Quel est le vrai taux de chômage au Maroc ?
Image d’illustration. © DR
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Le chômage au Maroc soulève de plus en plus de questions. Entre les chiffres de l’enquête trimestrielle du Haut-Commissariat au Plan (HCP) qui situent le chômage à 13,6%, et ceux du recensement général (RGPH 2024) qui l’estiment à 21,3%, la divergence est flagrante. Ajoutons à cela les données alarmantes de Bank Al-Maghrib : 50,3% des jeunes urbains âgés de 15 à 24 ans, hors système éducatif, sont sans emploi. Ces écarts reflètent des méthodologies différentes, mais révèlent surtout une problématique sociale et économique pressante.
Le recensement général de la population : un chiffre brut mais révélateur
Le recensement 2024, dévoilé le 17 décembre, a estimé le taux de chômage à 21,3%. Ce chiffre repose sur deux questions simples : «Avez-vous travaillé ces sept derniers jours ?» et «Êtes-vous en recherche ou prêt à travailler ?». Ces réponses, recueillies sur un échantillon couvrant 30% des ménages interrogés, donnent une vision large mais déclarative.
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Ce n’est pas la première fois qu’un tel écart est constaté. En 2014, le RGPH estimait le chômage à 16%, alors que l’enquête trimestrielle le plaçait autour de 9%. L’écart reste donc cohérent, mais les méthodologies utilisées par le RGPH sont moins détaillées et moins ciblées sur le marché de l’emploi.
L’enquête trimestrielle : un outil de précision mais limité
Le HCP réalise régulièrement des enquêtes trimestrielles, basées sur un échantillon représentatif de 90.000 ménages (environ 400.000 personnes). Avec un questionnaire approfondi, cette enquête identifie le chômage, le sous-emploi (10%) et d’autres catégories comme l’emploi non rémunéré (9%).
Cependant, cette méthodologie ne couvre pas l’ensemble de la population, contrairement au RGPH. Cela peut expliquer les écarts, mais également souligner les limites des deux approches : l’une exhaustive mais superficielle, l’autre détaillée mais restreinte.
Le point alarmant des jeunes urbains selon Bank Al-Maghrib
En parallèle, Bank Al-Maghrib dresse un tableau encore plus sombre pour les jeunes. Selon Abdellatif Jouahri, 50,3% des jeunes Marocains de 15 à 24 ans en milieu urbain, qui ne sont plus dans le système éducatif, sont sans emploi.
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Ce chiffre reflète une jeunesse marginalisée, particulièrement affectée par :
• Un système éducatif déconnecté des besoins du marché.
• Le manque d’opportunités économiques dans les régions rurales.
• Une inadéquation entre les qualifications des jeunes et les postes disponibles.
Les disparités régionales aggravent cette situation. Par exemple, le chômage atteint 31,5% à Guelmim-Oued Noun et 30,4% dans l’Oriental, contre 18,8% dans des zones comme Casablanca-Settat.
Chiffres récents : un espoir timide dans un contexte difficile
Malgré ce tableau alarmant, des signaux encourageants émergent. Au troisième trimestre 2024, le Maroc a créé 257.000 emplois nets, principalement dans les secteurs des services (+258.000), du BTP (+57.000) et de l’industrie (+23.000). Toutefois, l’agriculture a perdu 124.000 emplois, soulignant la fragilité de ce secteur incontournable.
En parallèle, le taux d’activité a légèrement progressé, atteignant 43,6%. Ces résultats montrent une dynamique positive mais insuffisante pour résoudre la crise structurelle du chômage.
Entre divergence et réforme, quel chemin ?
Les écarts entre les chiffres du RGPH, des enquêtes trimestrielles du HCP et de Bank Al-Maghrib montrent une réalité complexe. Si le RGPH donne une vue d’ensemble, l’enquête trimestrielle reste l’outil de référence, bien qu’elle nécessite des réformes pour être encore plus précise.
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Au-delà des chiffres, le chômage reflète un enjeu de société qui va bien au-delà des méthodologies statistiques, il s’agit de l’avenir d’une jeunesse marocaine, prise entre désespoir et espoir. Des réformes structurelles, une meilleure adéquation entre éducation et marché de l’emploi, et des investissements régionaux ciblés sont indispensables pour transformer ces données inquiétantes en opportunités durables.
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