L’Afrique et l’IA médicale : levier de progrès ou nouvelle dépendance ?
À première vue, l’IA apparaît comme une réponse séduisante : elle promet d’optimiser les diagnostics, de personnaliser les traitements, de combler le déficit en personnel médical. Mais derrière cette promesse se cache un dilemme plus profond : celui de la souveraineté technologique et de la dépendance numérique.
Au Maroc, l’intelligence artificielle commence déjà à s’intégrer dans le domaine médical. Les usages les plus courants concernent l’aide à la décision clinique et l’analyse d’images. Le Rwanda, pionnier du numérique en santé, explore la télémédecine appuyée par l’IA. Des start-ups africaines innovent, des hackathons s’organisent, et les discours politiques se font volontiers enthousiastes. Pourtant, un constat s’impose : la majorité des solutions utilisées sont conçues ailleurs, entraînées sur des données qui ne nous ressemblent pas, hébergées sur des serveurs hors de notre portée.
Le danger est là : celui d’un transfert passif de technologies, sans maîtrise réelle, sans capacité d’adaptation locale, sans réflexion éthique propre à nos réalités. L’IA n’est pas neutre. Elle reflète les biais de ceux qui la conçoivent, les priorités de ceux qui la financent, les asymétries de ceux qui la contrôlent. L’Afrique ne peut pas se contenter de consommer des algorithmes importés. Elle doit pouvoir en être productrice, ou du moins co-constructrice.
Cela suppose de relever trois défis majeurs. D’abord, celui de la formation : il nous faut une nouvelle génération de chercheurs, médecins, ingénieurs, juristes, capables de dialoguer avec l’IA, d’en comprendre les limites, d’en encadrer les usages. Ensuite, celui de la régulation : nos pays doivent se doter de cadres juridiques solides, garantissant la sécurité des données, la responsabilité en cas d’erreur, et l’accès équitable aux outils. Enfin, celui de la culture scientifique : promouvoir une approche critique, contextualisée, enracinée dans nos enjeux de santé publique, et sensible aux particularités linguistiques, culturels et sociaux de nos populations.
L’IA peut nous aider à mieux soigner. Mais elle ne peut remplacer ni le lien humain, ni la justice sociale, ni la volonté politique. Elle ne sera un levier de transformation que si elle s’inscrit dans une vision africaine de la santé, une vision qui ne confonde pas innovation et aliénation.
La mondialisation des échanges, l’intensification des flux migratoires et la transnationalisation de la criminalité ont profondément transformé les exigences de la coopération judiciaire entre États. Les instruments classiques de l’entraide – conventions bilatérales, commissions rogatoires internationales, demandes d’extradition – demeurent indispensables, mais leur mise en œuvre se heurte souvent à la lenteur, à la méconnaissance réciproque des systèmes juridiques et à l’absence d’interlocuteurs identifiés. C’est pour combler cet interstice opérationnel qu’a émergé, à partir des années 1990, la figure du…
Par Ali Bouyiss, Doctorant· en droit - sciences juridiques / Faculté de droit et de criminologie / Université libre de BruxellesDurant le protectorat français, la coopération entre le Maroc et les États-Unis s’est inscrite dans une démarche de transfert d’expertises et de partage de connaissances. Entre 1929 et 1933, plusieurs missions et visites d’études ont été effectuées au profit de coloniaux pour étudier l’horticulture en Californie. Composée des professionnels de l’hydraulique, des travaux publics, du génie rural et de l’agriculture, l’une de ces missions d’observation et d’exploration a élaboré un rapport intitulé « De Los Angeles à Rabat », présentant…
Par Said Alahyane, Enseignant-chercheur, Université Cadi Ayyad, MarrakechCette erreur, c’est le recrutement par affect. Ce que ça veut dire concrètement Recruter par affect, ce n’est pas nécessairement recruter un membre de sa famille — même si c’est souvent le cas. C’est recruter quelqu’un parce qu’on lui fait confiance, parce qu’on le connaît depuis longtemps, parce qu’il « a toujours été là », parce qu’on se sent redevable, ou parce que le refuser créerait une tension sociale difficile à gérer. C’est le cousin qui « est sérieux ».…
