Sahara : quatre délégations réunies à Madrid pour relancer les négociations sous médiation américaine
Photo prise en 2021 à Zagora, lors du Rallye © Antonin Vincent / via AFP
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Quatre délégations représentant le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario se sont réunies ce dimanche 8 février à l’ambassade des États-Unis à Madrid pour des échanges consacrés à l’avenir du Sahara. Cette rencontre, initialement tenue secrète, a été révélée par le quotidien espagnol El Confidencial.
Chaque partie était représentée par une délégation restreinte de trois membres, conduite par son ministre des Affaires étrangères. Les discussions ont été supervisées par Massad Boulos, conseiller spécial de Donald Trump pour l’Afrique, et par Michael Waltz, ambassadeur américain auprès de l’ONU. L’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies, Staffan de Mistura, a principalement assisté en qualité d’observateur, soulignant le rôle central désormais assumé par Washington dans la gestion du dossier.
Cette réunion constitue la seconde étape d’un processus lancé fin janvier à Washington, où une première session de discussions discrètes avait déjà duré 48 heures. Les autorités américaines ont indiqué que la résolution du conflit sahraoui figurait parmi leurs priorités diplomatiques.
Un cadre de négociation fondé sur la résolution 2797
Les négociations se sont inscrites dans le cadre de la résolution 2797 du Conseil de sécurité adoptée en octobre dernier, qui considère la proposition marocaine d’autonomie comme une base sérieuse pour parvenir à un règlement politique durable et mutuellement acceptable. Cette orientation a contribué à reléguer au second plan l’option d’un référendum d’autodétermination, longtemps défendue par l’Algérie et le Front Polisario.
Au centre des discussions figure une version révisée du plan d’autonomie présenté par le Maroc. Le document, désormais plus détaillé, devrait servir de point de départ aux échanges, même si certaines capitales estiment qu’il nécessiterait encore des ajustements institutionnels importants pour être pleinement opérationnel.
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Rabat a abordé ces pourparlers dans un contexte international jugé globalement favorable. L’Union européenne, réunie fin janvier en Conseil d’association, a pour la première fois exprimé collectivement son soutien à l’initiative marocaine d’autonomie. Plusieurs pays occidentaux, dont les États-Unis et la France, ont également franchi un pas supplémentaire en reconnaissant la souveraineté marocaine sur le territoire.
Les relations stratégiques entre Rabat et Washington se sont par ailleurs intensifiées ces dernières années, notamment dans le domaine sécuritaire et militaire, renforçant la convergence des positions diplomatiques entre les deux partenaires.
L’Algérie présente à la table des discussions
La participation de l’Algérie à la réunion de Madrid constitue un élément notable. Bien qu’Alger ait affirmé traditionnellement ne pas être partie directe au conflit, sa présence aux négociations souligne son implication dans les discussions régionales. Certains observateurs pnt estimé que la recomposition des alliances internationales et l’évolution du contexte géopolitique ont contribué à encourager cette participation.
Le choix de la capitale espagnole pour accueillir ces échanges répond principalement à des considérations logistiques et diplomatiques. L’Espagne, ancienne puissance administrante du Sahara, joue un rôle de facilitateur discret, sans être directement impliquée dans l’organisation des négociations, confiée aux autorités américaines.
Les prochaines échéances au Conseil de sécurité de l’ONU devraient permettre d’évaluer les avancées de ce nouveau cycle de discussions, considéré par plusieurs observateurs comme une tentative de relance du processus politique après des années de blocage.
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