semble t-il, la Fondation Mohammedia des Marocains résidant à l’étranger, sera également chargée comme l’a annoncé le discours royal du 6 novembre 2024, de « coordonner l’élaboration et la mise en œuvre de la Stratégie nationale dédiée aux Marocains résidant à l’étranger ».

Toujours concernant la gouvernance interne du Conseil : zéro assemblée plénière tenue, aucune nouvelle nomination de membres pour combler le déficit initial de sièges pourvus (13), de ceux qui sont décédés (2) ou ont démissionné (1), se sont retirés (2) ou gelé sinédie leur participation (2).

3 – Un contournement des problèmes existants

Cependant, si le secrétaire général du CCME n’a pas nié et démenti l’existence de ces défaillances majeures et des dysfonctionnements structurels précités (ce qui constitue un grand progrès par rapport à ses analyses habituelles), il a néanmoins tenté la prouesse de les justifier, en les « zappant » et en les contournant tout simplement, en bottant en touche, en faisant pratiquement l’impasse sur les critiques au niveau du débat public rappelées dans la question. Or si on défend objectivement le bilan d’une institution nationale comme le CCME, si on « l’assume » réellement selon l’appréciation flatteuse avancée dans le chapeau de « l’entretien », on ne pratique pas la dérobade, on joue carte sur table, en partant des aspects fondamentaux liés aux obligations à honorer, des faits et actes réels en relation avec le cadre législatif et réglementaire concerné, ce qui n’est pas du tout le cas ici.

Le secrétaire général du Conseil s’est exonéré en effet à peu de frais des responsabilités des dirigeants du CCME de fournir des réponses claires, sans détour, sans équivoque ou ambiguïté en rapport avec les critiques de fond adressées aux responsables du Conseil sur les résultats concrets obtenus, comparés aux devoirs à remplir. À la difficulté, en tant que choix assumé à entreprendre le bilan à partir des objectifs réels de la mission, une démarche de substitution a été utilisée comme un artifice ou un faux fuyant pour éluder le problème.

4 – L’alibi du caractère transitoire du Conseil

Cette démarche du SG du Conseil a consisté au niveau de l’analyse et de l’évaluation, à faire fondamentalement référence à un contexte ou à un environnement déterminé par le « caractère transitoire » de la première configuration du CCME. Avec en plus, une conception non pas bien limitée dans le temps de cette « première édition transitoire » ou étape transitoire, mais une conception très élastique et large de sa dimension temporelle. Pratiquement, depuis la création de cette institution fin 2007 jusqu’à nos jours en mars 2026. C’est selon ce responsable institutionnel, ce qui expliquerait ces dysfonctionnements, le CCME n’ayant pas en quelque sorte dans cette « première édition transitoire », d’obligations précises, une feuille de route claire et sans équivoque à appliquer, ou un cahier de charge bien délimité à respecter. Il va falloir, selon lui, attendre la version définitive sur de nouvelles bases.

Et de passer directement aux activités du Conseil liées à l’animation culturelle et à la tenue « d’événements du CCME », soumis lors de leur préparation et déroulement à une grande visibilité médiatique et à des effets d’annonce, sans qu’à aucun moment au niveau de l’entretien publié par « Le Matin », et c’est fort regrettable, le débat ne soit relancé ou ramené vers le sujet central de la question capitale posée. Pourtant , celle-ci est constituée par l’énoncé d’une série de critiques de fond sur le bilan de l’institution consultative et de bonne gouvernance, formulées dans des analyses critiques de la gestion du CCME.

Cependant, le SG du Conseil n’y’a nullement répondu, faisant en fin compte de son intervention médiatique, une pure tribune, une pure opération de « com » sans contradicteur, alors que l’objectivité et les réponses fournies, l’exigent. Les développements qui vont suivre, attestent de cette démarche unilatérale.

5 – Un provisoire qui dure, sans obligations ?

Si créée le 21 décembre 2007, la première version du CCME était provisoire, délimitée à 4 ans pour les membres, laissée de fait en prorogation infinie jusqu’à présent en mars 2026, dans l’attente de la nouvelle mouture ou configuration qui n’arrive toujours pas, on ne peut nullement, comme le fait le SG du Conseil, laisser entendre ou suggérer que les missions exactes du CCME restent bien vagues, ne sont pas formellement désignées et contraignantes. Ou que les responsables du Conseil ne sont pas obligatoirement tenus par des taches à réaliser et des objectifs concrets précis à atteindre, en termes d’obligations de résultats et de performance.

