Rally IA : l’éthique peut-elle devenir un moteur d’innovation ?
Photo prise lors du Rally IA Future Lab à Merzouga © Ayoub Jouadi / LeBrief
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Modéré par Ihssane Chikhaoui, chercheuse à l’Université Euromed de Fès, le panel a réuni Nada Nadif, responsable du pôle santé à la CNDP, le Pr. Abdelghafour Mafark, directeur de la recherche et du Centre d’études doctorales de l’Université Euromed de Fès, ainsi que Fayçal Noushi, CEO de Zen Networks.
Trois angles majeurs ont structuré les échanges : la confiance, la donnée et la création de valeur. Trois piliers qui dessinent les contours d’une IA encore en construction.
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L’éthique peut-elle accélérer l’innovation ?
Contrairement à une idée reçue, l’éthique n’est pas perçue comme un frein. Pour Nada Nadif, elle constitue au contraire un levier fondamental. « L’éthique et la conformité ne sont pas contradictoires avec l’innovation », explique-t-elle, rappelant que l’intelligence artificielle repose sur le traitement de données, souvent sensibles.
Dans ce contexte, le cadre juridique marocain, notamment la loi 09-08 sur la protection des données à caractère personnel, apparaît comme une base solide. Mais au-delà du droit, c’est un cadre de confiance qu’il faut construire collectivement.
L’enjeu est de garantir une IA transparente, respectueuse des droits des individus et capable de renforcer l’adhésion des citoyens.
Et si le vrai défi de l’IA marocaine n’était pas la technologie ?
La donnée est-elle le véritable point de blocage ?
Si l’IA est souvent présentée comme une révolution technologique, sa performance repose avant tout sur la qualité de ses données. Un point sur lequel insiste le Pr. Abdelghafour Mafark. « Une IA robuste nécessite des données fiables », rappelle-t-il.
Collecte, structuration, gouvernance : autant de défis qui conditionnent la pertinence des résultats. Une donnée mal exploitée peut produire des modèles biaisés ou inefficaces.
Mais au-delà de ces contraintes techniques, l’universitaire lance aussi un message aux jeunes talents : penser l’IA sur le long terme. « L’IA d’aujourd’hui est le fruit de recherches anciennes », souligne-t-il, appelant à investir dans des travaux dont les applications ne seront visibles que dans plusieurs années.
Comment transformer l’IA en valeur économique réelle ?
La question de l’impact économique constitue le troisième pilier du débat. Pour Fayçal Noushi, CEO de Zen Networks, l’enjeu dépasse largement la technologie. « L’IA n’est qu’un outil », affirme-t-il, insistant sur la nécessité de l’aligner avec des besoins métiers concrets.
Il plaide pour une approche basée sur la collaboration entre compétences techniques et expertise sectorielle, notamment à travers des modèles d’open innovation. La volonté est d’éviter une IA déconnectée du terrain.
Autre point : ne pas se limiter aux technologies les plus médiatisées. « Il faut aller au-delà de l’IA générative », souligne-t-il, rappelant que des modèles plus classiques restent souvent plus pertinents pour des cas d’usage spécifiques.
Enfin, la question de la souveraineté technologique reste en filigrane. Le développement d’infrastructures locales, notamment des data centers, apparaît comme un socle indispensable pour éviter une dépendance aux solutions étrangères.
À Merzouga, les échanges ont révélé une réalité complexe : le développement de l’intelligence artificielle au Maroc ne repose pas uniquement sur l’innovation technologique.
Entre cadre éthique, qualité des données et intégration économique, l’IA marocaine se construit à l’intersection de plusieurs exigences. Une dynamique prometteuse, mais qui nécessitera des choix structurants pour transformer les expérimentations actuelles en solutions durables.
Rabat accueille les 24 et 25 septembre un atelier international consacré à l’énergie, au climat, à l’environnement et aux enjeux de la transition verte.
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