Sommet arabe : les défections s’enchaînent, un revers pour les efforts de l’Algérie

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Les ministres arabes se rassemblent à Riyad pour un sommet critique sur la situation à GazaSommet de la Ligue arabe © DR

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C’est sans doute un coup dur pour l’Algérie. Quatre chefs d’État ont déjà annoncé qu’ils ne se rendront pas au Sommet de la Ligue arabe organisé à Alger les 1ᵉʳ et 2 novembre prochain. Après la défection de Mohammed Ben Salmane, prince héritier d’Arabie saoudite, c’est au tour du roi du Bahreïn, du sultan d’Oman et du président libanais de se désister en désignant des représentants à ce Sommet arabe. Qu’en est-il de la représentation du Royaume dans cet événement ?

À huit jours du Sommet de la Ligue arabe prévu les 1er et 2 novembre prochain, les défections des chefs d’États arabes se poursuivent.

Pour sa part, le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane (MBS), n’ira pas à ce Sommet. Ses médecins lui déconseillant de longs voyages en avion en raison d’un problème d’oreille. «L’équipe médicale des cliniques royales a préconisé qu’il évite de voyager en avion sur de longues distances sans s’arrêter», pour ne pas subir des pressions et traumatismes à l’oreille, explique, samedi dernier, un communiqué du palais royal à Riyadh. Cela «rend impossible une visite en Algérie de son altesse, compte tenu de la longueur du voyage aller et retour dans un délai n’excédant pas 24 heures», souligne le communiqué. Selon la même source, le ministre des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhan, dirigera la délégation saoudienne.

En outre, certaines sources médiatiques ont annoncé, dimanche 23 octobre, que trois autres chefs d’État ne seront pas, eux non plus, présents à Alger. C’est ainsi que le roi du Bahreïn, Hamed Ben Issa Al Khalifa, sera représenté par le vice-premier ministre bahreïni, Mohamed Ben Moubarak Al-Khalifa. Le communiqué du palais royal, diffusé ce dimanche, à Manama, n’explique pas cette absence déclarée du souverain bahreïni.

Le sultan d’Oman, Haïtham Ben Tareq, ne fera pas lui aussi non plus partie du sommet d’Alger, mais enverra un représentant en la personne du vice-premier ministre omanais, Essaad Ben Tareq Al-Said.

De son côté, le président libanais Michel Aoun, dont le mandat s’achève le 31 octobre prochain, ne représentera pas le Liban à Alger, comme préalablement promis. C’est l’actuel premier ministre, Najib Mikati, qui est prévu de le remplacer à la tête de la délégation du pays du Cèdre.

Lire aussi : Mohammed ben Salmane ne participera pas au Sommet de la Ligue arabe

Quid du Maroc ?

Mardi 27 septembre, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, avait reçu à Rabat, le ministre algérien de la Justice, Abderrachid Tebbi. Ce dernier était arrivé au Maroc, pour remettre au roi Mohammed VI une invitation pour ce Sommet arabe.

Quant à la présence du Souverain marocain dans ce sommet, «Rien d’officiel n’a été décidé», a noté Hicham Berjaoui, politologue et professeur à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, dans une interview accordée à LeBrief.

Mais, enchaîne-t-il, «une pluralité d’indicateurs permettent de soutenir qu’il n’y assisterait pas. Il y a, d’abord, la rupture des relations diplomatiques décidée unilatéralement par le pays organisateur». Aussi, ajoute-t-il, lors de ses discours, «le roi Mohammed VI a proposé au président algérien d’engager un dialogue sincère pour que les deux pays puissent créer un voisinage serein. Mais, le régime algérien a refusé cet appel royal en invoquant des motifs et des raisonnements révolus et effrités».

En sus des facteurs liés aux relations maroco-algériennes, «plusieurs monarques arabes, surtout du Golfe, ont officiellement annoncé qu’ils ne prendront pas personnellement part au Sommet», a souligné notre intervenant.

Ainsi, la participation du Souverain au Sommet demeure une hypothèse très improbable. Sur la base des données et des indicateurs étayés précédemment, «il est fort probable que le Maroc y soit représenté par des diplomates ayant le rang d’ambassadeur ou inférieur», explique notre intervenant.

Par ailleurs, Berjaoui relève que le Sommet en question «intervient dans un contexte intra-arabe mitigé voire conflictuel. Beaucoup de questions stratégiques (Coopération économique et commerciale, conflits frontaliers, guerres interposées, mutualisation des ressources énergétiques, démocratie, etc) opposent les pays arabes et les empêchent, in fine, de revitaliser leur ensemble régional».

Et de conclure que les défis qui façonnent le monde arabe dépassent largement le cadre que puisse offrir un Sommet dont les signes avant-coureurs montrent d’ores et déjà qu’il ne constituerait une réunion léthargique.

Pour rappel, la dernière visite du roi Mohammed VI en Algérie remonte à 2005, pour les besoins du 17e Sommet de la Ligue arabe, durant lequel les représentants des pays membres avaient abordé différents thèmes, dont la lutte contre le terrorisme.

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