Par Mostafa Mounasser, Dirigeant d’entreprise, 23 ans d’expérience au Maroc et en TurquieCe paradoxe – travailler plus pour avancer moins – n’est pas un problème de discipline ou d’intelligence. C’est un problème de structure. Et il a un nom : le piège de l’opérationnel. Travailler dans l’entreprise ou sur l’entreprise Michael Gerber, dans son livre sur l’entrepreneuriat, distinguait deux postures : travailler dans l’entreprise -faire les choses – et travailler sur l’entreprise – construire le système qui fait les choses. Dans la plupart des PME marocaines que j’accompagne, le dirigeant est englué…
Par Mostafa Mounasser, Dirigeant d’entreprise, 23 ans d’expérience au Maroc et en TurquiePendant des décennies, le constructeur a incarné la puissance manufacturière allemande, la capacité d’innovation de son industrie et la solidité d’un système économique fondé sur l’exportation. Toutefois, les transformations rapides de l’économie mondiale imposent désormais une remise en question profonde de certains acquis. La révision des flux d’exportation et de production locale impose une transformation d’envergure, plaçant le pays face à un défi de modernisation crucial. Cette évolution ne concerne pas uniquement une entreprise emblématique, mais reflète également les interrogations…
Par Pr. Mourad Alami, Professeur des Universités Allemagne, Maroc, Chine Ancien Membre du Conseil d’Administration de la Chambre arabo-allemande de Commerce et d’Industrie (Ghorfa), BerlinLa journée avance à grande vitesse, et pourtant une impression étrange persiste. Nous n’avons jamais été aussi occupés. Nous ne sommes pas certains d’avoir jamais été aussi concentrés. Depuis plusieurs années, les organisations cherchent à gagner en efficacité. Automatisation, digitalisation, intelligence artificielle, travail collaboratif, pilotage par les données. Chaque innovation promet de raccourcir les délais, fluidifier les processus et accélérer la prise de décision. La promesse est largement tenue. Les entreprises produisent davantage. Les échanges sont instantanés. L’information circule à…
Par Dr Ihsane El Fakid, Professeure-chercheuse en sciences de gestion à HEC RabatCette évolution traduit l’émergence d’un nouvel espace stratégique dans lequel les rapports de force ne se limitent plus aux dimensions terrestres, maritimes, aériennes ou spatiales. Le cyberspace constitue aujourd’hui un théâtre d’affrontement à part entière, où s’exercent des formes inédites de compétition économique, d’influence politique, d’espionnage stratégique et de confrontation géopolitique. Selon les projections de Cybersecurity Ventures, le coût mondial de la cybercriminalité pourrait atteindre 10.500 milliards de dollars annuels, un montant qui illustre l’ampleur économique et stratégique des menaces…
Par Ouissale El Gharbaoui, Enseignante chercheuse à HEC Rabat Business SchoolMais le plus dangereux dans cette démarche est que ce gouvernement n’a pas le courage de dire la vérité aux Marocains, une vérité qui donne froid dans le dos; le gouvernement a renoncé à la réforme, car les caisses, dans l’état actuel du système, sont irréformables. Le problème n’est pas que le gouvernement ne veut pas; il ne sait pas et, surtout, ne peut pas. En effet, notre système de retraite est fondé sur la répartition intergénérationnelle (chaque génération paie…
Par Mohamed Ouzzine, Secrétaire général du parti Mouvement populaireCependant, cette pratique pose une question délicate : où s’arrête l’inspiration et où commence l’appropriation illégitime d’une histoire personnelle ? L’affaire entourant Kamel Daoud et son roman Houris illustre les tensions qui surgissent lorsque fiction et réalité s’entrelacent. Lauréat du prix Goncourt 2024, Daoud se voit reproché d’avoir utilisé, sans consentement, le récit d’une survivante de la guerre civile algérienne, ancienne patiente de son épouse psychiatre. Si l’écrivain réfute ces accusations en invoquant la fiction comme territoire libre, cette controverse…