Dans cet esprit, le secrétaire général du CCME n’a fait référence qu’au communiqué du Cabinet royal en date du 21 décembre 2007 (nomination des deux dirigeants du Conseil) qui a parlé en effet d’ « un premier mandat transitoire de quatre ans ». Il a vite glissé vers les aspects culturels et l’édition de livres, activités certes fort intéressantes en soi, mais ne relevant pas des attributions et missions fondamentales du Conseil, et faisant plus diversion sur le cahier de charges de cette institution nationale.

Le numéro 2 du Conseil a même fait l’impasse sur les obligations fondamentales, qui sont pourtant déjà bien énoncées dans le communiqué du Cabinet royal et que l’on abordera plus loin. Plus que cela, dans une démarche très surprenante qui interroge fortement pour le moins, il a esquivé, voire ignoré superbement toute référence au texte juridique fondateur du CCME, qui organise pourtant l’institution et délimite clairement et sans ambiguïté les responsabilités. Sans que cette question fondamentale ne soit remise au centre du débat, à aucun autre moment du déroulé de « l’entretien », ramenant pratiquement l’exercice à des réponses à un questionnaire, voire même à une auto-interview sur mesure pour faire passer les messages comme on veut, sans aucune relance de la discussion ou amorce d’un débat .

6 – Des missions bien définies par Dahir

En effet, la mission du CCME, qui n’est nullement celle d’un acteur ou opérateur culturel ayant une mission exécutive en ce domaine, est double : consultative et prospective. Il n’y a aucun flou ou ambiguïté à entrevoir à ce niveau comme a tenté de le faire le SG du Conseil. Cette double mission n’est pas vague actuellement, dans l’attente de la nouvelle version du Conseil qui se fait attendre depuis la constitutionnalisation de l’institution par l’article 163 de la Constitution. Bien au contraire, elle est encadrée formellement et précisément par le Dahir royal n° 1.07.208 du 21 décembre 2007 portant création du Conseil qui engage de manière nette les responsables en termes d’obligation de résultats et d’efficacité.

Son article 2 précise que le Conseil doit émettre des avis consultatifs sur toute une série d’éléments concernant le vaste champs thématique relatif aux Marocains résidant à l’étranger. Il énonce aussi que dans le cadre de sa mission prospective, le Conseil doit établir un rapport bisannuel général d’analyse des tendances de l’émigration marocaine et de ses problématiques particulières. A cet effet, il est « également chargé d’observer les évolutions prévisibles dans le domaine de l’émigration sur les plans politique, économique, culturel et scientifique ». Ceci permettrait aux autorités marocaines concernées, de prendre notamment des mesures anticipatrices en matière de politiques migratoires en direction de la communauté marocaine établie hors des frontières nationales.

Pour être validés, ces projets d’avis consultatifs et ces projets de rapports doivent nécessairement et impérativement, selon l’article 2 du Dahir, faire l’objet de délibérations dans le cadre de l’assemblée plénière du Conseil qui doit se réunir, selon l’article 14 du Dahir, une fois par an en session ordinaire, précisément au cours du mois de novembre.

Une assemblée plénière a bien eu lieu début juin 2008. Elle a permis la structuration de l’institution en six groupes de travail qui sont les suivants, balayant le vaste champ des préoccupations et attentes de la communauté marocaine établie à l’étranger :

  • Approche genre et nouvelles générations.
  • Cultures, éducation et identité.
  • Compétences scientifiques, techniques et économiques pour le développement solidaire.
  • Administration, droits des usagers et politiques publiques.
  • Cultes et éducation religieuse.
  • Citoyenneté et participation politique.

Mais force est de constater qu’en dehors de cette assemblée plénière spéciale pour le vote du règlement intérieur, l’organisation du Conseil et le lancement de ses travaux, aucune autre assemblée annuelle n’a eu lieu, à ce jour, depuis 18 ans !!!

Au total, faire abstraction du Dahir du 21 décembre 2007 portant création du CCME, comme le fait ouvertement et sans hésitation aucune, le SG du Conseil pour éluder les responsabilités de sa direction bicéphale dans ses manquements graves, n’est pas sérieux ! C’est une offense, une atteinte flagrante au système institutionnel marocain et à l’Etat de droit. On doit tout de même également exiger des dirigeants qui ont en charge ce type d’institution, un minimum de respect pour l’opinion publique.

Prochain article : 2/5 – Réponse à Abdellah Boussouf, SG du CCME.

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