Statut des enseignants-chercheurs : une réunion attendue avec le chef du gouvernement

Avatar de Hajar Toufik

Temps de lecture :

Statut des enseignants-chercheurs : une réunion attendue avec le chef du gouvernementUn cours en amphithéâtre dans une université au Maroc © DR

A
A
A
A
A

Cela fait plusieurs années que la réforme du statut particulier du corps des enseignants-chercheurs traîne. Une réunion importante est attendue le 26 septembre prochain entre le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, le ministre de l’Enseignement supérieur et le syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP). Et contrairement à ce qui a été relayé, aucune grève n’est observée du côté du corps professoral. Détails.

Les enseignants-chercheurs ne sont pas encore parvenus à un accord définitif sur la nouvelle réforme concernant leur statut et ils ne sont pas prêts à lâcher leurs revendications. Une réunion entre le chef du gouvernement, le ministre de l’Enseignement supérieur et les syndicats va avoir lieu la semaine prochaine et elle pourrait trancher les divergences qui subsistent entre les deux parties. Les enseignants-chercheurs fondent d’ailleurs beaucoup d’espoir sur cette rencontre et attendent une promesse ferme pour activer sans délai cette réforme, dont le texte avait fait l’objet de longues discussions depuis plusieurs années.

Des rumeurs font état d’une grève des enseignants-chercheurs dès ce lundi, mais il s’agit d’une fausse information, nous confirme Jamal Eddine Sebbani, secrétaire général du SNESUP. «Nous ne sommes pas en grève. Nous avons une première réunion avec le chef du gouvernement. Elle a été d’ailleurs reportée en raison de son déplacement à New York», assure-t-il.

Lire aussi : Abdellatif Miraoui : «Il ne s’agit pas d’une énième réforme, mais plutôt d’une autre manière de conduire les réformes»

Les véritables revendications

Le nouveau statut des enseignants-chercheurs devra reposer sur plusieurs points, dont le but est de tirer vers le haut le niveau des universités marocaines, à travers une formation appropriée et une valorisation du capital humain.

Les propositions du syndicat concernent en particulier la revalorisation équilibrée des indemnités des enseignants-chercheurs. Aujourd’hui, un enseignant en début de parcours perçoit un salaire de près de 13.000 DH, qui peut augmenter jusqu’à 26.000 DH avec l’ancienneté et l’évolution dans le grade.

Ainsi, le syndicat défend une augmentation allant de 2.000 DH pour les professeurs assistants, jusqu’à 4.000 DH pour les professeurs de l’enseignement supérieur. Une telle revalorisation des salaires devrait coûter un budget additionnel de deux milliards de DH, selon les projections du ministère de tutelle.

Autre volet : la limite d’âge. Fixée à 45 ans, elle ne convient pas aux syndicats. Car selon eux, les conditions du recrutement n’encouragent pas les compétences marocaines à l’étranger (MRE) qui souhaitent revenir à la mère patrie et qui sont pourtant prêtes à apporter une valeur ajoutée aux études universitaires. Elles privilégient aussi le recrutement de jeunes enseignants en manque d’expériences. Sur la question des ressources humaines, les syndicats réclament également une hausse des postes budgétaires dévolus au secteur, pour pallier le risque de pénurie.

Lire aussi : Miraoui : le nouveau statut du corps des enseignants-chercheurs bientôt prêt

Une situation qui perdure

Le texte avait fait l’objet de longues discussions. Trois ministres de tutelle se sont succédé sans pouvoir trouver une formule consensuelle. Déçus, les syndicats semblent aujourd’hui avoir épuisé toute leur patiente et espèrent un lancement du chantier pour redonner la considération méritée au secteur de l’enseignement supérieur au Maroc.

Après Lahcen Daoudi et Saaïd Amzazi, Abdellatif Miraoui avait promis de poursuivre le travail de ses prédécesseurs. En août dernier, il avait assuré «que le nouveau statut particulier du corps des enseignants-chercheurs est dans son dernier stade et que le texte sera aussi finalisé très prochainement».