Par Intissar Haddiya, Médecin et auteure marocaineDans les grandes agglomérations, les tendances sont tout aussi disparates. À Casablanca, l’IPAI a reculé de 1%, avec des baisses de 0,5% pour les biens résidentiels, de 2,7% pour les terrains, et de 2,2% pour les actifs professionnels. La ville a également enregistré une contraction significative de 30,1% des transactions, notamment pour les terrains (-41,7%) et les locaux professionnels (-33,3%). À Rabat, les prix ont diminué de 0,6% globalement, avec une baisse notable de 7,5% des actifs professionnels, mais les…
Par Karim Mabrour, Fondateur et CEO de MKM ImmobilierLe rôle du Maroc s’étend bien au-delà de la simple défense de son intégrité territoriale face aux revendications désuètes du Polisario, il incarne une riposte systématique aux menaces qui gangrènent la stabilité de l’Europe, du Sahel et du Maghreb. La position géostratégique du Maroc, à la croisée de l’Atlantique, de la Méditerranée et du Sahel, confère au pays une fonction essentielle dans l’architecture sécuritaire mondiale. Les services de renseignement marocains, notamment la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST)…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifLa célébration de l’année hégirienne incarne le socle islamique fondamental de l’identité marocaine, tandis que la commémoration de l’année grégorienne illustre l’ouverture du Royaume au monde moderne et son interaction avec la culture occidentale. La célébration de l’année amazighe, quant à elle, honore des racines ancestrales profondes liées à l’identité amazighe, un pilier fondamental du tissu social marocain. Bien que ces festivités témoignent d’une reconnaissance certaine de la diversité culturelle marocaine, elles révèlent néanmoins des lacunes criantes si elles n’incluent…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifUne ambition qui dépasse les frontières Au-delà de l’exposition et des conférences, le Green Impact Expo & Summit porte une vision : celle de créer une communauté marocaine de la mobilité durable, où chaque acteur, qu’il soit industriel, institutionnel, académique ou citoyen peut contribuer à construire les solutions de demain. Cet événement incarne une dynamique unique, où la collaboration transcende les simples enjeux commerciaux pour embrasser une responsabilité collective envers l’avenir de notre planète. Dans un contexte où les politiques…
Par Omar Amarouch, Chargé des partenariats et de la commercialisation du Green Impact Expo & Summit,Dans ces environnements urbains, les rythmes de vie, les infrastructures et les dynamiques sociales ne sont plus en phase, créant une fragmentation de l’expérience urbaine. L’urbanisation rapide, souvent motivée par des impératifs économiques plutôt que par une vision cohérente de la ville, conduit à un désaccord entre les différents éléments qui composent la cité. Les transports fonctionnent à une cadence différente de celle des besoins résidentiels, les espaces de travail ne s’intègrent pas harmonieusement aux zones de loisirs, et les…
Par Mohammed Hakim Belkadi, Consultant architecte des écosystèmes urbains prédictifs et des milieux interconnectés expert judiciaireCe régime, dont les pratiques empiètent systématiquement sur la souveraineté des nations voisines, s’appuie en interne sur une propagande mensongère visant à alimenter la haine, à détourner ses citoyens de leurs véritables aspirations, et à les priver de leur droit légitime au développement, à la justice sociale, et à la prospérité. Son objectif est évident : manipuler l’opinion publique pour la maintenir captive de projets idéologiques en décalage complet avec les besoins et les droits réels de ses citoyens. Après…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifUne réflexion scientifique pour une mobilité durable La programmation scientifique du Green Impact Expo & Summit repose sur une approche transversale qui intègre les dimensions économiques, sociales et environnementales de la mobilité. L’objectif est clair : élaborer des solutions innovantes adaptées aux territoires et aux besoins des populations, tout en répondant aux impératifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le Maroc, acteur clé de cette dynamique, s’est fixé un objectif ambitieux de réduction de 45% de…
Par Mehdi Amarouch, Directeur du programme Green Impact Expo & Summit