TPE marocaines : la CM-TPME alerte sur une crise de survie
Confédération marocaine des TPE-PME © DR
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À l’occasion de la Journée mondiale des petites entreprises, célébrée le 27 juin, la Confédération marocaine des TPE-PME (CM-TPME) tire la sonnette d’alarme sur la situation des très petites entreprises au Maroc. Bien qu’elles représentent près de 98% du tissu entrepreneurial national, ces structures continuent, selon l’organisation, de faire face à des obstacles majeurs qui compromettent leur développement et leur pérennité.
La confédération s’appuie notamment sur les conclusions de son étude nationale intitulée « Le moteur enrayé : les 12 vérités des TPE marocaines », publiée en mars 2026. Cette enquête met en évidence une fragilité croissante de ces entreprises, pourtant essentielles à l’économie du Royaume.
D’après les données citées par la CM-TPME, les TPE assurent plus de la moitié des emplois déclarés dans le secteur privé et jouent un rôle central dans l’animation économique des territoires. Malgré cette contribution, elles peinent à accéder aux mécanismes de soutien, de financement et aux opportunités de marché.
Les chiffres avancés sont particulièrement préoccupants. Entre 2022 et 2025, quelque 150.000 entreprises auraient disparu, dont une écrasante majorité de TPE. En 2025, une très petite entreprise cessait son activité toutes les dix minutes. Par ailleurs, près de sept entreprises sur dix ne dépasseraient pas le cap des cinq premières années d’existence.
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Des freins structurels persistants
La CM-TPME identifie plusieurs facteurs expliquant cette situation. L’accès limité au crédit bancaire figure parmi les principaux obstacles. Malgré leur poids économique, les TPE ne bénéficieraient que d’une faible part des financements accordés aux entreprises.
À cela s’ajoutent les retards de paiement, souvent supérieurs à trois mois, qui fragilisent leur trésorerie. La confédération pointe également une fiscalité jugée peu adaptée aux réalités des petites structures ainsi qu’une faible intégration aux marchés publics, malgré l’existence d’un quota légal censé leur être réservé.
L’ampleur du secteur informel constitue également un défi de taille. Selon les données relayées par l’organisation, plus de deux millions d’unités de production opèrent en dehors du cadre formel, créant une concurrence difficile pour les entreprises déclarées.
Face à ce constat, la CM-TPME propose un ensemble de 25 réformes articulées autour de plusieurs axes, notamment le financement, la fiscalité, la digitalisation, la formation et la représentation institutionnelle. Parmi les mesures avancées figurent la création d’une banque publique dédiée aux TPE, l’application effective du quota de 20% des marchés publics et la mise en place d’un cadre fiscal simplifié.
L’organisation plaide également pour le lancement d’une initiative nationale à l’horizon 2035 visant à renforcer la contribution des TPE à l’emploi, améliorer leur accès au crédit et accélérer la formalisation de l’économie informelle. Dans ce contexte, la CM-TPME a annoncé le report de ses premières Assises nationales des TPE au 25 novembre 2026, afin de soumettre ses propositions au futur gouvernement issu des prochaines élections.
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