Il est à préciser que l’actuel ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation veut que la fonction des enseignants soit encadrée conformément à l’esprit du Nouveau modèle de développement. Il plaide pour des enseignants-chercheurs de nouvelle génération, qui devraient être reclassés selon deux nouvelles catégories, à savoir maître de conférences et professeur de l’enseignement supérieur, sachant que l’actuel statut en prévoit trois : le professeur de l’enseignement supérieur, le professeur habilité et le professeur-assistant.

La dernière réunion en date remonte au 2 septembre dernier. Elle avait été présidée par Aziz Akhannouch, en présence de la ministre des Finances, Nadia Fettah, du ministre de l’Enseignement supérieur, Abdellatif Miraoui, et du ministre délégué chargé du budget, Fouzi Lekjaa. Les projets liés à l’enseignement supérieur y ont d’ailleurs été discutés. Les professionnels du secteur sont donc dans l’attente de l’application du nouveau statut des enseignants-chercheurs, tout en prenant acte des revendications syndicales.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Marathon Casablanca : restrictions de circulation prévues les 16 et 17 mai

Société - Casablanca prépare des restrictions les 16 et 17 mai pour le Marathon 10 km International. Voici ce qu’il faut retenir.

Rédaction LeBrief - 15 mai 2026
Promotion exceptionnelle : plus de 22.000 enseignants concernés

Société - Plus de 22.000 enseignants accèdent à une promotion exceptionnelle vers le grade d’excellence, incluant pour la première fois le primaire.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Fès : un individu armé neutralisé après une attaque au couteau

Société - À Fès, un homme de 35 ans sous stupéfiants et armé de couteaux a menacé des citoyens et résisté à la police. Les forces de l’ordre ont utilisé armes de service et Taser pour le neutraliser avant son transfert à l’hôpital.

Ilyasse Rhamir - 14 mai 2026
Saisie de 3,4 tonnes de cannabis près de Casablanca

Société - Une opération de la BNPJ près de Casablanca a permis la saisie de 3,4 tonnes de résine de cannabis dans un véhicule abandonné après une poursuite nocturne.

Ilyasse Rhamir - 14 mai 2026
Casablanca : saisie de 692.000 produits de contrebande à Bernoussi

Société - À Casablanca, quatre individus ont été interpellés à Sidi Bernoussi dans une affaire de trafic de produits pharmaceutiques illicites.

Ilyasse Rhamir - 14 mai 2026
Alerte météo : fortes rafales et neige annoncées dans plusieurs provinces

Société - Vents violents et neige attendus de jeudi à samedi dans plusieurs régions du Royaume avec des rafales jusqu’à 85 km/h à Figuig et des chutes de neige en altitude touchant Ouarzazate, Azilal, Midelt, Tinghir, Taroudant et Al Haouz.

Ilyasse Rhamir - 14 mai 2026
Voir plus
Aïd Al-Fitr 1447 pourrait tomber le samedi 21 mars

Société - Selon les calculs astronomiques, Aïd al-Fitr 2026 pourrait tomber le samedi 21 mars au Maroc. La visibilité du croissant lunaire est prévue vendredi soir, mais la date officielle sera confirmée par le ministère des Habous.

Ilyasse Rhamir - 9 mars 2026
Ramadan : horaires spéciaux du tramway de Casablanca

Société - Le réseau CASA Tramway adopte des horaires spéciaux durant le mois de Ramadan.

Mouna Aghlal - 17 février 2026
Ramadan 2026 : la Zakat Al Fitr fixée à 25 dirhams

Société - Le Conseil supérieur des oulémas annonce la valeur de la Zakat Al Fitr pour 2026 à 25 dirhams pour l'année 1447 de l'Hégire.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
8 mars : 8 Marocaines qui bousculent les lignes

Société-A l’occasion du 8 mars, LeBrief rend hommage à 8 femmes que nous avons rencontrées et interviewées ces derniers mois.

Sabrina El Faiz - 8 mars 2026
Manifestations de la « GenZ 212 » : 60 personnalités marocaines exhortent le Roi à engager des réformes profondes

Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.

Hajar Toufik - 8 octobre 2025
Travaux : les Casablancais n’en peuvent plus !

Dossier - Des piétons qui traversent d’un trottoir à l’autre, des voitures qui zigzaguent… À croire que les Casablancais vivent dans un jeu vidéo, sans bouton pause.

Sabrina El Faiz - 12 avril 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire