Quelle gestion des chiens errants au Maroc ?

Temps de lecture : 4 minutes


Quelle gestion pour les chiens errants au Maroc ?

Temps de lecture : 4 minutes

Catégorie Société , Gros plan

Temps de lecture : 4 minutes

Au Maroc, la prolifération des chiens errants ne cesse de prendre de l’ampleur, coûtant la vie à au moins 30 personnes chaque année. En outre, leur présence fait peur à la population et les autorités tardent à appliquer les mesures nécessaires pour endiguer ce fléau de manière efficace. On fait le point.

Temps de lecture : 4 minutes

La situation est alarmante. La rage tue environ 60.000 personnes chaque année, selon les dernières statistiques internationales. 90% de ces cas sont causés par des chiens. Pourtant, la maladie pourrait facilement être éradiquée.

Hier, mercredi 28 septembre, le Maroc a célébré, à l’instar de la communauté internationale, la Journée mondiale contre la rage placée cette année sous le signe « Une santé – Zéro décès ». Chez nous, le problème n’est pas nouveau, mais il prend de l’ampleur. Plusieurs attaques mortelles causées par des chiens errants ont été récemment recensées.

La dernière en date s’est produite il y a quelques jours seulement dans la commune de Drarga, non loin d’Agadir. Une fillette de cinq ans est décédée après avoir été mordue par des chiens errants. Quelques semaines auparavant, c’est une touriste française de 44 ans qui a été mortellement blessée à Dakhla.

Lire aussi : Des chiens errants attaquent une Française à Dakhla 

 

Un défi à relever

En 2019, le département de Abdelouafi Laftit avait signé une convention avec le ministère de la Santé, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), et le Conseil national de l’Ordre des vétérinaires du Maroc pour la mise en œuvre de la solution Trap-Neuter-Return (TNR), qui signifie « Attraper, stériliser, relâcher ».

Dans ce cadre, une vaste opération de stérilisation a été lancée. Elle consiste à capturer d’abord les chiens, les vacciner puis les stériliser sans mettre fin à leur vie. Une mesure similaire à celle adoptée en Turquie. Et pour réussir cette ambitieuse opération, 2.000 vétérinaires privés et agents de l’ONSSA sont mobilisés pour couvrir plusieurs zones rurales, où l’inquiétude reste vive.

Selon les responsables, l’entrée en vigueur de ce programme a été retardée par la pandémie qui a engagé toutes les ressources humaines et financières disponibles pendant deux ans. À ce jour, seules quelques villes, comme Oujda, Tanger et Rabat travaillent sérieusement sur la mise en application de la convention quadripartite. Quant au choix de la période de vaccination, il coïncide avec les pics saisonniers liés à l’activité d’accouplement des chiens, en automne et au printemps.

L’identification, la stérilisation et la vaccination sont d’ailleurs les seules méthodes efficaces, préconisées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Évidemment, toute initiative a un prix :  le gouvernement prévoit annuellement une enveloppe de 60 millions de DH (MDH) pour lutter contre ce phénomène.

Lire aussi : Malgré les réformes, le massacre des chiens errants se poursuit

 

La rage, une maladie dangereuse

Contagieuse et mortelle, la rage est causée par un virus de la famille des « Rhabdoviridae ». Elle se transmet généralement par la salive des animaux infectés lors d’une morsure ou par une griffure, essentiellement les chiens, et uniquement de l’animal à l’homme et non pas d’une personne à une autre.

Pour prévenir cette maladie et préserver la santé publique, le département de Khalid Aït Taleb insiste sur l’importance d’appliquer certaines mesures préventives : vacciner des animaux de compagnie contre la maladie, éviter le contact avec les animaux inconnus et inciter les enfants à signaler toute morsure ou griffure à laquelle ils seraient exposés.

Il est aussi recommandé pour toute personne mordue ou griffée de laver la blessure pendant 15 min à l’eau et au savon et de se diriger vers le centre antirabique le plus proche pour recevoir « gratuitement » les soins nécessaires, le vaccin et le sérum adéquats, selon l’état de la blessure, tout en avertissant les autorités spécialisées.

Le phénomène des chiens errants a été, rappelons-le, abordé au Parlement. Plusieurs élus ont demandé au ministre de l’Intérieur de prendre les mesures nécessaires pour faire face à cette problématique qui touche les enfants en particulier, notamment ceux qui vont seuls à l’école. En réponse, Abdelouafi Laftit a indiqué que son ministère a consacré 70 MDH durant les cinq dernières années à l’achat de véhicules et autre matériel pour la collecte des chiens errants et la lutte contre la rage.


Recommandé pour vous

Tâches ménagères : les inégalités entre les hommes et les femmes

Temps de lecture : 5 minutes Ce n’est pas nouveau. La femme est plus investie que l’homme dans la prise en charge des tâches ménagères au foyer. Faire la vaisselle, nettoyer le sol…

Cherté de vie : le citoyen se révolte

Temps de lecture : 4 minutes Les Marocains n’en peuvent plus de l’explosion des prix. L’inflation mondiale a frappé de plein de fouet le pouvoir d’achat des citoyens. Entre l…

CMRPI : 30% des enfants et des jeunes ont subi une cyberviolence

Temps de lecture : 6 minutes Protéger les enfants et les jeunes sur la Toile est l’objectif principal de la deuxième campagne nationale de prévention contre la cyberviolence et le …

Système de santé : ce qu’il faut savoir sur les projets de loi adoptés

Temps de lecture : 5 minutes Le gouvernement actuel oriente ses projecteurs vers le secteur de la santé national. Parmi ses objectifs, la réforme de ce secteur qui souffre de plusi…

Lutte contre le sida : l’ONU alerte sur une stagnation des progrès

Temps de lecture : 5 minutes Ce jeudi 1er décembre, les pays du monde entier commémorent la Journée mondiale de lutte contre le sida. « Égalité maintenant » est le thème retenu pou…

Stress hydrique : la situation est de plus en plus critique

Temps de lecture : 5 minutes Le déficit pluviométrique pèse lourdement sur les réserves d’eau au Maroc. Ces derniers ont enregistré leurs niveaux le plus bas cette année. L’Organis…

Le conflit se poursuit entre Ouahbi et les robes noires

Temps de lecture : 5 minutes L’ire des avocats empire depuis la publication des mesures fiscales les concernant dans le projet de loi de Finances 2023 (PLF-2023). Ils rejettent en …

Le salarié marocain, est-il heureux ?

Temps de lecture : 4 minutes Le bonheur des employés au Maroc sous la loupe de ReKrute. La plateforme en ligne spécialisée dans le recrutement et l’emploi a rendu publique son enqu…

Un Black Friday en temps de crise économique et d’inflation

Temps de lecture : 6 minutes Le Black Friday (vendredi noir) marque le grand jour des soldes à l’échelle internationale, lançant la saison des achats de fin d’année. Célébré …

Fléau des féminicides : les chiffres demeurent alarmants

Temps de lecture : 6 minutes Ce vendredi 25 novembre, les pays du monde entier commémorent la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. « Tous …

OMM : le Maroc a connu cette année une sécheresse sans précédent

Temps de lecture : 6 minutes La pénurie d’eau fait partie des problèmes principaux auxquels de nombreuses sociétés et le monde dans son ensemble sont confrontés au XXIe siècl…

Sécurité et puissance militaire : l’IRES dévoile le positionnement du Maroc

Temps de lecture : 4 minutes Le Maroc est un pays sûr. L’Institut royal des études stratégiques (IRES) a révélé que le Royaume est positionné dans le top 10 des pays du monde qui o…





Pavé parallax 1